RAPPORT BNTRE LES RECETTES ET LES DÉPENSES
tus de ces éléments. Les deux dernières excrétions seront traitées dans la quatrième partie; quant à l'excrétion de la substance cornée, voici en quoi elle consiste : les surfaces internes et externes qui sont recouvertes d'un épithélium pavimenteux, c'est-à-dire la peao, les membranes muqueuses de la bouche et de rarrière*bouche , une partie des organes sexuels et urinaires et laconjonctive perdent coo* stamment leurs couches épithéliales superficielles. Les cellules 8ape^ ficielles de la peau, les couches qui se trouvent à la surface de l'épiderme et celles qui leur correspondent aux ongles et à la gaine des cheveux s'usent peu à peu et se détachent. Les couches supérieurfs des membranes muqueuses se mêlent aux sécrétions qui les hollle^ tent (salive, mucus, urine , larmes) et sont évacuées par les méniei voies. La déperdition de toutes ces substances enlève à Torganisnie des quantités assez considérables d'azote et de soufre et peut être considérée comme un produit d'oxydation de la série albumineuse.
ni. — RAPPORTS QUAIfTITATîFS ENTRE LES RECETTES, LES DÉPENSES
ET l'état RÉGULIER.
Au commencement du chapitre il a été dit que le but de l'alimeotation était de compenser les pertes subies par l'organisme, soit psr l'évacuation d'éléments inorganiques, soit par l'oxydation <ies éléments organiques du corps. Le plus simple rapport consisterait en ce que la nourriture fut juste suffisante pour couvrir les dépensas du corps et en entretenir constamment le poids. Dans ce cas, nonseulement le poids total des recettes devrait s'accorder avec le poids total des dépenses, mais encore, si la composition chimique du corps ne doit pas changer, les sommes des principes immédiats qni sont absorbés devraient être en rapport avec les sommes correspondantes de ceux qui sont évacués. De plus, la quantité de la recette et des éléments particuliers qui la composent devrait suivre toutes les variations de la dépense, telles qu'elles résultent des phénomènes variés d'oxydation de l'organisme et des grandeurs diverses de travaux qu'il produit. (Voy. là-dessus le chapitre suivant.)
Mais toutes les recettes s'effectuent à peu près au hasard et arbitrairement, sans que leur quantité soit mesurée d'après une connaissance exacte des besoins de l'organisme ; car les sensations qui révèlent ces besoins, la faim et la soif, n'invitent en général qu'à prendrp de la nourriture, mais non à en prendre une quantité dètcmiinée, et
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rès-souvent l'alimentation a lieu sans avoir été occasionnée par lies. Aussi [une alimentation surabondante ou insuffisante est-elle [iielque chose de très-ordinaire. Dans le premier cas, voici ce qui est KMsible : 1^ lès dépenses restent les mêmes et le poids du corps tngmente i aux forces de tension présentes dans Torganisme il s'en ymite de nouvelles qui sont emmagasinées ; 2^ le superflu de la nourriture n'est pas résorbé , mais évacué sans modification avec les excrénaents : ceci n'a lieu cependant que lorsque ce superflu est très- Misidérable; le maximum de résorption est atteint, pour ce qui regarde les aliments de résorption facile , d'abord par l'usage des id8(l), ensuite par Tusage des graisses, en dernier lieu par celui de l'ciu; 5<* les aliments pris et résorbés en trop grande quantité sont èfacués immédiatement : cela n'arrive que pour Teau et les sels qui eontinuent à être évacués tant que le corps en a la quantité qui lui convient; des matières organiques non oxydées ne se rencontrent dans aucune excrétion, dans des circonstances normales, à l'exception datait, des œufs et du sperme ; 4^ une alimentation surabondante est suivie d'une augmentation de travail organique et de phénomènes d'oxydation, de sorte que les dépenses du corps augmentent, son poids restant le même ; 5^ on pourrait admettre que, sans une plus grande augmentation des phénomènes d'oxydation, le poids du corps se maintint par accroissement des dépenses; il pourrait se former, par exemple, par dédoublement du superflu d'absorption , d'un côté des'produits riches, de l'autre des produits pauvres en forces de tenflon, dont les premiers resteraient dans le corps tandis que les autres leraient évacués. De cette manière les forces de tension des matières daorbées se trouveraient concentrées dans une moindre masse de mbftances, de sorte que les forces de tension de l'organisme s'élèveraient, son poids n'augmentant que très-peu.
Dans le cas d'alimentation insuffisante il peut arriver : 1^ que, le travail et les dépenses restant égales, le poids du corps diminue ; S* que, les dépenses diminuant, le poids du corps se maintienne, lais comme la seconde possibilité a d'étroites limites, en ce sens qa*one certaine somme de travail, et par conséquent d'usure et de dépenses, jest absolument nécessaire à l'organisme, il s'en suit que, par une insuffisance d'alimentation persistante, il arrive tôt ou tard
(i) La résorption rapide des sels facilement solubles, ne s'effectue pas complètenefit lorsqu'ils sont en grandes quantités, parce que leur faculté d'imbibition rend liquide le contenu de l'intestin, de sorte qu'ils sont proropteinent évacués avant leur rètorplion (diarrhée). — H.
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un moment où le poids du corps diminue sans cesse et à partir duquel la vie devient impossible.
C*est la tâche de la physiologie de la nutrition d'élucider les cas possibles qui viennent d*ètre indiqués et les conclusions que l'on en tire. Par une longue série d'expériences sur les hommes et les animaux, dans lesquelles, les conditions diverses d'alimentation étant artificiellement reproduites au point de vue du superflu, de la suffisance et de l'insuffisance, les recettes et les dépenses de l'organiane peuvent être quantitativement déterminées, soit dans leur ensemble, soit dans chacun de leurs éléments. Dans ces expériences on a cherché :A^ quels éléments du corps doivent être évacués dans les ci^ constances normales, sans surcroit de consommation et par un tranil particulier (voy. le chapitre suivant) ; ce qui fait connaître la quan* tité et la composition des aliments indispensables pour compenser cette perte nécessaire ; 2^ comment la circulation matérielle se modifie dans le cas d'une compensation insuffisante; ^ conoment elle se modifie dans le cas d'un superflu d'alimentation. *