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PHÉNOMÈNES PHYSIQUES DES SÊGRBTIONS

des pores intermoléculaires). De même que la pesanteur dans la filtration ordinaire, la tension du sang dans les vaisseaux peut en exprimer aitMehors quelques parties liquides ou même toutes, caria tension des liquides qui entourent les capillaires est bien moindre que la pression du sang. La quantité de liquide filtre est en raison directe de la grandeur de chaque différence de tension. Celle-ci de son cM est augmentée : 1** par l'abaissement de la tension autour des capîK laires, c'est-à-dire au moyen d'une extraction des liquides du parenchyme, d'un abaissement local de la pression atmosphMque (ventouses), etc.; 2<^ par l'élévation de la pression dans les capillaires, et celle-ci se produit par des influences déjà mentionnées, savoir : élévation de la pression générale du sang, dilatation des artères, c'est-àdire relâchement des fibres-cellules par la chaleur ou par une diidi* hiution d'excitation dans les nerfs vaso-moteurs, etc. Les influenoes inverses, diminution de la pression du sang par le froid ou par les excitations des nerfs vaso-moteurs, doivent mettre obstacle à la filtre tion. Ainsi s'explique en partie l'action des nerfs sur la sëcrètioii (voy. plus bas). — Pour ce qui est des liquides filtrés, les dissolutionB pures passent sans altération, d'autres au contraire, telles que les dissolutions d*albumine, d'empois, de gomme, ne laissent passer de leur matière épaissie que les parties qui peuvent céder à la pression, et ne laissent rien passer sous une pression faible. Le sang ne transmettra donc en filtrant sous une faible pression que ses parties bien dissoutes (eau, sel, sucre, etc.) ; ce n'est que sous une pression plus haute qu'il laissera passer de plus ou moins grandes quantités d'albumine, de substance Itbrinogéne, etc.

La diffusion (hydro-diffusion, endosmose) est une communication 3e liquides à travers des membranes, indépendamment de toute différence de pression, souvent même agissant à rencontre de la pression hydrostatique. La diffusion exige toujours deux liquides, tandis que pour la filtration il suffit d'un seul liquide sur un côté de la monbrane (il peut y avoir de l'autre côté soit de l'air, soit un espace vide) ; de plus, pour la diffusion, les liquides doivent être différents, tandis que la filtration peut avoir lieu entre des liquides de même espèce, pourvu que la pression ne soit pas la même. La condition fondamentale de la diffusion est que la membrane s'imbibe en même temps des parties constitutives des deux liquides ; son résultat est leur combinaison chimique. Les deux courants liquides qui sont nécessaires et de direction opposée ne sont pas cependant d'égale force; mais ils se coordonnent réciproquement de telle sorte (ua, pour

NATlttUB POURRISS PAR LK SANG. — SÉGRfETION. (H

cbaque quantité de matière dissoute passant dans une direction, une quantité déterminée du dissolvant (toujours l*eau dans l'organmne) doit passer dans la direction opposée. Le rapport de ces quantités, ou la quantité d*eau qui doit passer pour une quantité de matière disj soate représentant l'unité, se nomme Téquivalent endosmotique de cette matière. Cet équivalent endosmotique est généralement en rapport interse de la propriété d'attraction pour l'eau que chaque madère pOBSèdè. 11 est donc aussi faible que possible pour les sels facilement solubles, pour les sels hygroscopiques principalement pour le sel de cuisine. Pour les matières qui ne forment point de vraies dissolutions, les substances « colloïdes, i par exemple : l'albumine, rhoemoglobine, cet équivalent est très-grand, c'est-à-dire que leurs dissolutions ne diffusent point; car, pour la moindre partie de sub^ stanee colloïde il doit passer déjà d'énormes masses d'eau dans la direction opposée. (Graham.)

11 est évident que, dans la plupart des phénomènes de sécrétion, la fihration et la diflusion existent toutes deux, parce que le sang est partout entouré de liquides de constitution chimique diflérente et su* bissant en même temps des pressions plus faibles.

Ces pllénomènes purement physiques (filtration et diffusion) ne peuvent naturellement donner lieu qu'à la formation de liquides donl les parties constituantes sont celles du liquide primitif, quoique avec des proportions difTèrentes. 11 n'est pas encore bien établi qu'il y ait des sécrétions de cette espèce. Les liquides qui s'en rapprochent le plus par la constitution sont ce qu'on nomiM les tranêgudatay les liquides normaux des cavités de l'organisme (ceux du péricarde, du péritoine, de la plèvre, des ventricules du cerveau) et les liquides pathologiques des cavités hydropiques et des tissus œdémateux. Leurs parties constitutives sont: l'eau, des sels, du sucre, de l'urée, diverses quantités d'albumine, de substance fibrinogène et parfois de la substance fibrino-plastique.On reconnaît la présence de la substance fibrinogène à la coagulation qui commence à se former par l'addition de substances flbrino-plastiques; si les transsndata contiennent eux^ mêmes dé la substance fibrino-plastique, ils se coagulent spontané ment, mais presque toujours très-lentement, à cause de la petite quantité de cette substance qu'ils contiennent.

