‹ Èléments de physiologieChapitre 160 sur 190 · DES CELLULES GANGLIONNAIRE · texte numérisé non relu

DES CELLULES GANGLIONNAIRE

déclarera une excitation tonique (tétanique). Certaines cellules ganglionnaires, dont l'action est à la fois rhythmique et automatique, paraissent avoir réellement une influence de ce genre, laquelle est exercée par les nerfs dits régtUateurs, dont les nerfs modérateurs fo: ment une classe particulière. Quelques phénomènes, tels que, par exemple, l'action du nerf vague sur le cœur et celle de certaines de ses fibres sur la moelle allongée, dont il a été déjà question, ne peuvent être que très - difficilement expliqués par d'autres données. Si l'on parvient à constater que l'influence de ces fibres sur les organes centraux ne consiste qu'en une modification de la distribution successive de leur activité, c'est-à-dire , par conséquent, que la ^force de chaque décharge est inversement proportionnelle à leur fréquence, il ne reste plus qu'à admettre que cette résistance hypothétique est augmentée par l'action de certaines fibres (fibres modéntrices) et diminuée par l'action de certaines autres (fibres accéléntrices). On peut de même se représenter l'influence des nerfs accélérateurs et des nerfs modérateurs (la résistance restant égale), comme si les uns accéléraient et les autres retardaient ce processus chimique qui a lieu dans l'organe central. D'après cette manière de voir, la somme totale des grandeurs de toutes les décharges devrait varier au lieu de rester constante. Le second cas, par lequel il est possible d'éliminer les forces de dégagement inconnues à l'occasion des excitations automatiques, consiste en ce que l'automatisme ne soit qu'apparent et soit fondé, en réalité, sur un phénomène réflexe ; peut-être esl-il possible d'expliquer de cette manière un grand nombre d'excitations toniques, comme on l'a déjà essayé pour plusieurs d'entre elles. (Yoy. le dégagement des mouvements respiratoires exposé 'Précédemment, et plus loin la théorie du ton musculaire.)

Mais il est absolument impossible de se rendre compte soit des phénomènes d'excitation des cellules ganglionnaires dans lesquels une idée (volonté, sentiment) forme en apparence le point de départ ou le point terminal d'une chaîne de dégagements, soit des idées qui paraissent n'avoir aucun rapport direct avec les excitations des organes conducteurs. H est douteux qu'il puisse y avoir des idées complètement indépendantes des excitations nerveuses et par consé- (fuent des sensations et des perceptions. On peut admettre sans invraisemblance, bien qu'on ne puisse le prouver, que toutes les idées forment des séries ininterrompues (des chaînes dépensées) dont le point de départ se rattache à une excitation nerveuse (sensation' et dont le point terminal est à son tour une idée unie à une exci-

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tation nerveuse (volonté), on est maintenant très-porté à admettre aussi qu'entre ces deux processus de dégagement de Texcitation qui arrive et de l'excitation qui s*en va il se trouve dans Torgane central une chaîne de dégagements dont le lien avec celle-ci est encore inconnu. Cette hypothèse ferait disparaître la difficulté de chercher dans l'organe central le commencement et la fin d'une série de dégagements non rhythmiques et non continus. Dans ce cas, les phénomènes matériels qui se passent dans l'organe central ne se distingueraient des simples phénomènes réflexes que par une extension plus grande, soit dans le temps, soit dans l'espace, localisée dans de nombreux organes dont l'excitation est unie à la manifestation d'idées. On n'aurait donc à chercher l'origine de toute excitation nerveuse non automatique médiatement et immédiatement que dans l'excitation d'un organe terminal nerveux périphérique.

Ce n'est pas ici le lieu de faire mention des diverses opinions philosophiques sur le rapport qui existe entre les fonctions cérébrales et ses modes de manifestation , ou, comme on Texpose ici, entre ces fonctions et les forces de l'organe central mises en liberté. Il est même nécessaire d'ajouter que, sous ce rapport, lors même que notre hypothèse serait fausse, cela ne compromettrait en rien les conséquences philosophiques, car nous ne voulons que chercher le mode le plus simple de dégagement dans ces cellules nerveuses, et dont on trouve d'ailleurs l'analogue dans les phénomènes réflexes.

D'après ce qui a été dit, voici par hypothèse les propriétés qui doivent se manifester soit dans quelques-unes des cellules ganglionnaires, soit dans toutes :

i<* Une mise en liberté incessante de forces qui dégagent les forces de tension des fibres nerveuses, soit immédiatement, et alors c'est ce qu'on peut nommer le vrai automatisme tonique s'il existe, soit après avoir vaincu une certaine résistance, ce qui constitue l'automatisme rhythmique et tétanique (tonique en apparence) : la vitesse du développement de forces ou, d'après une autre manière de voir, la grandeur de la résistance dépend de l'état d'excitation de certaines fibres nerveuses (régulatrices) venant aboutir aux cellules ganglionnaires.

