‹ Èléments de physiologieChapitre 150 sur 190 · DU SON POUR LES DEUX OREILLES · texte numérisé non relu

DU SON POUR LES DEUX OREILLES

Perception du son par tes deux oreilles.

La perception des sons par les deux oreilles, analogue à la vision avec les deux yeux, a pour conséquence l'appui réciproque que se prêtent les deux organes, et la compensation des fautes commises soit par l'un, soit par l'aulre séparément. On ne peut décider s'il existe ici, de même que pour la vue, une espèce d*identité des deux terminaisons du nerf auditif, si par exemple l'excitation de deux fibres correspondantes des deux limaçons est perçue comme une sensation unique. Un ton isolé que l'on doit considérer comme excitant des éléments correspondants des limaçons est, il est vrai, perçu comme simple par les deux oreilles, mais nous distinguons très-bien deux tons, quand nous faisons frapper simultanément chaque oreille en particulier par des tons d'égale hauteur, étant admis que leur intensité est dilTérente, ou que l'excitabilité des deux éléments correspondants de l'ouïe n'est pas égale. L'expérience suivante prouve ce dernier cas. Si l'on tient devant les deux oreilles deux diapasons rendant un son égal, et' que l'on tourne l'un autour de son axe, de telle sorte que le ton disparaisse et revienne alternativement (4 fois pendant une rotation), on n'entend point l'autre d'une manière continue, mais tous deux résonnent tour à tour, celui que Ton ne fait pas tourner pendant que l'autre ne peut pas être entendu. (Dove.) L'excitabilité diminue en elTet pendant que les diapasons résonnent, et naturellement moins du côté de celui qui tourne que de l'autre ; quand l'excitation est égale, le ton n'est perçu que sur le côté où l'excitabilité est le plus grande. (Il est évident que cet effet ne se produit pas quand les deux tons sont différents.) On peut conclure de cette expérience: ou bien que l'excitation de deux éléments correspondants des deux oreilles est perçue séparément, ou bien qu'elle est perçue comme simple, et transférée seulement du côté où elle est le plus forte ; les deux cas rompent l'analogie avec l'organe de la vue. Cependant il n'y a là encore rien de concluant, parce que très-probablement les sons des denx diapasons ne sont pas absolument égaux. Un autre fait qui semble infirmer l'existence d'une sensation cx)mmune, consiste en ce que, chez la plupart des personnes (Fessel,

'echner), et principalement dans certains états pathologiques (voy.

^llich), le même ton parait plus élevé à une oreille qu'à l'autre.

JMk on peut encore l'expliquer en ce sens, que les fibres de Corti qui

Correspondent à une même hauteur de sensation, ont des nombres

de vibrations inégaux, de sorte que le même ton ébranle dans les deux oreilles des fibres différentes, sans connexité aucune.

Appréciation de la direction.

Deux membranes du tympan et deux pavillons situés vis-à-vis les uns des autres, doivent naturellement nous instruire avec plus de certitude sur la direction du son, que s'ils n'étaient pas doubles, surtout quand des mouvements de rotation de la tête changent leur position par rapport aux corps sonores ; on pourrait noème penser que les conditions différentes où se trouvent les deux oreilles leur permettent un jugement sur la distance. Pour ce qui est de la direction, les deux oreilles sont placées de manière à juger le mieux les tons produits latéralement. Ceux qui se produisent devant ou derrière ne peuvent être appréciés que par des mouvements de la tète, ou par la position des paxillons bien plus favorable pour les ondes sonores qui arrivent par devant. Pour les autres, on les rend artificiellement plus intenses en pressant les pavillons des oreilles centre la tète, et en plaçant les mains devant les conduits auditifs, à la façon même des pavillons.

Organes protecteurs de V oreille.

Dans un certain sens, on peut considérer le pavillon de l'oreille comme un organe protecteur, principalement chez les animaux où il est mobile extérieurement, car ses saillies (telles que le tragus chez l'homme), empêchent la poussière et l'air froid de pénétrer dans l'oreille. Le même rôle peut être attribué aux poils roides qui se trouvent dans le conduit auditif externe et aux «glandes cérumineuses, dont la sécrétion entretient humide et visqueuse la paroi du conduit auditif. Quand le cérumen fait défaut, on entend des bruissements, ou bien l'ouïe devient dure sans qu'on en connaisse la cause. Quant à loreillc interne, elle est suffisamment protégée par sa position dans l'intérieur du rocher.

Page 1