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I. — LES MUSCLES

Les muscles se distinguent essentiellement de tous les autres organes générateui-s de mouvements en ce que chez eux l'influence d'une force de dégagement est nécessaire pour qu'ils agissent. Ce dégagement a son point de départ dans le système nerveux.

On distingue deux espèces de muscles, d'après la structure des éléments histologiques, les muscles striés et les muselés lisses. Les propriétés physiologiques des deux espèces sont, comme on le Tora, essentiellement les mêmes, quelles que soient letirs différences pi^ ticulières.

A. — le» muèclez striés.

Les muscles striés ou muscles de la vie animale se trouvent dans le corps partout où s'effectuent des mouvements énergiques. A peu d'exceptions près, les mouvements de ce genre, et par conséquent l'activité des muscles striés, dépendent de la volonté; aussi les nomme-t-on muscles volontaires. C'est le cœur qui forme l'exceptioD la plus importante; mais ses fibres striées diffèrent en plusieurs points des fibres ordinaires.

Les muscles striés forment presque tous des cordons ovales et quel* quefois larges et plats, d'une couleur rouge jaune, qui montrent des stries longitudinales assez grossières. Ils sont attachés aux parties qu'ils doivent mouvoir (os, cartilages» etc.), soit directement, soitao moyen de fibres lamineuses (tendons). De plus ils sont entourés de membranes de tissu lamineux (fascia, perimysium), dont les plus épaisses sont extérieures et dont les plus fines à l'intérieur, non-seulement les touchent immédiatement, mais encore pénétrent entre les fibres, de sorte qu'ils sont partagés en nombreux compartiments longitudinaux. Les muscles peuvent être déchirés dans le sens de leur longueur en faisceaux de fibrilles toujours plus fins, jusqu'aux fais» ceaux primitifs. Ce ne sont point cependant des faisceaux, niais de%

Jk

DU flUVAIL M&CAMQUE. 333

iibes remplis d*une masse liquide, la substance propre des muscles. a paroi de ces tubes consiste ea^une membrane élastique complètenent fermée (le sarcolemme): Le contenu examiné au microscope oonire des stries transversales, fines, régulières qui proviennent le globules biréfringents (Bruche) disposés par couches et plus épais |ue la substance fondamentale. La plupart des tubes musculaires vcourent le muscle dans toute sa longueur et 9e fixent directe- ■ent aux tendons ou aux os; une partie se termine >eti*pointe dans 'intérieur du muscle. (Rollett.)

Ce qui fait admettre que le contenu du muscle est liquide, c'est pi'on y remarque dans certaines circonstances des mouvements onhilatoires, et que le phénomène de Porret s'y montre comme dans Tautres liquides (Kûhne), c'est-à-dire que ce contenu passe au pôle négatif dès qu'on y fait passer un courant électrique. — De plus, un nbtervateur (Kûbne), a yu se mouvoir de côté et d'autre un nématoîde imraissant n'éprouver aucune résistance dans une fibre musculaire lie grenouille fraîchement préparée. Le contenu du muscle devient totide sous l'influence de certains réactifs, et«e décompose suivant fifférentes directions :

a. Suivant la direction des stries transversales, en disques ronds !t minces. (Bowman.)

h. En fibres longitudinales très-fines qui montrent de légers gonlements variqueux dans les intervalles correspondant aux anciennes itries [fibrilles musculaires. (Kœlliker)].

e. Suivant les deux directions en même temps, en petits corpusnles prismatiques que l'on peut se figurer produits, soit par décomlorition des fibrilles dans la direction des stries transversales, soit «r décomposition des disques dans la direction des fibrilles [élédents sarceux (Bowman) ; prismes charnus (Kœlliker)]. Tous cesprohiits de décomposition ont été considérés d'abord comme des élélent musculeux préformés. Depuis que récemment on a réussi à ereevoir les prismes charnus dans le muscle vivant comme des coroscules en suspension dans le liquide du muscle (surtout chez les Dsectes), on doit considérer ces derniers comme des éléments pré- Nrmés, les fibrilles comme des raies longitudinales, et les disques onune lenrs couches transversales. Dans la plupart des muscles, les rismes charnus, sur le point de périr, inclinent à se séparer en 'ordomiant à la façon des fibrilles ; plusieurs réactifs ont au contraire i pouvoir de les diviser en disques. Une grande partie de ces prismes >nnent des polygones de trois à cinq côtés, et sont tellement pressés

S3I DES MUSCLES STRIfiS.

les uns contre les autres, qu*il ne reste plus que de très-petits intervalles pour la substance fondamentale liquide. (Cohnheim.)

