PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA RESPIRATION
l, — PHÉNOMÈIfES ClimiQUES DE LA RESPIRATION.
Respiration externe.
La respiration externe, l'échange des gaz du sang avec ceux de hir, s'effectue dans tous les endroits où les capillaires sanguins sont en contact immédiat avec des couches d*air. C'est ce qui a lieu principalement sur la large surface des organes respiratoires dont il sera parlé plus bas, et de plus, mais avec une bien moindre énergie, sur la peau et dans le conduit digestif où il se trouve toujours de Tair. Malgré cela, la respiration cutanée est d'une telle importance, que si on la fait disparaître chez les animaux, en couvrant leur peau d'un vernis, la mort s'ensuit au bout de peu de temps, ou du moins il s'opère une diminution considérable dans la circulation matérielle et par cela même dans le travail organique (Cl. Bernard), de même que dans les mouvements du cœur et de la respiration. Si la couche de Ternis est incomplète, le défaut d'oxygène dans une limite modérée active les mouvements respiratoires. Chez l'homme, la respiration intestinale est sans importance à cause de la petite quantité de gaz contenu dans l'intestin ; cependant tout l'oxygène qui s'y trouve est brûlé et l'acide carbonique dégagé, de sorte qu'il ne reste guère dans le gros intestin que de l'acide carbonique et de Tazote.
Chez quelques animaux, par exemple chez un poisson qui avale de l'air, le cobitis fossilis, la respiration intestinale parait avoir quelque importance. Quelques-uns font dériver l'influence nuisible de l'enduit de vernis sur la peau d'une substance spéciale (perspirabile retenlum) retenue ainsi dans le corps et qui devrait être évacuée. D'après des recherches récentes (Edenhuizen), cette substance paraît consister <*ï\ une combinaison azotée volatile ; sur les places laissées libres on constate, au moyen du papier d'hœmatoxyline, la sécrétion d'un alcali volatil (ammoniaque) ; de plus, il se montre sur les places de la peau enduites de vernis pendant longtemps, un o'dème inflammatoire dans le sérum duquel on trouve, dit-on, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. La respiration pulmonaire elle-même est accompagnée parfois d'une évacuation d'ammoniaque (Thiry), mais en si petites quantités qu'il n'est pas probable qu'elle ait quelque importance physiologique.
La respiration externe consiste en un passage d'oxygène de l'air
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dans le sang, d'acide carbonique, de vapeur d'eau et de chaleur du sang dans l'air. L'air inspiré revient du corps moins oxygéné, mais plus riche en acide carbonique et en eau, très-souvent saturé de vapeur d'eau, et plus chaud. Réciproquement le sang qui revient du poumon est plus oxygéné , mais plus froid et moins riche en acide carbonique et en eau que le sang des artères pulmonaires ; il est par conséquent d'un rouge plus vif. La perte de chaleur et d'eau ne peut être cependant attribuée que pour une faible part au sang du poumon, car toutes les parties du canal respiratoire abandonnent à l'air inspiré de la chaleur et de la vapeur d'eau.
Entre le sang veineux et l'air libre il doit s'établir, d'après la loi de Dalton, un échange de gaz ; le sang veineux contient bien plus d'acide carbonique absorbé qu'il n'en peut retenir sous la pression de la quantité extrêmement petite de ce gaz contenue dans l'atmosphère (environ 1/2000) ; il doit donc en abandonner à l'air ; inversement, sous la haute pression de l'oxygène de l'air (= 1/5 deTatmosphère), le sang veineux doit absorber de l'oxygène, parce qu'il est loin d'en contenir la quantité qui correspond à cette pression.
On peut exprimer cela de la manière suivante : un gaz absorbé se dégage, quand sa tension dans le sang est plus grande que dans l'atmosphère, et inversement des gaz sont absorbés par le sang, tant que leur tension dans le sang est moindre que dans l'atmosphère.
Cola fournit une méthode simple pour déterminer la tension d'un gaz dans le sang. (Ludwig et Bêcher, Ludwig et Holmgren.) Dès que dans un espace rempli de gaz et avec lequel il communique, le sang n'absorbe ni n'abandonne de gaz, la tension de chaque gaz dans l'espace qui les contient doit être égale à la tension du même gaz dans le sang; la tension (c'est-à-dire la pression partielle) de chaque gaz dans l'espace rempli est donc maintenant une mesure directe delà tension du même gaz dans le sang. Ainsi il suffit, pour déterminer par exemple la tension de l'oxygène dans une espèce de sang, de mettre ce sang en rapport avec un mélange de gaz de n'importe quelle composition, mais dont la pression est connue ; l'échange des gaz une fois rempli, on détermine la pression partielle de l'oxygène dans la chambre à gaz, en tenant compte de son contenu en oxygène et delà pression totale.
Il est clair qu'ici la tension trouvée n'exprime que celle qui règne après l'échange des gaz, laquelle doit différer sensiblement à cause môme de cet échange, de la tension primitive qu'il s^agissait de déterminer. Néanmoins, ce procédé permet de tirer des conclusions