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MOUVEMENT DU CŒUR

un redressement de la pointe de cet organe, et cette pointe soulève un peu la paroi du thorax. Un soulèvement de la pointe du cœur contre la paroi thoracique peut être aussi produit par le choc de réaction que tout corps mobile, d'où un liquide s'échappe dans. une direction, éprouve dans la direction opposée. (Gutbrod,^oda.) (i) On explique par ces deux faits le choc du cœur ou de sa pointe qui se fait voir et sentirentre la cinquifilâM^èt la sixième côte. Si le choc rencontre précisément une côte, on Ile voit qu'un léger ébranlement.

En posant l'oreille sur le fliorax dans le voisinage du cœur, ou bien en se servant du stéthoscope^ on entend deux sons qui se suivent presque immédiatement. De ces « sons du ccêtir » le premier (systolique) est sourd et dure auîMS longtemps que la systole des ventricules. Quelques-uns rattribuertt aux vibrations des valvules mera-

distinctes ; c'est ce que les photographes appellent le flou. La figure 1 représente un cœur de grenouille pris de profil. On voit parfaitement le soulèyement de la pointe pendant la systole et la forme globuleuse du conjr à ce moment. Pendant la diastole, la pointe est portée en arriére et le cœur est plus large.

La figure 2 représente un cœur de tortue vu de profil. On y remanpie comme pour les cœurs de grenouille rabaissement de la pointe pendant la diastole.

La figure 5 repr^ente un cœur de tortue vu de face. On y distingue la diminu-

Kig. 1. l-'ig. « Fig. o. FiK- -*•

tion que subit le cœur dans ses différents diamètres. C'est à la base, au niveau des orifices auriculo-ventriculaires, que le volume du cœur est le plus rétréci pendant la systole. Nous avons aussi cherché à obtenir chez les animaux supérieurs des reproductions du cœur en mouvement. Cette i*eproduction est très-difficile chez ses animaux ; nous avons cependant pu obtenir la photographie d'un cœur de lapin. La figure 4 représente ce cœur vu de profil. On y remarque également l'élévation de la pointe et la forme que prend le cœur pendant la systole. [Onimus, Journal d'Anat. et de Phys.. juillet 1865.) E. 0.

(1) C'est surtout à Uiflielsheim que Ton doit la démonstration de ce fait. Voir le rapport de M. Delaunay à l'Académie des sciences (9 mai 18G4) et la discussion de priorité qui eut lieu le 4 juillet de la même année.) Nous devons ajouter que le recul du cœur au moment de chaque systole contribue certainement au soulèvement de la iK)inte, mais qu'il n'en est pas la condition exclusive, car dans la contraction du cœur alors qu'il agit à vide, c'cst-ù-diro sans lancer d'ondée sanguine^ il y a encore soulèvement de la pointe. Ë. 0.

hraneuses tendues (auriculo-ventriculaires) ; d'autres Texpliquent par le bruissement des muscles du cœur. (Voy. chap. x.) Le second (diastolique) se fait entendre aussitôt après, c'est-à-dire au comraencemept de la diastole des ventricules. 11 est plus court et plus clair et provient de la fermeture soudaine des valvules semi-lunaires.

NOUVEMBIIT DU SAIfG DANS LB8 TAI8SEAUX.

^ Caiisei de c& mouvement,

Qa*on suppose l'absence de toute inq^Uion motrice dans le système vasculaire rempli de sang, et le stfng se trouvera partout sous une pression uniforme un peu plus grande que celle qui correspondrait à la simple pesanteur, ce qui prouve que le volume entier du sang est plus grand que le contenu naturel du système vasculaire, (Bninner.) Si, dans un pareil système, la tension est rendue inégale en deux points, il devra s'opérer un courant subit de IVndroit où la pression est le plus forte à celui où elle est le moins forte. Ce balancement de tension se fait d'autant plus vite, la ]*apidité du courant est donc dautant plus grande, que la résistance est moindre. De même , pendant que l'élj^ilibre s établit, le reste de tension qui subsiste doit être à chaque instant d'autant plus prononcé que la résistance est plus forte. Aussi bien il est facile de voir, toutes circonstances restant égales, que les vitesses de courant s'accroissent avec les différences de tension.

Puisque une inégalité constante de tension est produite par la contraction du cœur dans les différentes parties du système vasculaire, le mouvement du sang s'ensuit naturellement.

