FONCTIONS DES NERFS
Les nerfs sécréteurs et les nerfs trophiques ont aussi une influence sur la formation de chaleur, et pourraient porter le nom de
hypothèse. Ces nerCs, en effet, agh*aient uniquement sur les phénomènes de nutrition, et, de même que la sensibilité dépend des nerfs sensitifs, la nutrition dépendrait des nerfs trophiques. Mais cette supposition est contraire aux obaervatioK les plus simples, car on sait que chez les animaux inférieurs, la nutritioii s'efTecUae sans la présence d'aucun élément nerveux; la nutrition proprement dite est donc indépendante de l'influence du système nerveux. Chez les animaux supérieur, fa circulation est sous l'influence du système nerveux sympathique, et, par conséquent, toute lésion des nerfs sympathiques doit tndirectemeni amener des changements dans la nutrition ; mais aucun feit anatomique ou physiologique ne proaie que ce soit une influence directe sur la nutrition.
Cependant il est certain, d'un autre côté, que le système nerveux a une inflnenoe directe sur la nutrition de certains éléments anatomiques en dehors de son action sur la circulation. Nous avons déjà dit, dans une note précédente, que, pour le muscle, par exemple, l'excitation du nerf moteur entraine des combnstiaoi phtf énergiques et des i*éactions chimiques plus nombreuses. Les oxydations plus intenses nécessitent une augmentation du mouvement nutritif, et, par conséquent, il y a dans ce cas une véritable influence du nerf sur la nutrition du muscle. 11 en est probablement de même de l'influence des nerfs sur d'autres éléments, leor excitation met en activité la fonction des éléments auxquels ils se rendei^ b fonction d'un élément en augmente la nutrition, et, par conséquent, il est incontestable dans ce cas que le système nerveux agit sur la nutrition par les oxydations qu'il détermine et non par son influence sur les vaisseaux sanguins.
Dans les cas pathologiques où l'on observe des altérations de nutrition (éruptions cutanées, ulcérations, etc.), il existe presque tonjours sur le tn^jet des neié une cause d'irritation continue, en général une compression qui, entretenant k nerf dans un état d'excitation, maintient les éléments dans lesquels se rend ce nerf dans un état permanent de fonctionnement , c'est-à-dire dans un état permanent d'oxydation exagérée. Dans les cas de la lésion de la moelle, les ulcératioQs et les eschares surviennent sm'lout lorsque la moelle se trouve comprimée par une fracture des vertèbres, ou toute autre cause d'irritation continue du centre spinal.
Certains cas pathologiques, par exemple les arthropathies consécutives à des affections delà moelle (Charcot), rentrent en général dans les conditions plus simples de paralysies des nerfs vaso-moteurs. Dans quelques observations, on peut également admettre que la présence d'un corps étranger (le tissu lamineux dans la sclérose) est une cause d'excitation permanente, et, par conséquent, doit entraîner (les phénomènes différents de la simple paralysie des flbres du sympathique.
En un mot, nous croyons que la question a été déplacée , car rien ne penueft d'adiiictti'e ({u41 existe des nerfs particuliei's présidant spécialement à la nutrition. Biais, par contie, nous croyons que tout nerf peut être trophique, car son exdtitien entraîne le fonctionnement et, par suite, l'augmentation de nutrition des éléments auxquels il se rend: c'est ainsi que le nerf moteur est un nerf trophique pour le muscle. 11 est évident, d'un autre côté, que les fibres du sympathique qui agissent spécialement sur la circulation doivent avoir plus que toutes les autres une influence sur la nutrition générale, et que cette influence est surtout trèsmarquée dans certaines conditions d'excitation continue ou de ptrallsîe. — ^oir tK)ur plus de détails la thèse de Mongeot [liecherrhes sur quelqueê troublée de *■triiion consécutifs aux affections des nerfs, 18C7] ; Analyse et remar^met star les nerfs dits nutritifs ou trophiques, par M. Ch. Robin. Journal de Vamatamneet de la physiologie. Mai 1801, et les nombreuses observations patbologiflKS de M. Charcot dans le Journal de physiologie (1859) et dans les Arckivet de fkysi^ ipgie, — E. 0,
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nerfs ihenaûques tout aussi bien que les nerfs des muscles celui de nerfe motairs. Les influences nerveuses sur la température locale paraissent se rapporter à la distribution du sang (nerfs vaso-moteurs).
B. Fibres de conduction centripète. — 1^ Fibres sensiiives. Leur organe central est situé dans le cerveau , le résultat de leur excitatkm» c'est-à-dire la sensation, est aussi une activité du cerveau; leur organe périphérique est un organe des sens (ch. xii). — 2"^ Fibres Télexes ou excito-moirices. Une fois parvenue dans leur organe oenlral, Texcitation se transmet à d'autres (ibres et finalement à des fibres centrifuges.
Les organes cérébraux unis aux fibres sensitives représentent diverses espèces de sensations: les uns correspondent au}^ sensations de la vue, les autres à celles de l'ouïe, etc. Chaque fibre sensitive ne peut jnnais exciter que le même organe, c'est-à-dire ne peut évoquer qa*aiie seule espèce de sensation, de quelque manière qu'elle soit excitée. L'énergie spécifique des fibres du nerf optique est donc la sensation de la vue, celle du nerf acoustique la sensation du son, etc.
Les organes terminaux périphériques- de chaque fibre sensitive (organes des sens), mais pas d'autres qu'eux, peuvent être excités non-seulement par les excitants généraux des nerrs, mais encore par un excitant spécial, qui est leur excitant ordinaire : ainsi les organes terminaux du nerf optique dans la rétine par les ondulations de la lumière, ceux du nerf oiractir par l'influence de matières odorantes, etc.
Conmie l'âme (1) n'a aucun moyen de reconnaître l'origine de l'excitation qui lui arrive, elle admet pour chaque sensation l'origine ordinaire, c'est-à-dire que : i® elle localise la cause de chaque sensation dans l'organe terminal périphérique des fibres sensitives, lors même que l'excitation n'a pas atteint cet organe, mais le tronc du nerf : ainsi des gens amputés transfèrent dans le membre djnt on a fait l'amputation les sensations qu'ils éprouvent, si le moignon du nerf est excité d'une façon quelconque ; 2® elle admet encore comme cause le phénomène spécial qui excite ordinairement l'organe terminal des fibres (lumière, son, etc.), quand même ce n'est
(1) Le mot f âme », tel qu'il est employé par M. Ifermann, sif^ûfie l'ensemble des fMultés istellectuelles, on mieux Tactivité cérébrale. L'emploi de ce mot est logique et utile, mais il ne faut y voir aucune conception métaphysique, et, pour ne toisMT aucun doute à ce sujet, nous ajouterons que partout ce mot signifie pour nous ^pn une entité ou une force spéciale et indépendante se manifestant au moyen du cerveau, mais que l'activité du cerveau constitue l'Ame, et que ces deux termes sont synonymes. — E. 0.