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Alimentation insuffisante

Nous avons déjà dit que dans le cas d'alimentation insuffisante, si elle persiste, il doit arriver un moment à partir duquel le poids du corps diminue continuellement. Âpres la sensation de la faim, il sur vient un état nouveau de l'animal à partir duquel les fonctions et par cela même les dépenses diminuent également et cette diminution dure jusqu'à la mort. La circulation matérielle chez l'animal affamé se borne à une combustion d'éléments corporels par l'oxygène codtinuellement inspiré, et à une évacuation simultanée des produits d'oxydation et des éléments non combustibles (l'eau et les sels). Une compensation ne peut avoir lieu pour l'organisme tout entier; mais elle est possible pour quelques parties, en ce sens que par ^inte^ médiaire du sang, les parties qui possèdent un excès de matériaux riches en forces de tension, les conununiquent à d'autres chez lesquelles il font déjà complètement défaut.

On comprend que des expériences de ce genre, si elles sont prolongées, ne peuvent avoir lieu que sur les animaux, principalement les pigeons (Chossat), les chiens (BischofT et Voit) et les chats (Bidder et Schmidt) .

Ces expériences donnent les résultats suivants : i^ Dés que la faim se déclare, le poids du corps, les travaux et les dépenses de ranimai diminuent; la diminution de ces derniers entraine naturellement une diminution du poids du corps, croissant de jour en jour: car la grandeur des dépenses, abstraction faite de l'oxygène absorbe* exprime la grandeur de la perte de poids. La diminution des travaux, intimement unie à celle des dépenses, se montre surtout dans l'abaissement de la température du corps, ainsi que dans la moindre fréquence du pouls et de la respiration, et la diminution des phénomènes d'oxydation qui en est la cause se manifeste par une moindre absorption d'oxygène ; 2"* la diminution de dépense n'atteint pas également tous les éléments qui la constituent ; c'est chez les herbivores que sa composition éprouve les modiGcations les plus importantes ; car tous les animaux affamés se trouvent alors dans le même cas que les carnivores et ne peuvent vivre que de leur propre substance animale. — Ainsi chez les herbivores affamés les évacuations contiennent tout d'abord plus d'urée, mais à mesure que la

ALlMfiiNTATlON INSIFFISANTL. SOO

faim augmente , elles en contiennent de moins en moins, preuve que la diminution des phénomènes d'oxydation dans l'organisme attdnt aussi l'oxydation des éléments corporels azotés (corps albuminoides); 3® quand l'animal a perdu une certaine fraction du poids de son corps, la mort s'ensuit par inanition après un espace de temps plus ou moins considérable. Le temps et la grandeur dé la perte dépendent de l'état de l'animal au moment où il commençait à être iîbmé. 11 faut un certain temps à des animaux engraissés (voy. plus bis), pour que le poids de leur corps atteigne celui des animaux mal nourris ; ils ont donc ce temps d'avance sur ces deniiers, puisque ce n'est qu'alors que commence la faim avec les phénomènes déjà cités qui l'accompagnent. Ainsi, des pigeons jeunes et maigres périssent, déjà dés qu'ils ont perdu un quart de^eur poids (après trois jours); des pigeons plus vieux et gras ne meurent, au contraire, qu'après en avoir perdu la moitié (au bout de treize jours. — Chossat). Sur le cadavre la perte de poids des diverses parties du corps se montre très-différente, elle se manifeste surtout dans le contenu graisseux des cellules adipeuses du tissu conjonctif ; le tissu tout entier a perdu 90 pour 100, c'est-à-dire qu'il ne lui reste que sa substance propre; le sang perd presque autant; viennent ensuite les viscères de l'abdomen et les muscles ; le cerveau au contraire ne perd presque rien, la moelle èpinière un peu plus. Comme la graisse et les muscles forment la masse principale des éléments qui diminuent le plus rapidement, on admet ordinairement que Torganisnie pendant le jeiine vit aux dépens de sa graisse et de ses muscles. Quelques savants (Schmidt, Bischoff et Voit), ont môme déterminé la quantité de substance musculaire épuisée d'après l'azote contenu dans les matières évacuées, et compté à tort connne graisse consommée, le reste des évacuations provenant des éléments organiques du corps (calculé d'après l'acide carbonique) .

 côté de la privation de toute nourriture, se place TaUnientatioit insuffisante. Celle-ci peut être incomplète quantitativement ou quali^ tativement, c'est-à-dire elle contient ou bien tous les éléments de la nourriture complète, mais en quantité insuffisante, ou bien elle ne les contient pas tous. L'alimentation insuffisante quantitativement produit des phénomènes tout à fait semblables à ceux de la faim, mai)» dont la marche est beaucoup plus lente. L'alimentation insuffiscuite qualitativement, quelles que soient en général les combinaisonit essayées, amène aussi rapidement la mort que la faim complète, mai» avec une moindre diminution du poids total. Quand la privation d'eau

"iiO ALIMENTATION ËXAGËRÊB.

est entière (1) (Sehuchardt), les animaux ne prennent bientôt plus rien de solide, et quand ils sont privés de toute nourriture solide, ils ne prennent bientôt plus d'eau (BischofT et Voit, Chossat), de sorte que les deux cas ressemblent en fait à la faim absolue. Dans mainte expérience l'examen échoue, soil à cause de la faiblesse du maximum de résorption qui empêche d*étudier l'efTet de quantités considérables, soit à cause de phénomènes pathologiques qui se déclarent (par exemple , la diarrhée dans le cas d'une alimentation composée d'eau et de àucre). Les essais les plus importants sont ceux dans lesquels on donne à l'animal une des deux substances nutritives oi^ niques principales, corps albuminoîdes et graisses,* Dans ce cas b perte totale est beaucoup moindre que dans la faim; les deux genres d'aliments peuvent donc, jusqu'à un certain point, se remplacer. Si l'alimentation se compose de graisse et d'eau, ç'est-à-dire si les substances albuminoîdes font défaut, le poids du corps diminue peu et l'excrétion d'urée diminue considérablement; il se fait donc une moins grande oxydation des éléments azotés du corps. Quand la graisse est remplacée par des carbures hydratés, la circulation matéridle n'éprouVe que de faibles modifications. Si ces derniers font aussi défaut, on remarque une forte augmentation dans l'excrétion de Turée, par conséquent un accroissement d'oxydation des aliments azotés, de sorte que pour conserver la vie il faut absorber beaucoup plus de substances albuminoîdes.

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