‹ Èléments de physiologieChapitre 151 sur 190 · L organe de V odorat · texte numérisé non relu

L organe de V odorat

Les organes terminaux périphériques des nerfs de l'odorat, dontles nombreux rameaux passent à travers les ouvertures de la lame criblée de l'etlnnoïde en sortant des bulbes olfactifs, se répandent >ur une membrane qui revêt la partie supérieure de la cavité nasale et m^

listingue par une couleur plus claire et l'absence d*épithélium à cils ribratiles du reste de la membrane muqueuse (membrane de Schnei- 1er, ou simplement pituitaire). Ces terminaisons nerveuses sont excitées d'une manière complètement inconnue par certains corps gazéiformes, et les propriétés de ces corps d*où dérive leur faculté d'excitation sont également inconnues. Leur action est transmise à la membrane olfactive au moyen de Tinspiration parle nez. Le courant, une fois introduit , se brise contre la saillie de devant du cornet inférieur, de telle sorte qu'une partie , au lieu de se rendre directement lu^ cavités nasales par les ouvertures postérieures, prend un détour Bi passe par les méats supérieurs. L'excitation ne parait avoir lieu qu'au premier instant de contact, car, pour que la sensation soit larable, il est nécessaire que de nouvelles particules du corps excitateur viennent effleurer sans cesse les terminaisons nerveuses , et l'effet est d'autant plus grand que le mouvement des particules s'ef- !iBciue avec plus de vitesse, c'est à-dire que le courant est plus rapide.

Les bulbes olfactifs , qui passaient d'abord pour des troncs nerf&u, sont coQsidlré^ aujourd'hui avec plus de justesse comme des Murties du cerveiRIlE^iiÇS véritables nerfs olfactifs se distinguent des mires nerfs en c^que leurs tubes primitifs extrêmement fins se "éunissent d'abord par groupes en un petit faisceau dans une enveoppe commune de tissu conjonctif, et que ces petits faisceaux forment ensuite des troncs. La membrane olfactive qui revêt les deux cornets nqpérieurs et la partie supérieure du cartilage nasal (regio olfactoria) i la structure suivante (M. Schultze). Entre les cellules épitlièliales cylindriques, effilées vers la base, se trouvent des cellules bipolaires ||q|orme de fuseau qui envoient un appendice vers la surface et un t$n vers le fond ; ce dernier parait être identique avec les fibres irimitives du nerf olfactif, le premier est garni d'un faisceau de poils Oiigs et très'fins qui s'élèvent au-dessus de la surface; les cellules en orme de fuseau sont considérées comme des cellules nerveuses.

Les corps gazéiformes sont seuls capables de produire une excitaion, car si Ton remplit la cavité nasale avec un liquida volatil très*» (dorant, par exemple de l'eau de Cologne , il n'en* rèvaUe aucune ensation d'odeur. (Weber.) On sait de plus que la matière odorante loi! être conduite dans un courant sur la région olfactive, car si Ton etient sa respiration ou si l'on respire seulement par la bouche, on imit inmiédiat<>ment faire disparaître toute sensation d'odeur, lors Béme que l'air des fosses nasales serait rempli de matières odoantes. Inversement^ si Ton veut renforcer l'impression d'odeur, on

fait une série d'inspirations brèves et saccadées. Ce qui montre qu'il est nécessaire que le courant d'air soit conduit sur la région olfartive au moyen de la saillie antérieure des cornets inférieurs, c'est que la matière odorante ne fait aucune impression si elle est portéi> d'abord dans la bouche et ensuite dans le nez par les orifices posltrieurs. (Bidder.) La plupart des substances qui produisent la sensation d'odeur agissent, même à l'état de division extrême, de sorte qu'une quantité imperceptible mêlée à l'atmosphère d'une chambre suffit pour la rendre odorante.

Sensations de Vodorat.