Examinés dans la lumière polarisée, tes prismes charnus se montrent biréfringents (ils sont colorés quand on emploie le prisme de Nicol). Gomme ils changent de forme à la suite de la contraction et deviennent plus courts et plus épais, ils ne possèdent pas simplement la propriété de double réfraction, comme des cristaux; mais on doH admettre qu'ils forment des groupes nombreux d'éléments trèf-petits et biréfringents (disdiaclastes), qui sont différemment ordonnés siri* vaut que le prisme diamu est en repos ou à Tétat de contlractioir.

La fibre musculaire contient en outre les éléments de forme snivant : i<* des noyaux (en forme de vésicules, avec des nucléoles et une enveloppe grariuleuse à peine perceptible que quelques-uns prennent pour des protoplasmes) ; ils se trouvent près du sarcolemme, distribué régulièrement chez plusieurs animaux par le con* tenu du muscle; 2<^ des terminawmi iierTfU8M,(Kûhne); les flbm nerveuses primitives ramifiées pénètrent dans le tube muscnlaîre, tandis que le névrilemme passe continuellement dans lé sareolenune; la moelle cesse à la place où il entre et le cylindre-axe traverse une masse qui repose immédiatement sur la substance striée. Le sarcolemme fait un peu saillie en raison de Yéminence terminale desnerft dont la substance est homogène, finement granulée et pourvue de gros noyaux ; le cylindre-axe se termine en de nombreux filaments plats (aplatissement terminal des nerfs).

Le muscle contient, outre les tubes musculaires et le système de cloisons partant du périmysium, beaucoup de tissu lamineux communiquant avec ce système, et de plus des vaisseaux capillaires et lymphatiques ainsi que des rameaux de fibres nerveuses.

Eléments chimiques du muscle,

La réaction du muscle frais en repos est neutre, ou faiblement alcaline s'il est humecté de lymphe. (Du Boi&-Reymend.)

Comme la substance du muscle est chimiquement très-variable, la détermination exacte de quelques-uns de ses éléments exige de« mesures de précaution particulière, et n'a point encore été menée à bonne fin. Il s'agit surtout ici des éléments albuminoides.

On obtient le contenu des tubes musculaires avec le moins d'altération possible (Kûhne) : i"" en pressant du dehors les muscles des animaux à sang froid ; quand le sang est évacué, on lave les vaisseaui

ÉLÉMENTStfiHIMIQUBS DU MUSCLE. 236

en y faisant passer un liquide indifférent, i/2 à i pour 100 de solution de sel de cuisine ; 2® en laissant refroidir les muscles dont lé sang a été exprimé; qn les divise ensuite avec des instruments froids et on les filtre à une température un peu au-dessus de 0^ ; il est bon de les délayer d'abord dans une solution de sel de cuisine refroidie. Le liquide ainsi obtenu, trouble, neutre ou faiblement alcalin, le plasma ém muicles, se modifie d'autant plus rapidement que la température est plus élevée. Il se coagule notamment en devenaat uniformément gélatineux, de sorte qu'on ne s'aperçoit de la coagulation que lors* qu'il devient visqueux et ne s'écoule pas si on renverse le vase; plus tard le liquide coagulé se rétrécit en formant des flocons , la masse se trouble fortement et il s'en exprime une liqueur acide, le sérum des muscles.