La première systole (en supposant d'abord le système en repos) lance une quantité déterminée de sang puisée un peu auparavant dans les veines, dans le système élastique des artères et y élève la tension, dette tension supérieure devrait aussitôt, par les (Capillaires, s'équilibrer avec la tension plus basse du système veineux, si le sang dans wn frottement ( I ) contre les parois des branches étroites des vaisseaux, et surtout des capillaires, n'éprouvait une grande résistance. Cette résistance ralentit tellement le passage ù travers les capillaires que la

r Pour sVxpriincr rxnctpmcnt, la résistance d'un liquide qui s'écoule par un Uiiie, <»nsupiK»ant qu'il adhère à la paroi (ou la mouille) comme l'eau ou le sanf?, m» iloit pas être cln»ixh«V dans \o froMemeiil contre la paioi, mais dans ce qu'on iHMnme le frf4temenl intérieur. \â\ couche exlrrme de la p:iroi reste complètement (•n r«'|ios. Si Ion sup|KK!e la masse dccoin|N)si'*<* en uno infinité de couches très- Riiikv«. la couclie la ]iluh prochi* de la couche immobile avancera conU'e elle, et de iik'me la suivante contix* celh'-ci, et ainsi d(; suite. (Jiaquc poussée en avant sero

64 CIRCUUTION PÉRIPHÉRIQUE.

seconde systole a lieu avant que l'équilibre soit complètement rétabli et trouve par conséquent dans le système artériel une tension devenue plus forte. Les mêmes circonstances se reproduisent à chaque systole nouvelle. La pléthore du système artériel, et en même temps la tension du sang par Télargissement des parois élastique^^es arfires, s'accroissent de plus en plus. Lfi difTèrence croissante de tension doit en même temps toujouvs^usser le sang avec plus de rapidité à iMhpers les capillaires, et elle dievient à la fin si grande, que dans Tespioe de temps compris entre èeui systoles elle fait passer p«r les capillaires juste autant de sang que jâkaque systole en verse dans le système artériel. Dès lors, toutis circonstances restant égales, la tension ne peut pas devenir plus forte; la différence de tension qui existe désormais entre le système artériel et le système veineux est perrii" tante; elle produit par les capillaires un courant continu qui fait circuler autant de sang que le cœur, dans son mouvement rhythmique,en chasse dans les artères. La transmission rhytbmique du système veineux dans le système artériel est ainsi remplacée par un courant continu qui va du système artériel au système veineux en passant par les capillaires. (E. H. Weber.)

Le contenu du ventricule gauche, c'est-à-dire la nAse de sang lancée par une systole a été estimée par divers moyens de 150 à 190 grammes. Les méthodes principales sont les suivantes : 1® (Colia, Legallois.) On mesure directement le contenu du ventricule en remplissant celui-ci avant la rigidité cadavérique d'un liquide de poids spécifique connu, que l'on pèse avant et après. Comme il est impossible d'obtenir l'extension normale du cœur, on ne peut guère tenir compte des résultats de cette méthode. — 2® (Volkmann.) On calcule, tl'après la rapidité du cours du sang dans l'aorte, et d'après la coupe transversale de celle-ci, la grandeur de la colonne de sang que le cœur pousse dans l'unité de temps, ou de combien il se vide dans cette même unité ; en consultant aussi la fréquence du pouk on trouve que la masse de sang vidée par chaque systole atteint environ

j^ du poids du corps, soit par exemple : 187<^,5 si le corps pèse

75 kilogrammes. — 3° (Vierordt.) Connalt-on la vitesse dans une secretardée par une résistance du frottement interne qui épuisera une partie de la force motrice, c'est-à-dire la transformera en chaleur. Les couches médianes doivent naturellement être moins retardées que les autres, et celle qui se trouve au centre avancera le plus rapidement. — C'est pour la même raison que la couche axiale des tuyaux étroits éprouve plus de résistance que la même couche dans des tuyaux plus larges. H.

lion transversale quelconque de l'ensemble du système artériel, la grandeur de cette section et enfin celle de la crosse de l'aorte, on peut facilement calculer la vitesse moyenne dans celui-ci et de même ]$ masse de sang vidée dans l'unité de temps par le ventricule gauche; car les vitesses de deux sections transversales sQÊÉlwa rapport inverse de leur contenu. (Voy. plus bas.) La masse de sang que la systole du ventricule droit pousse dans le système des miières pulmonaires doit être exactement égale à celle du ventricule gauche, puisque à travers chaque section transversale du système vasculaire il passe autant de sang dans le même temps, et que les deux moitiés du cœur se contractent aussi souvent Tune que l'autre.

La plénitude exubérante des artères, comparée au relâchement des veineSy montre combien la tension (pression du sang) est plus élevée dans le système artériel que dans le système veineux. On le reconnaît encore très-simplement à la hauteur du jet de sang qui jaillit des vaisseaux ouverts. Celui des veines n'atteint en général qu'une hauteur insignifiante ; celui des artères s'élève à une hauteur trèsconsidéraUa.