L'excitation des terminaisons nerveuses olfactives, et probablement aussi toute excitation du tronc nerveux, occasionnent certaines sensations qui portent le nom d'odeurs. Ces sensations se distinguent entre elles par leur intensité et leur caractère spécial. L'intensité semble dépendre : 1® du contenu des mélanges gazeux en matièns odorantes ; 2® de la vitesse du courant qui s'en^ég^e ; 3* du nombre des éléments nerveux olfactifs qui sont atteintsij^fr moins les animaux dont l'organe olfactif a une grande superflcie ont l'odorat le plus développé. lia cause du caractère spécial â'une odeur est au^^i inconnue que celle de l'odeur en général; il n'y a pas non plus do classification, ni d'échelle, ni même de noms pour les odeurs diffi^ rentes; nous les désignons seulement d'après le corps auquel ell(> appartiennent et dont nous nous souvenons à chaque sensation pareille ou analogue.

Il est probable qu'une excitation quelconque, mécanique, électrique, etc., des nerfs olfactifs peut produire des sensations d'odeur, de même que Texcitation des autres nerfs sensitifs est suivie de sensations qui leur correspondent ; mais ce fait n'est pas encore prouTÔ expérimentalement. Le seul moyen d'envoyer des courants électrique aux nerfs olfactifs consiste à remplir d'eau la cavité nasale et à y plonger un électrode ; il est vrai que l'excitation simultanée desnerf> sensitifs du trijumeau occasionne des douleurs si vives qu'on ne peut rien savoir sur les sensations de l'odorat, (flosentlial.) l^espiuls extrêmement fins dont il a été question plus haut paraissent prendre part à l'excitation des terminaisons olfactives par des substancv^ odorantes ; on croit pouvoir tirer cette conclusion de ce que la faculté d'olfaction disparait pour quelque temps quand on remplit d'eau la cavité nasale (E. H. Weber) et que le contact des poils avec l'eau.

DU GOIT. 417

comme Tont prouvé d'aiiitrcs expériences, les fait assez gonfler pour qu'ils deviennent quelque temps invisibles. (Schultze.) D'après le principe des énergies spécifiques, on devrait admettre pour l'odorat, comme pour l'ouïe et pour la vue, différentes espèces de fibres olfactives dont chacune serait excitée par une espèce particulière d'odeurs et occasionnerait une sensation spéciale ; mais rien ne peut déterminer soit ces espèces de fibres, soit leur nombre.

11 faut distinguer des impfessions de l'odorat les impressions produites par l'excitation des flbres sensitives du trijumeau dans la umqueuse nasale ; les vapeurs d'ammoniaque, par exemple, agissent principalement sur cette muqueuse et se font ressentir même après la destruction des nerfs olfactifs ou déterminent des mouvements réflexes (étemument).

On ne sait presque rien des sensations subjectives de l'odorat. Certains états maladifs, tels que le coryza, enlèvent pour quelque temps la faculté olfactive et occasionnent même des impressions anormales. Les odeurs persistantes ou secondaires n'ont été également que peu étudiées. Après certaines sensations très-vives de l'odorat, par exemple fprès celles que produit l'odeur du cadavre, toute sensation désfgtfable éprouvée dans l'espace de quelques heures après présente complètement le caractère de la première. Sur le rapport des deux fosses nasales entre elles, on sait seulement que leur excitation par des odeurs diverses ne donne pas lieu à une impression unique , mais occasioime une certaine lutte des deux perceptions. (Valentin.)

La muqueuse nasale peut être considérée comme un organe pro. tecteur de la membrane olfactive proprement dite ; elle délivre l'air qui pénètre dans les cavités de ce qui peut s'y mêler de nuisible et de grossier ; d'un autre côté, l'organe de l'odorat semble veiller sur la respiration, car les nombreuses substances qui peuvent corrompre l'atmosphère sont presque toutes odorantes et il peut les signaler.

Page 1