La substance évacuée dans la coagulation est un corps albumiwMe la myosine; elle est soluble dans les solutions concentrées de sel de cuisine et peut être chassée de ces solutions soit par un dé- Isjage» soit au contraire par une addition de sels. Des acides affaiblis dissolvent également la myosine ; mais elle se transforme dans ce cas en syntonine.

Son évacuation spontanée la plus rapide a lieu momentanément à 40* pour les animaux à sang froid , de 48 à 50** pour les animaux à sang chaud. Elle peut être aussi produite instantanément au moyen d'eau distillée et d'acides.

Le sérum musculaire conlient tous les autres éléments du muscle, savoir : 1® un certain nombre de substances albumindides qui se coagulent à différentes températures (de 45 à 70*") ; celle qui se coagule de 60 à 70^ est de l'albumine ordinaire ; 2° divers carbures hydratés, notamment du sucre de raisin (Meissner) en très-petite quantité, de Yùiosite en quantité plus considérable ; chez l'ea^ryon et les jeunes animaux les muscles contiennent aussi de la substance glycogénè et de la dextrine (Limprickt), qui peut-être n'est que de la substance glycogène transformée après la mort; 3^ probablement du />ro(a9on (il n'est pas directement démontré, mais en tout cas on doit l'admettre à cause de la présence des terminaisons nerveuses) ; 4** des graisses en petite quantité; 5^ des acides libres^ principalement X acide sarcolactique ^ et de plus quelques acides gras volatils (acide ibrmique, acide acétique) ; S"" diverses amides : la créatine (d'après quelques-uns de la créatinine, que d'autres ne croient s'être formée que lorsqu'on a obtenu la créatine), Vhypoxanthine (sarcine), Vacide imûsiqueei quelquefois Xadde urique (?); T^ un principe colorant

236 DES MUSCLES S'mfiS.

rouge, de Yhœmoglobine dans la plupart des muscles (Kûhne) ; 8** des sels; 9® de Teau; iO^ des gaz, principalement de l'acide carbonique. (Voy. plus bas.)

Les éléments qui viennent d*ètre indiqués sont ceux du conteiro musculaire déjà coagulé. Comme la coagulation et de môme la contraction sont accompagnées de modifications chimiques Picore inconnues en partie, et qu'il est impossible d'étudier le plasma du musde sans passer par ces précédents, les matières ici nommées ne peufeitt être considérées comme les éléments du muscle vivant tel qu'il est On verra plus loin avec quelques détails ce que l'on en sait ou ce que l'on en présume.

On trouve aussi dans le muscle pris dans son ensemble les principes constituants des autres éléments de forme (tissu lamîneui, vaisseaux, sang, nerfs, etc.) de la substance colloïde, des graisses, etc. Le sarcolemme parait consister en une substance élastique.

Etats du muscle.

Le repos est considéré comme l'état ordinaire du muscle vivant ; les phénomènes qui s'y passent alors ne peuvent être étudiés sans moyens précis d'investigation. De cet état le muscle passe : 1* à l'état actif signalé par un raccourcissement visible ; â<^ à l'état de rigidité amené par certaines modifications chimiques ordinairement accompagnées de la cessation de la vie.

A. — Le muscle en repos. — Propriétés mécaniques.

Le muscle (et pour cause de simplification tous les muscles sont considérés ici comme allongés en forme de fuseau, ce qu'ils sont d'ailleurs presque tous) est un organe d'une élasticité assez faible mais complète, c'est-à-dire il possède une grande extensibilité (s'allonge déjà beaucoup pour une faible charge) et revient inmiédiatement à sa première position dès que la force qui le tendait cesse d'agir. A mesure qu'il s'allonge, son épaisseur (coupe transversale) diminue naturellement, de sorte que son volume reste le même. Dans le muscle de même que dans tous les corps organisés, les longueurs d'extension ne sont point proportionnelles aux poids extenseurs ; mais un même accroissement de charge produit un allongement d'autant plus petit que le muscle est déjà plus tendu. (Ed. Weber.) La courbe d'extension, c'est-à-dire la ligne qu'on obtient