Récemment on a trouvé plus vraisemblable de considérer les liquides des cavités, du moins en partie, comme de la lymphe (chap. aL parce qu'on y trouve des cellules lymphatiques, et que de

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plus on a démontré l'existence de communications directes entre les vaisseaux lymphatiques et ces cavités. (Recklinghausen) (i).

PHÉlfOMÈNES CHIVIQUES.

La plupart des sécrétions contiennent, outre les éléments du sang, d'autres éléments (spécifiques) dont la formation ne saurait dériver des phénomènes physiques cités plus haut. On doit donc admettre dans les liquides transsudés certaines transformations chimiques, dont le siège, ou du moins l'impulsion, se trouve vraisemblablement dans les cellules avec lesquelles les sécrétions viennent en contact, c'està-dire dans les cellules des tissus pour les sucs du parenchyme, et dans les cellules des glandes pour les sécrétions.

Entre les sucs du parenchyme et les sécrétions proprement dites, il ne semble donc pas y avoir d'autre différence que celle-ci : à savoir, que les premiers restent enfermés dans un épais réseau de cellules, tandis que les secondes traversent une couche cellulaire trèsHminee (dans les glandes) et ne gardent pas leur composition première.

Comme les éléments spécifiques des sécrétions, par leur nature et leur origine, sont encore des substances inconnues, on ne peal rien dire de certain sur le caractère général des phénomènes chimiques qui se passent dans les appareils sécréteurs. Quelques-uns de ces éléments sont, à n'en pas douter, des produits d'oxydation de parties constitutives du sang, et comme la sécrétion est accompagnée d'un travail, c'est-à-dire d'-ane production de chaleur, ce qui est démontré directement pour les glandes salivaires (Ludwig), il est très-vraisemblable que les phénomènes chimiques dans la sécrétion sont des phè> nomènes d'oxydation. Ce qui confirme encore cette opinion, c'est que, dans les organes sécréteurs, il se fait pendant la sécrétion une plot grande consommation d'oxygène (ce que l'on voit à la teinte plus sombre du sang veineux), si la substance sécrétée est riche en éléments spécifiques, tandis que la sécrétion devient impossible si le sang oxygéné fait défaut, lors même qu'il ne manquerait aucune des autres conditions. (Voy. plus bas sur la sécrétion des glandes salivaires.)

Pour quelques sécrétions (matière sébacée, lait), il est prouvé, pour

(1) Cette opinion mérite de nouvelles preuves et ne peut être mentionnée que sous toutes réserves. La différence de composition chimique de la lymphe et des liquides des cavités montre bien combien l'opinion de communication directe est plus que hasardée. — E. 0. ^

■ATliRES FODBNIES PAR LE SANG. — SÉCRÉTION. • 95

d'autres (mucus), il est probable, pour toutes enfin, il est possible que leurs éléments spécifiques proviennent de cellules en décomposition qui se mêlent aux iransiudata.

OBGÀltES SéCRéTEDRS.

Les sécrétions libres sont fournies par des organes sécréteurs particuliers. L'organe sécréteur le plus simple est une membrane pourvue de capillaires et couverte d'une couche de cellules (épithélium). Tous les organes sécréteurs possèdent de plus des nerfs dont les dernières extrémités sont, à ce qu'on présume, en communication directe afec les cellules sécrétoires — pour les glandes salivaires, cela est prouvé jusqu'à un certain point (Pflûger) . Les surfaces les plus simples servent à la sécrétion des liquides des cavités; ce sont les membranes séreuses (péritoine, péricarde, etc.); les membranes synoviales, les bourses muqueuses et les enveloppes des tendons. Hais la plupart des sécrétioos exigent une surface plus grande que n'en peut offrir une simple membrane; la surface de sécrétion est dans ce cas formée par un rebroussement superficiel simple ou ramifié, en forme de tube ou de cul-de-sac, sur lequel se répand le liquide sécrété (membrane muqueuse) : les couches particulières de la surface se prolongent dans le tube ou le cul-de-sac. En dehors, se trouve la couche fondamentale lamineuse, pourvue de vaisseaux et souvent de fibres musculaires ; en dedans existe répithélium dont les cellules se transforment souvent au fond du cul-de-i<ac en cellules différentes et de sécrétion spécifique. Cette disposition forme ce qu*on appelle une glande. Les transiudata qui viennent des vaisseaux doivent d'abord traverser la couche cellulaire pour arriver ensuite à la surface de la glande. — Il est une autre espèce d'agrandissement de surface, formant saillie (les villosites) qui se trouvent dans un organe de sécrétion, les membranes synoviales.

Si les sécréteurs de la glande sont ramifiés ou enroulés, la glande est dite composée ; s'ils sont en forme de tubes, ainsi que leurs rameaux, la glande est dite tubuleuse (glandes ou follicules droits de l'estomac, follicules de la peau); s'ils sont en forme de vésicules, la glande est acineuse (glandes muqueuse, sébacée, salivaire, etc.). Dans les glandes composées, la partie en forme de canal qui se trouve en rapport immédiat avec la surface où s*ouvre la glande^se nomme conduit excréteur; ce conduit contient souvent des éhrgissements qui servent de réservoirs pour la sécrétion (vésicule sémi-

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