On peut déterminer d'une manière absolue la pression du sang eu mettant le vaisseau en communication avec un manomètre le sang lui-même peut être employé comme liquide manométrique si on le fait monter dans un tube vertical et qu'on mesure la hauteur de la colonne (Haies); mais il est plus avantageux d'employer le manomètre à mercure ordinaire , nommé dans ce cas haematodynamomètre. (Poiseuille.) Si l'on n'a pas égard aux inégalités produites par l'ondulation du pouls que nous devons d'abord mentionner y et que l'on considère ainsi la pression moyenne du sang dans une seule et même place du système artériel, il est clair a prtort que cette pression doit croître : i® avec la réplètion du système vasculaire en général, c'est-à-dire avec la masse du sang ; 2^ avec la fré quence et la force des contractions du cœur , car plus seront nombreuses et fortes les masses de sang que le cœur recevra des veines pour les transmettre aux artères , plus sera grande en même temps la différence constante de tension entre le système artériel et le système veineux. La tension doit de plus atteindre des hauteurs inégales dans les difTcrentes parties du système artériel. Comme toute résistance retarde l'établissement de l'équilibre entre les difTérences de tension, la résistance qu'ofTre chaque portion d'artère par le frot* tement contre ses parois produit sur les tensions dans les diverses

66 CmCUUTION PÉRIPHÉRIQUE.

parties du système artériel la même influence que la résistance des capillaires sur la tension dans le système artériel et dans le système veineux. En amont de chaque obstacle la tension doit être constamment plus grande qu'en aval. De là il résulte que la pression du sang dans le système artériel» du ventricule gauche aux capinaires , devient en général constamment plus petite ; que les diminutions se font sentir le plus vite là où les résistances sont les plus grandes» c'est-à-dire dans les rétrécissements, ainsi que là où les ramifications partent de la souche commune , surtout sous de grands angles. Dans les troncs artériels principaux la pression reste à peu près égale à celle de l'aorte à cause de leur largeur et du petit nombre de leurs embranchements, tandis que dans les artères de plus en plus étroites elle diminue rapidement Enfin, à cause de la moindre résistance des capillaires pulmonaires comparées aux capillaires du corps, la différence de tension entre les artères des poumons et les veines de cet organe doit être moindre et par conséquent la pression dans les artères pulmonaires moins élevée que dans les artères du corps, puisque les masses de sang mises en mouvement d'une manière rhythmique sont égales de part et d'autre. — Ojans l'aorte principale on estime la pression du sang à 250""" de mercure; dans le tronc brachial elle a été déterminée directement de 110 à 120""*. (Faivre.) Dans l'artère pulmonaire elle doit être à peu près' le tiers de celle des grandes artères du corps. (Beutner.)

D'après ce qui précède, les travaux du ventricule droit (c'est-à-dire les hauteurs de pression résultant des masses mises en mouvement) sont trois fois moindres que ceux du ventricule gauche; aussi sa couche musculaire est beaucoup plus mince. Le travail d'une systole de ce dernier ventricule (si Ton estime la masse de sang lancée à chaque systole à 1 75 grammes et la pression de l'aorte à 250""" de mercure = 5 mètres de sang) s'élève à 0,525 kilogrammèlres, et, par conséquent, son travail pendant 24 heures (75 systoles à la minute) à 56,700 kilogrammètres. Une petite pailie de ce travail revient à l'oreillette ; car l'évacuation du ventricule est dû également à des forces élastiques, parce que pendant sa diastole il est élargi par l'oreillette au delà de son volume naturel. Tout ce travail, comme nous l'avons dit plus haut , est transformé en chaleur par le frottement dans les vaisseaux.

Le courant continu du sang par les capillaires suppose une tension presque constante des dernières branches artérielles ; dans celles-ci une augmentation de pression correspondante aux systoles se fera

