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410 HilRMONIE DES SONS.
ton et quelques-uns des sons qui en dérivent. Pour rendre compte de toutes les conditions de la dissonance, il faudrait que le tableao contint aussi les tons de combinaison. Les nombres imprimés en petiU caractères indiquent le nombre des oscillations ou variations que fait un ton partiel avec les deux tons partiels du ton fondamental qui se rapprochent le plus de lui. '
On voit par ce tableau que, dans le son des octaves et des douzièmes, il ne se présente aucun ton partiel qui ne se trouve déjà dans le ton fondamental ; aucune oscillation n'est donc ici possible ; ^o^ tave et la duodécime sont des consonnances absolues. Dans le sonde la quinte, il se présente au contraire des tons partiels qui ne sont point contenus dans le ton fondamental; mais ils n'entrent pas asseï en collision avec les tons partiels de celui-ci, dont ils se rapprochent le plus, pour que des oscillations puissent se produire ; lu quinte forme une consonnance parfaite. La quarte, la sixième migeure et la tierce majeure (consonnances moyennes), et bien plus encore la sixième mineure et la tierce mineure (consonnances imparfaites), ainsi que li septième, la seconde, etc. (dissonances), donnent lieu de plusiean manières à des oscillations des tons partiels; et l'on voit que les nombres des oscillations approchent de plus en plus du chiffre oX Naturellement un même intervalle occasionne d'autant plus facilement une dissonance qu'il a été donné plus bas. C'est sur ces principes que reposent les règles de l'harmonie des accords, dont il ne peut être question ici. Même pour une suit^ déterminée de sons, pour la mélodie, le rapport de leurs tons partiels (leur affinité) a de l'importance; si un son est suivi de son octave, on n'entend aucun ton nouveau et l'attention n'est pas attirée par une impression nouvelle, comme lorsqu'il est suivi de la quinte ou de la quarte, etc.
Si le ton fondamental d'un son fait n vibrations dans une seconde, le plus petit nombre des oscillations dans le même temps sera : dans l'accord avec le son de la quinte, 1/2 n, avec la quarte et la grande sixième, 1/3 w, avec la grande tierce, 1/4 n, avec la petite sixième et la petite tierce, 1/5 n, avec la grande septième et la grande seconde (1 ton entier), i/8 w, avec la petite seconde (1/2 ton), i/15 n, etc. - Plus généralement, si n est le nombre de vibrations du ton fondamental le plus bas, et m celui du ton fondamental le plus élevé, et
qu'on réduise la fraction — à sa plus simple expression (— )» 1*
ti plus petit nombre d'oscillations = * est d'autant plus faible que n est
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SENSATIONS SUBJECTIVES DE L'OUlE. 411
plus petit (que l'intervalle est plus bas), et que n est plus grand (que
le rapport d'intervalle est plus incommensurable). — La fraction —
est pour la quinte 5/2, pour la quarte 4/5, pour la grande sixième 5/3, pour la grande tierce 5/4, pour la petite sixième 8/5, pour la petite tierce 6/5, pour la grande septième 15/8, pour la grande se» conde 9/8, pour la petite seconde 16/15.
Une simple expérience démontre que l'essence réelle de la dissonance se trouve dans les balancements ou oscillations. Si, par exemple, on désaccorde de plus en plus avec de la cire un diapason sur deux dia* pasons égaux placés sur un résonnateur, il se produit par le frotte* ment des oscillations de plus en plus rapides, et dès qu'elles atteignent un certain chiffre, on éprouve le sentiment caractéristique de la dissonance.
Sensations externes de Voûte,
La cause de toute sensation sonore transmise par la membrane du tympan est transférée par l'âme à l'extérieur, tandis que les sensations transmises par les os lui semblent se produire dans la iéte elle-même. Si, par exemple, on plonge la tète sous Teau, les impressions de l'ouïe ne sont dans ce cas transférées à l'extérieur que si le conduit externe d^ l'oreille est rempli d'air. (Weber.) Comme cependant la conduction principale s'effectue même alors par les os de la tète, il semble que le sentiment de l'origine externe du son entendu provienne de la sensibilité de la membrane du tympan, et non d'une forme particulière des ondes du labyrinthe qui partent de l'étrier.S'il en est ainsi, on peut aussi se figurer que la direction des ondes sonores nous est enseignée par la sensation de la membrane du tympan et peut-être aussi par celle du pavillon de l'oreille, qui, par ses nombreuses saillies, est particulièrement propre à juger de la grandeur de l'angle sous lequel les rayons du son nous arrivent (Weber), surtout quand on peut mettre à profit leurs mouvements. (Voy. plus bas.)
Sensations subjectives de Voûte,
L'organe de l'ouïe, de même que l'organe de la vue, est sujet à des ifnsations subjectives, provenant de certaines particularités de Fexcitation nerveuse, ou de certains états de faiblesse des nerfs. Ces sensations paraissent cependant très-limitées et n'ont encore été étudiées que pour la plus faible partie. Les torts secondaires, analogues aux
4«i SE!ISATI01«S SUBJECTIYES DE LHHUB.
images secondaires ou persistantes, sont plus difficiles à obsenrer que celles-ci, parce qu'il faudrait déterminer directement la durée da ton et la durée de la sensation, et que la sensation seule peut nous éclairer là-dessus, tandis que pour l'œil la détermination du temps n'incombe pas à l'organe sensible. Il est probable cependani que des tons secondaires existent, car une rangée de tons qui se suivent rapidement (telle qu'elle se produit quand on fait changer la distance des dents de la roue de Savart, de place en place), donne lieu à un mélange sous forme d'un bruit, analogue au mélange de couleurs sur la toupie colorée. Des tons qui persistent très-longtemps, par exemple le tintement dans les oreilles d'un ton ou d'un morceau de nnisique, longtemps après qu'il a cessé, peuvent être rangés parmi les phénomènes psychiques, ainsi que d'autres hallucinations de l'ouïe. On compte aussi parmi les sensations subjectives les bruissements produits dans les oreilles par des excitations du nerf auditif, surtout dans les cas d'excitabilité maladive. Quant au bruit que Ton entend quand les conduits auditifs sont fermés, il provient sans aucun doute de ce qu'alors la conduction osseuse s'effectue mieux, et que par conséquent les bruissements mu^ulaires .et la circulation du sang dans les vaisseaux de la tète sont perçus avec plus d*intensitè, etc.
Perceptions entotiques.
Des sensations subjectives de Touîe il faut distinguer les sensations entotiques, c'est-à-dire les perceptions objectives ou réelles, dont la cause se trouve dans Torgane auditif lui-même. Ce sont: i* les bruits qui résultent des vibrations de l'air dans le conduit auditif externe, ou dans la caisse du tympan, quand la communication avec l'atmosphère extérieure leur est fermée (au premier par des corps obstructeurs quelconques, le cérumen, etc., à la seconde par l'occlusion de la trompe d'Eustache) ; dans le premier cas, le bruit parait surtout très-fort, si Tair vibre dans un corps creux, par exemple dans un tuyau servant comme de prolongement au conduit auditif ; S"" le craquement déjà mentionné et expliqué à propos de la contraction du tenseur du tympan; 3® les chocs successifs produitsrpar la pulsation des artères dans l'or ^^ane de l'ouïe» ou par celle d'autres artères plus éloignées, entendus surtout quand l'oreille repose sur un corps dur; A*" les sons dt.^ frottement provenant de la circulation du sang; 5** les bruits muset»)l laires, etc.