MODIFICATIONS DU SANG
On obtient la substance glycogène du foie en broyant cet organe fraîchement retiré avec du sable et de Teau bouillante ; on le traite ensuite par les acides jusqu'à ce que les albuminates soient précipités, on filtre et on fait bouillir en ajoutant de Teau. Les produits de la filtration réduits de moitié sont traités par Talcool, et la substance ghrcogénese précipite en flocons blancs, mêlée encoreavec un peu de glutine ; on la purifie de celle-ci en la faisant bouillir avec de la potasse; on la neutralise ensuite et on la précipite par Talcool.
Quant à la formation de la substance glycogène, on ne connaît que ce qui a rapport au foie. Celui-ci en contient chez les animaux sains, quelle que soit la nourriture, mais surtout quand les aliments renfennent du sucre ou de Tamidon. Le sucre introduit dans le foie pourrait donc être la source principale de la substance glycogène (Pavy^Tscherinoff); mais on doit cependant constater qu'il est possible qu'elle soit fournie par d'autres éléments du sang (corps albuminoides, protagon, etc.).
Les ferments, sous l'action desquels la substance glycogène se transforme en sucre, ne sont pas seulement contenus dans l,es sécrétions saccharigénes (salive, suc pancréatique), mais encore dans le foie et dans le sang. Le foie extirpé contient toujours de grandes quantités de sucre qui augmentent sans cesse tant que la substance glycogène est présente. C'est une question encore indécise, si le foie forme du sucre même pendant la vie. Dans un foie tout frais, enlevé à un animal qui vient d'être tué, les uns trouvent des très-faibles quantités de sucre, mais appréciables (Bernard, Kûhne) ; les autres n'en trouvent aucune trace. (Pavy, Ritter, Schifr.)Ce qui semble prouver une formation de sucre dans le foie pendant la vie, c'est que le sang veineux de cet organe (après une nourriture dépourvue de sucre et d'amidon) est plus riche en sucre que le sang de la veine porte (Bernard) ; mais ceci a été encore contesté, de même que la matière iucrée dans le sang en général, et surtout dans le sang veineux du foie. (Pavy, Ritter, Schiff.) Ceux qui n'admettent point une formation de sucre dans le foie vivant, ou bien contestent la présence du ferment auquel elle est due, ferment qui ne se produirait qu'après la mort ou dans des circonstances pathologiques (SchifT), ou bien prétendent que le ferment présent ne peut agir pendant la vie à cause de certaines influences qui s'y opposent et qui proviennent du système nerveux. (Pavy.)
Pour ceux qui admettent une formation de sucre dans le foie vivant, le sucre passe dans le sang, où il est brûlé en grande partie,
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tandis que le reste est excrété (dans rurine, le lait, etc). Si le foie ne forme point de sucre, la substance glycogène doit se transformer en d'autres substances, et ki se présente un fait important : c'est que les animaux nourris de carbures hydratés, outre une forte dose de substance glycogène dans le foie, y montrent également une forte quantité de graisses (Tscherinoff) ; il serait par oonséqueni possible que la substance glycogène fût employée à une formation de graisse. Mais on peut interpréter ceci d'une autre manière, en disant que la graisse avec la substance glycogène proiriennent du sucre, on que toutes deux ne s'accumulent dans le foie que parce que le sucre, facilement oxydable, écarte d'elles par cela même les influences oxydantes du corps.
Dans certaines circonstances il se fait une abondante excrétion de sucre par l'urine ; cet état porte le nom de diabète. Il peut provenir : 1® d'un accroissement de la formation du sucre dans le foie par l'augmentation ou, suivant une autre manière de voir» par la naissance du ferment saccliarigàae ; 2^ d'une destruction plus bible qu'à l'ordinaire du sucre formé dans le foie; 5^ d'un olMtacle à la transformation en substance glycogène dans le foie du sucre pris avec les aliments ou formé pendant la digestion. — Ces trois opiniiMB ont été soutenues gar différents auteurs. — Le diabète se produit: a. à la suite de certains troubles patliologiques encore inconnus (diabète pathologique); b. par la lésion d'une plaie circonscrite de la moelle allongée, une piqûre à la base du quatrième ventricule, au niveau de l'origine du pneumogastrique (Bernard) ; c. par certains poisons, par exemple, le curare.
Les trois cas possibles cités plus haut ne s'excluent pas l'un l'autre complètement, car les diverses espèces de diabète peuvent être de nature bien différente.
Pour soutenir la première opinion (Bernard, Schiff), on fait res' sortir qu'après un empoisonnement qui fait disparaître du foie son contenu de glycogène, par exemple, par l'action de l'arsenic, ni la piqûre ni le curare ne peuvent amener le diabète (Saikowski) ; que, de plus, le diabète est produit par toute interruption de la circulation dans une région un peu considérable au moyen d'une ligature des grands vaisseaux ou d'une paralysie de nerfs vasomoteurs. La piqûre elle-même n'agit, dit-on, que par une paralysie de ce genre, et dans le sang stagnant ou qui coule avec lenteur il se développe un ferment sous l'action duquel se forme le sucre. (SchifT.) D'autres prétendent que la piqûre détruit l'obstacle apporté par le systènK ner-
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keux à raclion du ferment du foie. (Pavy.) La seconde opinion (Winogrsidoff) s'appuie sur ce fait, qu'après Tempoisonnenient par le curare le foie ne contient ni plus de sucre ni plus de substance glycogène qu'à l ordinaire, et que par conséquent le diabète doit provenir d'un empêchement à la destruction du sucre (dont la cause est inconnue). La troisième opinion enfin met en avant cette circonstance, que dans le diabète pathologique l'excrétion du sucre dépend essentiellement de Tabsorption de carbures hydratés.
Comme, d'après ce qui précède, l'histoire de la formation de la substance glycogène et du sucre est loin d'être bien èclaircie, il est inutile de mentionner ce qu'on a dit jusqu'ici de l'influence du système nerveux sur ce phénomène. Les opinions émises à ce sujet ne concernent d'ailleurs que l'apparition du sucre dans l'urine, et sont contestées à plusieurs points de vue.
Constance de la quantité du sang.
Le maintieii de la quantité du sang est le résultat naturel de la constance de la quantité des éléments du sang. Comme c'est l'eau qnien forme debcaucoup la masse principale (80 p. iOO) et que son Tohime égale presqtie le volume du sang, le maintien de la masse sanguine dépend principalement du maintien de la quantité d'eau. En fait, après de grandes pertes de sang, le volume du sang se réta- Mit très-vite, parc^ que la pression étant diminuée, il est abandonné moins d'eau aux parenchymes et aux sécrétions, tandis qu'il en est résorbé davantage. De plus, une soif considérable excite à une bien plus grande absorption de liquides.