SOMMEIL
Deux états divers dont la différence essentielle est inconnue, celui de la veille et celui du sommeil, se présentent alternativement dans les organes de Tâme avec une certaine régularité. Il parait y avoir une espèce de sommeil dans lequel aucune action psychique n'a lieu, de sorte que les organes centraux réflexes et automatiques sont seuls en activité. Les fonctions qui reposent sur cette activité, circulation, respiration, sécrétion, digestion, etc., continuent leur marche régulière, et les réactions qui peuvent encore avoir lieu contre des impressions extérieures, semblables en tout aux réactions qui se montrent chez des animaux décapités (voy. plus haut), doivent être considérées, de même que ces dernières, comme des mouvements réflexes coordonnés qui suivent leur cours sans obstacle. Il n\ a aucune raison de voir en elles Teffet d un reste d'activité psychique encore persistante , soit dans le cerveau , soit peut-être dans certains ganes de la moelle épinière, qui ne prennent point part au sommeil.
Pour savoir si des phénomènes intellectuels (idées, perceptions) se forment pendant le sommeil, il n*y a qu*un moyen, c'est le souvenir. Celui-ci nous apprend que dans cet état une activité incomplète de Târoe produit ce qu'on nomme les rêves. Les rêves sont ou des actes intellectuels sensibles sans cause réelle (hallucinations), ou bien des phénomènes volontaires sans effet (illusions de mouvements voulus, mais impossibles à exécuter), ou bien enfin des pensées qui se suivent sans la logique ordinaire à l'état de veille (solutions apparentes de problèmes qui paraissent insensés quand on s'en souvient). Il n'y a aucun moyen de déterminer combien de temps dure un rêve. Des observations fréquentes semblent montrer que la plupart des rêves se font au moment du réveil, ou du moins quand le sommeil devient tout à coup moins profond, car souvent un rêve flnit par une sensation dont la c^use est réelle et qui par cela même occasionne le réveil, — mais de cela même il résulte que dans les rêves on s'illusionne extraordinairenient sur le temps.
Le réveil parait être généralement produit pdr une sensation qui doit être d'autant plus forte que le sommeil est plus profond. La profondeur du sommeil peut être exprimée dans la formule de la pa^'e précédente, si l'on donne à la valeur d'entrée b, c'est-à-dire à la force que doit avoir un excitant pour amener une représentation, une