Dépenses nécessaires de V organisme et compensation
alimentaire.
Pour répondre à cette question : quelles sont les dépenses absolument nécessaires et les quantités de nourriture indispensables gour réparer les pertes, il y a deux méthodes, mais aucune n'est complètement exacte. La première consiste à nourrir un homme ou un animal avec la quantité de nourriture la plus petite possible, mais encore A suffisante pour entretenir le poids du corps. On analyse les dépenses faites dans cet état, dépenses dont les éléments doivent quantitatirement concorder avec ceux de la nourriture. La seconde méthode consiste à priver un animal de toute espèce de nourriture ; on est alors certain qu'il ne se fait aucune dépense inutile ; et l'on peut, par l'analyse de celles qui ont lieu pendant que dure la faim, conclure quels sont les éléments nutritifs nécessaires.
f^ première méthode est entachée des défauts suivants : i*on ne l'emploie qu'avec des tâtonnements qui empêchent d'arriver à un résultat certain ; 2^ il est difficile d'exclure toute dépense non essentielle, provenant par exemple du mouvement; 5® on ignore si la quantité do nourriture trouvée suffisante pour le maintien du poids du corps ne serait pas moindre dans le cas d'une meilleure compo. sition des aliments, ou, en d'autres termes, si, parmi les dépenses, il
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ne s'en trouve pas qui proviennent d'un surplus d'absorption ; 4» le calcul des excréments est très-difficile; ils contiennent en effet (voy. chap. iv) non-seulement de véritables excrétions, des parties de sécrétions intestinales , mais encore les éléments nutritifs qui n ont pu être digérés et qui forment leur niasse principale ; par conséquent des matières qu'on ne peut compter parmi celles qui doivent être remplacées et qui dépendent complètement de la composition de la nourriture, c'est-à-dire du hasard. Les excréments des herbivores par exemple prennent presque la moitié de la dépense totale : le cheval, 40,50 pour 100 ; la vache, 54,4 pour 100 (Valentin, Boussingault), à cause de la quantité considérable de parties dont la éigestion est impossible dans la nourriture végétale ; ceux des carnilores , au contraire, sont en comparaison presque insignifiants : Ipour 100 pour le chat (Biddon et Schmidt); ceux des omnivores tiennent la moyeïme: homme, 4,8 pour 100 (Valentin, Barrai, Hiléesheim) et varient suivant le genre de nourriture. Pour éliminer Biintenant ce facteur non essentiel et extrêmement variable du calcul des dépenses, on est obligé soit de le laisser de côté, auquel cas on néglige les dépenses faibles, il est vrai, mais réelles, qui s'y trouvent exprimées ; ou bien on devrait choisir des matières nutritives dont tMis les éléments pourraient être digérés, ce qui n'a point encore été ostyè. La seconde méthode, par la faim, a des défauts plus grands OKore ; en effet, chez l'animal affamé les fonctions deviennent bien- Mi défectueuses, de sorte que consommation et dépenses devieniSBt moindres qu'elles ne seraient dans le cas d'une alimentation misante.
Parmi les résultais obtenus d'après ces méthodes, les plus certains H les plus importants sont ceux qui concernent les quajitités relatives des matières évacuées , parce qu'ils montrent par quelles voies- les dhrers éléments du corps sont éliminés. En voici le résumé général :
1* La dépense totale se distribue à peu près également entre l'urine d'on côté, la sueur et l'excrétion respiratoire de l'autre ; on néglige dans ce cas de véritables excrétions, des éléments biliaires, etc., cl aussi les déperditions de matière sébacée et de substance cornée sur lesquelles il n'y a rien de précis. Chez les carnivores, l'excrétion uriiMÛre est en général un peu plus considérable que lotîtes les autres EB y comprenant les matières fécales. Chez les herbivores elle n'attdnt que de 1/8 à 1/3 des autres, principalement en raison de la Srinde quantité d'excréments.