MI IpSCLESSi BETOS. SI

siToa nwsîiifrf les poids extensairs conune des abscisses et les longnenrs d'aÈemsàoa eoouBe des ordonnées* celte li^ne u*est donc pas droite comme pov les ooqis iooiiganîques, mais se rapproche d'une Iqfperbole. ^Werthcin.) Dans le corps ¥i\ant les muscles sont tonjours lendBs an delà de leur longueur naturelle, de sorte qu'ils reviennent ca arrière dès qu'ils sont séparés de leurs points d'attaché. Cet mangcBMol a son avantage : en effet, au moment de la contraction les poinls d'attache aont aussitôt rapprochés, sans qu'il y ait ni force ni temps perdus pour tendre le muscle relâché. Quand le muscle est détaché, les tubes musculaires ne sont point étendus en ligne droite, mais ils foriBent des ondulatÎMis ou des zigiags.

Momvamemt matériel dans le muscle en repas.

On ne sait que fort peu de chose sur les modificatioos chimiques (|ui ont lien dans le muscle en repos. Mais comme le muscle transforme constanunent en sang veineux le sang artériel qu'il reçoit, il doit se passer chez lui des phénomènes accompagnés d'une consommation d'oxygène et d'une formation d*acide carbonique. Ainsi qu'on le verra plus loin, l'expérience semble prouver que ces deux phénomènes ne sont pas identiques, mais suivent seulemeat leur marche l'un à côté de l'autre.

On constate une absorption d'oxygène et un abandon d'acide carbooique (Du Bois-Reymond, Liebig) même dans les muscles détachés du corps , chez les animaux à sang froid dont les muscles une fois ooiyés conservent longtemps les propriétés des muscles vivants. Les ■ÉPies phénomènes ont lieu également dans les muscles dont on a exprimé le sang, ce qui démontre qu'ils doivent être attribués non au sang des vaisseaux musculaires mais à la substance même du nniscle. Comme cependant les muscles rigides montrent exactement le même mouvement de gaz que les muscles vivants (L. Uermann), eeluî-ci doit provenir non d'un fonctionnement organique, mais d'une décomposition putride qui atteint la superficie du muscle et surtout les sections transverses moins protégées ; les quantités de gaz reçus et dépensés sont par conséquent d'autant plus importantes que la superîkie du muscle est plus grande et qu'il approche davantage de la putrèbction.

Puisque les muscles détachés du corps conservent plus longtemps sous certaines conditions leurs propriétés rivantes dans l'oxygène ou dans l'air, que dans l'hydrogène ou d'autres gai indifférents et non

i^ 1)KS IIUSCLBS S4lËS.

oxygénés (voy. Humboldt, liebig, L.Hermann)» il faut cependant admettre une absorption fonctionnelle d*oxygène, mais trop petite pour qu'on puisse la constater gazométriquement. Ce fait que Tabsorption physiologique de l'oxygène est plus considérable dans le muscle oo le sang circule que dans le muscle coupé» peut avoir sa raison dans les circonstances suivantes : i^le muscle coupé n^est en contact que par sa superficie, le muscle plein de sang Test au contraire dans toutes ses parties avec la matière qui fournit Toxygène (l'air pour le premier, le sang pour le second); 2» L'oxygène du sang, qui est oni à rhaemoglobine, possède peut-être des propriétés qui le rendent plus apte que Toxygène libre de l'air à passer dans la substance mnsculaire; Z^ la combinaison de Toxygène avec la substance du muscle a besoin pour s'effectuer de matières qui ne se trouvent point dans le muscle et qui doivent être amenées par le sang. (Voy. plus bas.)

Ou ne sait rien de plus sur les modifications chimique» du muscle en repos; les phénomènes de contraction et de rigidité musculaires periiiettront de compléter cette étude.

Résultais du muscle en repos,

Uans les muscles disséqtiés aussi bien que dans les muscles vivants, on peut constater au moyen d'appareils dérivatifs des propriétés électro-motrices qui se manifestent sous forme de courant. (Nobili, Hatteucci, Du Bois-Reymond.)