DC sAg Sr I« sa CmClLiTION. 67

donc à peine remarquer. Mais si Ton poursuit le système artériel en arrière jusqu'au cœur, on trouTe à chaque point une iniVgalité de pression régulière, c^t-à-dire une augmentation correspondante à la sjslok et une diminution correspondante à la diastole. Ce va-et- ▼ient, que Van aperçoit facilement à chaque segment d^artère, est d'autant plus considérable qu'il a lieu plus près du cœur; son point le plus fort se trouve ainsi à l'origine de Taorte et de Tartèrc pulmonaire ; son point le plus faible, à peine sensible, à Teitrèmitè des artères les phis fines; on le nomme pouls. Il ne se présente pas simultanément et dans le même sens dans tout le système artériel ; mais chacune de ses phases (par exemple le maximum) se montre plus tard dans les parties des artères plus éloignées du cœur que dans les plus voisines, c'est-à-dire le va-et-vient de pression a heu du cœur aux capillaires par les artères sous la forme d'une ondulation qui perd continuellement de son intensité. La masse de sang pressée par chaque systole à l'origine du système artériel doit en effet élever la tension d'abord dans cet endroit ; mais aussitôt après, la partie de l'artère gonflée au delà de son volume diastolique cherche , par son élasticité, à se délivrer du superflu ; en arriére toute voie est fermée au sang par la fermeture des valvules semilunaires; le superflu est donc poussé en avant, et, comme dans tout tube élastique, la pression s'avance rapidement vers les capillaires sous la forme d'une onde. Si le système artériel était complètement fermé, Tonde devrait évidemment se propager jusqu'au bout sans changer de grosseur, et de là revenir par réflexion. Mais conmie, par Técoulement continu dans les capillaires, le superflu systulique diminue sans cesse dans le système artériel, et doit, d'après le schéma de Weber cité plus haut, complètement disparaître jus(|u'à la prochaine systole. Tonde deviendra de plus en plus petite pendant son trajet et au bout de son chemin = 0. — Dans certains cas, cependant, l'ondulation du pouls va jusques dans les capillaires et de ceuxci dans les veines, c'est-à-dire , en d'autres termes, le schéma de Weber ne se réalise pas toujours complètement ; le courant par les capillaires n'est pas continu dans ce cas et le mouvement rhythmique du cœur y exerce son action. Cela arrive quand, par Télargissement soudain d'une artère, la résistance y diminue, de sorte que l'équilibre précédent entre les résistances et la différence de tension du système veineux et du système artériel est détruit localement, par exemple par la section des nerfs qui agissent sur la contraction des artères. (Cl. Bernard*)

68 CIRCULATION PÈRIPHËRlI^E.

La vitesse de propagation de l'ondulation du pouls (qu'il ne faut pas confondre avec la vitesse du cours du sang que nous examine* rons plus tard) peut être mesurée au moyen dtme montre , en comparant le temps moyen de Tonde dans une place des artères éloignée avec le temps de la systole, ou avec le lemps du pouls dans une partie artérielle voisine du cœur. Cette vitesse est en moyenne de 9 mètres par seconde (1). (Weber.)

L'élévation de la pression du sang et l'élargissement (visible et sensible) de chaque partie des artères, au moment du passage de l'onde du pouls , sont mis à profit pour étudier le pouls lui-même exactement. La première produit dans le manomètre lié latéralement à une artère des déplacements réguliers du mercure. Pour rendre ces déplacements visibles, on place sur le mercure un flotteur qui dessine, au moyen d'un pinceau, sur un cylindre tournant autour d'un

(i) La vitesse de propagation de l'onde qui constitue le pouls est loin d'ofTrir les marnes phénomènes que la vitesse du sang ; tandis que le mouvement du sang se ralentit à mesure que l'on s'éloigne, la vitesse de propagation est au contraire en augmentant. Czermak a trouvé, au moyen d'expériences très-ingénieuses, les chiffres suivants :

Le retard entre le pouls de la radiale et de la pédieuse est de :

sec.

entre le choc du cœur et la radiale,

sec»

entre le choc du coeiu* et la pédieuse.

Soc (P-C)- 0,193;

entre le choc du cœur et la carotide.

sec.

(Car- G) = 0,087:

entre la carotide et la radiale.

sec.

(R — Car) = 0,094;

entre la carotide et la pédieuse,

sec.

(P - Car) « 0,H7.

Ces évalutions sont vraies à j^qô» iôôq» ^ôôÔ' ®^ ÎÔÔÔ ^^^* ^^^ ®" P®"' ***'

blir les quatre formules suivantes :

(i) (R - Car) — (R - Car) = (P — R),

(3) (P - C) - (P - Car) = (Car - C),

(4) (R — C) — • R - Car) - (Car — C);

DU SARG ET DE SA GIRCUUTION.

axe vertical et mû régulièrement par une horloge (kymographion ou bsemodynamomètre de Ludwig). Les mouvements de haut et de bas du mercure y tracent des courbes ondulées. Hais ces courbes ne donnent parfois aucun aperçu exact de la suite des changements de pression, p«irce que le mercure, en vertu de son inertie, éprouve des vibrations qui lui sont propres, qui ont bien la même durée que les changements de pression, mais qui ne concordent pas en tout avec eux. Pour connaître plus exactement la marche du phénomène, on se sert d'autres manomètres, par exemple d*un tube agissant comme un ressort, plein de liquide et recourbé, qui exerce une certaine pression sur l'artère (manomètre de Bourdon, kymographion de Fick). On met aussi à profit directement le gonflement des artères; pour cela ou

et en remplaçant les différents éléments de ces formules par leur valeur numérique, nous aurons le tableau suivant :

BBTABM

BIFPiMBIITItU.

MOflRlflfl.

ÉTALOATIOHS.

dipHbircis.

(P-B) (Car — C)

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