2® Une faculté de conduction d'une fibre nerveuse à une autre : la conduction s'effectue d'une fibre centripète à une fibre centrifuge par une ou plusieurs cellules ganglionnaires. Si la modification des cellules ganglionnaires pendant la conduction n'est pas unie h une

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perception, le phénomène est dit réflexe ; si elle est unie à des pe^ ceptions, celles-ci se divisent en trois classes : sensation, c'est-à-dire perception due à l'excitation de l'organe central par des fibres centripètes; pensée, c'est-à-dire activité cérébrale pendant la conduction; volonté, c'est-à-dire activité cérébrale déterminant l'excitation des fibres centrifuges.

11 n'est pas encore bien établi que les cellules ganglionnaires soient toutes excitables par les excitants généraux des nerfs; cerf âmes expériences sur l'inexcitabiiité de la moelle épinière par des excitants mécaniques, dont il sera question plus loin, tendent à faire croire que, dans tous les cas, il y a sous ce rapport des différences considérables entre les cellules et les nerfs.

Enfin , on peut encore compter très-probablement parmi les propriétés générales des cellules ganglionnaires certaines circonstances qui accompagnent leur activité et déjà indiquées dans les premiers chapitres :

1<^ La période du bruit musculaire, quand l'excitation tétanique part du centre ; elle comporte environ 19,5 vibrations par seconde. Comme le muscle, dans les cas d'excitation directe ou indirecte, peut produire une succession de vibrations bien plus rapide, ce nombre ne peut dépendre d'une propriété des muscles et de^ nei:fs ; l'explication probable, c'est que les cellules ganglionnaires motrices , d'où partent immédiatement les nerfs moteurs, communiquent au nerf 19,5 vibrations par seconde, à chaque excitation, même artificielle.

2<» L'excitation du norf optique, dont l'action est le plus intense quand elle s'effectue de 17 à 18 fois par seconde.

5« L'excitation du nerf acoustique, dont l'intensité est également le plus grande quand la membrane du tympan se gonfle et se dégonfle 35 fois par seconde. Ce qui peut expliquer ces deux faits, c'est que dans les fibres ganglionnaires sensitives, qui sont d'abord excitées par des fibres centripètes, chaque excitation avec le moment de fatigue qui la suit dure environ 1/17 ou 1/35 de seconde, et qu'une fois ce temps écoulé la nouvelle excitation agit avec plus dlntensité que si elle avait lieu auparavant. L'effet général doit donc être le plus grand posssible avec le nombre indiqué.

On ne sait également que fort peu de chose sur les granules qui se trouvent dans certaines parties du cerveau mentionnés précédemment, ainsi que sur ceux qui se rencontrent dans la substance grise; los conjeclures faites à propos de ces derniers ot nécessitées par des

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expériences physiologiques seront examinées dans la partie spéciale.

Le temps qu* exige la conduction par Torgane central (cellules ganglionnaires, réseau gris) peut être déterminé pour les phénomènes réflexes ; dans ce but on mesure Tintervalle qui s'écoule entre l'excitation et le mouTcment réflexe, et Ton en soustrait la durée connue de la conduction dans les nerfs sensitifs et dans les nerfs moteurs. (Helmholtz.) Le temps trouvé est de i/30 à i/iO de seconde ; mais on ne sait ni quelle est la voie de conduction dans l'organe central ni quelle est sa grandeur.

B. — PABTIE SPÉCIALE.

Ce qui suit contient les données acquises jusqu'ici sur les fonctions de chaque organe central (cerveau, moelle épinière, ganglions sympathiques) ; mais nous fe^ns remarquer que dans cette partie la plus obscure de la physiologie nous n'examinerons que les résultats qui apiPDchent le plus de la certitude.

i. — Moelle épinière.

Détails anaiomiques. — Voici ce qu'il y a de plus important au point de vue physiologique dans la structure de la moelle épiniére : on y distingue- sur les sections transverses : l"" le canal central recouvert d'un épithélium; 2** la substance grise qui l'enveloppe et pénétre par des appendices en forme de cornes dans la substance blanche ; 5"" la substance blanche dans laquelle on peut distinguer de chaque côté des incisions médianes, trois cordons, l'un antérieur, l'autre latéral et un troisième postérieur; entre les deux premiers se trouvent la corne antérieure de la substance grise et les fibres des racines antérieures des nerfs spinaux qui y pénétrent ; de même entre le cordon postérieur et le cordon latéral se trouvent la corne postérieure et les fibres des racines postérieures.

La substance blanche consiste, indépendamment des fibres des racines nerveuses qui la traversent horizontalement, en fibres verticales, c'est-à-dire dirigées dans le sens longitudinal et en une substance unissante particulière (névroglie). La substance grise se compose de cellules ganglionnaires et d'une masse grise homogène dans laquelle le plus grand nombre des observateurs croient reconnaître un réseau de cylindraxes dirigés dans tous les sens.

JinKLLE ÉPINIÈRE,

Les cellules ganglionnaires se trouvent piiitcipalement dans H cornes antérieure et (joslérieiire; on distingue dans chacune dVll^

(béliers) une masse j^ranulêe (protoplasnia), mi gros noyau awc An granulations el des prolongements. Parmi ces derniers se sîpiale iin-

\\) 1. Happort des fibres des racines antérieures mec les prAlongcineiili dr* Kranclet cellules de celte région ; cei cellules Tonnent averr leur^ [irolnnf^nndib un (ileius conlinu. — !. Fibres nblîquen dca portion* inrérienres de» tâltama

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