Si d'un muscle frais, composé de fibres parallèles, on sépara un faisceau quelconque mince ou épais, même un seul faisceau priritf, qu'on le limite par deux sections transversales, et qu'on fasse co»* muniquer avec un galvanomètre très-sensible un point de la sorfaoe de la section longitudinale artificielle et un point d'une des deux sections transversales artificielles, on obtient une déviation de l'aiguille. Le courant dans le conducteur va de la section longitudinale do muscle à la section transversale; dans le muscle, au contraire, de la section transversale à la si ction longitudinale. — La section UmgUMdhuUe est donc positive vis^-vis de la section transversale. Ce conranl musculaire est d'autant plus fort que les extrémités de l'arc conducteur sont appliquées plus près du milieu de chaque section. — On obtient le mêuic courant si, à la place d'une section longitudinale artificielle, on emploie la section naturelle, c'est-à-dire la superficie longitudinale naturelle du muscle ; de même, dans la plupart des cas, on emploie la section transversale naturelle à la place de la seotitM

t)ES PUÉNOMÈNCS ËLËCrftiQUES bl) MUSCLE. 2S9

iraiisverse artificielle. On entend par section transversale naturelle le tendon même du muscle, parce qu'il est appliqué contane un conducteur indifférent aux extrémités des tubes musculaires (ces extrémités forment leurs sections transvei*sales naturelles). — La surface rouge du muscle intact est donc positive par rappert au tendon.

PanAi les précautions à prendre dans ces expériences, précautions nombreuses et nécessaires, nous n'en mentionnerons qu'une : c'est qn'il faut se garder de mettre les parties animales en communication avec les extrémités métalliques du mutipiicateur ; en efTet, deux moroetox de métal complètement semblables en apparence , deux fils dé coivre, par exemple, forment, comme on sait, au contact d'un eooducteur humide, une chaîne galvanique qui doit faire dévier l'aigoiUe (et toutes les matières animales doivent être considérées comme des conducteurs de cette espèce). — Le seul moyen pour èfiter cet inconvénient est d'employer des électrodes de zinc amalpmé, avec une solution de sulfate de zinc servant de conducteur hornide. On n'obtient ainsi aucun courant secondaire. On fait passer les deux extrémités du galvanomètre dans deux morceaux de zinc malgamé; chacun d'eux plonge dans un vase rempli d une solution de sulfate de zinc, et dans chacun de ces vases on fait plonger un kourreletde papier buvard trempé dans la même solution. Les parties animales qu'il s'agit d'examiner sont disposées de manière à fermer leeîrcuit, unissant les deux bourrelets conune un pont. Les sub* itanees animales sont protégées contre l'action nuisible du sulfate d» lînc par un conducteur {dacé au-dessous et qui n'a aucune iniluence pn^jlhlieiable (de l'argile humectée d'une solution contenant 1 p. 100 d|M0l âe cuisine). L'emploi des électrodes de zinc a aussi l'avantage d'empêcher le retour immédiat de Taiguille après son premier mouiffflient, retour qui a lieu, dans tout autre procédé , par la polari- Mlion des extrémités métalliques, tandis que le zinc amalgamé est impoiarisable dans une solution de sulfate de zinc. — On peut conttaler le courant musculaire tout autrement qu'au moyen du multiplicateur : i^ par voie électro- chimique en faisant décomposer dans une solution amylacée l'iodure de potassium; l'iode se sépare à l'électrode positive et y teint l'amidon en bleu ; i" en faisant agir le oourant musculaire comme excitateur sur un nerf, par exemple , sur le propre nerf du muscle (rliéoscope physiologique). Dans ce cas il est nécessaire, comme on le verra au chapitre xi, de faire agir promptement le courant propre du muscle sur le nerf. On y arrive en rermant tout d'un coup, par le contact des sections longitudinales et

S40 DES MUSCLES STRlfiS.

transversales d*un muscle» un circuit conducteur dans lequel se trouve intercalée la cuisse d'une grenouille. Il en résulte immédialement une contraction de la cuisse. On fait la même expérience avec un seul muscle, en faisanl retomber subitement sui* sa section transversale naturelle (le tendon) le propre nerf du muscle (que l'on peut se représenter comme conducteur, en contact des sections longitadinales naturelles de tous les tubes musculaires) ; il en résulte également une contraction. (Ces contractions sans métaux étaient déjà connues avant la découverte du courant musculaire.)