3* Les éléments qui composent les parties constituantes inorgani-
tîOG RAPPORT ENTRE LES RËGEHES ET LES DÉPENSES.
ques du corps, eau et sels, et qui sont évacués et remplacés dans les mêmes combinaisons, se distribuent de la manière suivante :
a. Leau, Abstraction faite de la petite quantité qui en est généralement évacuée dans les excréments, sa distribution dans les autres évacuations dépend surtout de la température et du contenu de vapeur d'eau de l'atmosphère. L'abandon de l'eau à travers les poumons est à peu prés constant, parce qu'une surface toujours la même et également humide s'y trouve en rapport avec l'atmosphère par une cou-* che d'air toujours en mouvement. L'eau qui s'évapore dans la respiration cutanée et celle qui se dégage avec la sueur ne peuvent pas être séparées, on peut donc dire que la masse principale d'eau eucuée se partage entre les poumons, la peau et les reins. Par un air sec et chaud l'évacuation par la peau prédomine ; si l'air est froid ë, humide, celle des reins prédomine. On sait déjà que la quantité d'eaa évacuée dépend directement de celle qui a été absorbée. Chei les carnivores, presque toute l'eau, environ 90 pour 100, s'en va par l'urine ; chez les herbivores, de grandes quantités, environ 60 po«r iOO, sont rejetées avec les excréments.
b. Les sels sont évacués principalement par Turine ; quelques-uns, notamment le chlorure de sodium, par la sueur ; ceux qui ne pe»vent être digérés, de même que ceux qui ont été absoÂés en trop grande quantité, sont rejetés avec les excréments.
Z^ Les éléments des combinaisons organiques oxydées sont en grande partie évacués dams les produits d'oxydation inorganiques, quelques-uns seulement dans les produits organiques d'oxydation oo de dédoublement. Ainsi :
a, Le carbone est évacué, pour la plus grande partie, au delà de 90 pour 100, sous forme d'acide carbonique, dans l'excrétion respiratoire ; une partie minime s'en va avec les divers produits inférieurs d'oxydation : dans l'urée, l'acide urique; dans la matière sébacée, dans les éléments de sécrétion qui se trouvent dans les excréments, etc.
b, Vhydrogène des éléments organiques du corps sort presque tout avec l'eau et sous forme d'eau; une petite quantité abandonne l'organisme dans Turée et les autres combinaisons citées plus haut.
c, Voxygène des combinaisons organiques, avec celui qui est absorbé comme matériel d'oxydation, quitte l'organisme en gramk partie, dans les produits supérieurs d'oxydation, eau» aoide carbonique, etc., et, ou petite quantité, dans les produits inférieurs d'oxy^ dation.
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d. Vazote est tout entier évacué dans les produits de dédouble-
niout : la plus grande partie, comme urée dans lurine et la sueur,
l'autre partie comme acide urique, principe colorant de l'urine, substance cornée, matière biliaire. De petites quantités peuvent sortir comme ammoniac et comme azote pur dans i'eicrétion respiratoire.
e. Le soufrCy qui provient notamment des albuminates du corps, abandonne Torganisme, d'un côté, dans l'uiine, comme acide sulfurique dans les sulfates ; de l'autre côté, sous forme de combinaisons organiques dans les déperditions cornées et les excréments.
Les données que l'on possède sur la grandeur absolue du mininmm de dépense ou du minimum de nourriture nécessaire pour la compenser, surtout à cause du peu de certitude des méthodes employées, lien résulte les points de vue. généraux suivants :
1^ lie minimum de dépense ou de nourriture est d'autant plus grand que l'animal est plus petit. Pour éviter la difficulté de mesures absolues, on détermine les quantités de matières en circulation par kilogramme d'animal et par , vingt-quatre heures On trouve par exemple qu'un kilogramme du corps d'un pigeon transforme bien plus de substances qu'un kilogramme du corps d'un chien et celui-ci plus qu'un kilogramme du corps d'un homme. Gela s'explique par l'activité supérieure des phénomènes vitaux dans les petits organismes ; il doit par exemple se produire chez eux, pour le maintien de la température, bien plus de chaleur que chez de plus grands animaux, à cause de leur surface proportionnellement considérable.
â* Le minimum de nourriture totale est le plus petit possible dans le cas d'un mélange déterminé des aliments ; on désigne ce mélange sous le nom de nourriture complète ; il contient des corps albuminoîdes, des graisses, peut-être du protagon, de l'eau et des sels en quantités déterminées ; beaucoup moins de sels que d'eau.
0» Le rapport le plus favorable de ces facteurs entre eux, c'est-àdire le rapport dans lequel les plus petites quantités suffisent pour le maintien du poids du corps, diffère suivant l'âge, le sexe, le genre dévie, etc. '
4<* La quantité nécessaire d'aliments albuminoïdes peut être diminuée de beaucoup si l'on augmente celle des graisses et des carbures hydratés ; peut-être parce que ces dernières matières facilement oxydables dérobent les corps albuminoïdes à l'influence de l'oxygène, (lioppe. — Voy. plus bas.)
r)"" Le minimum de nouriilure totale est d'autant plus grand que
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l'organisme est déjà plus engraissé par une alimentation surabondante.