On n'obtient pas seulement des courants par l'union des sedioi» longitudinales et transversales (naturelles ou artificielles), mais encore par le contact des extrémités du galvanomètre avec deux points d'une seule et même section. De deux points de la section longitudinale, celui qui est le plus proche de l'équateur (milieu du cercle qui entoure le cylindre musculaire) est positif vis-à-vis du point le plus éloigné (rapproché par conséquent de la section transversale); et de deux points de la section transversale, celui qui se trouve le phi près de l'axe est négatif par rapport au point le plus éloigné (rapproché par conséquent de la section longitudinale). Aucun courant n'a donc lieu si l'on unit avec le multiplicateur deux points de la section Ion* gitudinale également éloignés de Téquateur, ou deux points de la section transversale également éloignés de l'axe. Ces lois ne sont pas seulement valables pour des points d'une même section transv^^e, mais encore pour deux points de deux différentes sections transversales ; et de même pour des points de différentes sections longitudinales. Naturellement les deux extrémités de l'axe et de même Veux points de l'équateur ne donnent aucun courant. Les courants ortre deux points d'une même section longitudinale ou d'une même section

transversale sont toujours beaucoup plus faibles que ceux qui existent entre un point d'une section et un point de l'autre section , et ils sont d'autant plus forts que la différeno!

d'éloignement des points de l'équateur ou de Taxe est plus considérable. Ces courants sont dits faihks par rapport aux autres. Si dans la "p/^^p figure 19 le rectangle représente un

morceau de muscle, L, L la section longitudinale, Q, Q k section transversale, ab Téqualeur; les arcs

ELECTRICITE MUSCULAIRE. ^i

fins désignent les unions de points qui donnent des cottrants faibles, l'arc plus fort une union suivie d'un fort courant, et les 'arcs ponctués des unions de points sans courant.

Si l'on fait à un muscle une section oblique, et il n*est besoin pour cela que de modifier une section verticale, les rapports indiqués plus haut éprouvent une déviation ; le point le plus négatif de la section transversale ne se trouve plus en son milieu, mais tout prés de l'angle aigu ; de même les points les plus positifs de la section longitudinale ne sont plus à l'équateur, mais plus prés de l'angle obtus. Dans un rhombe musculaire de ce genre, un point situé près de l'angle obtus est positif vis-à-vis d'un point situé prés de l'angle aigu. Les courants qui dans ce rhombe se dirigent de l'angle aigu à l'angle obtus doivent donc s'ajouter au courant ordinaire. On les appelle courants d'inclinaison.

Les lois électro-motrices indiquées ici deviennent faciles à saisir si Ton admet dans le muscle l'existence de molécules ou éléments électro-moteurs régulièrement disposés (fig. 20). (Du Bois-Reymond.) On peut se les représenter comme des cylindres dont les axes sont parallèles à l'axe du muscle: la surface des cylindres est chargé d'électricité positive, les faces des bases tournées vers les sections transversales du muscle sont chargées d'électricité négative ; de plus , tous les cylindres se trouvent dans un liquide conducteur indifférent. Dans on appareil de ce genre, les électricités de même nom de deux surfaces tournées l'une vers l'autre se détruisent réciproquement, de sorte que l'électricité négative des surfaces des bases appliquées fibrement à la section transversale du muscle et l'électricité positive 4B8 surfaces librement adossés à la section longitudinale entrent seules en action. Ainsi s'expliquent les courants forts du muscle tout entier, et de chaque partie, si petite qu elle soit. Pour rendre compte des courants faibles, on doit admettre que le morceau de muscle actif est entouré de tous côtés d'une couche formant un conducteur inactif. Dans ce cas notamment les électricités libres de la section longitudinale et de la section transversale s'égalisent en partie par la conduction de cette couche, et Ton peut prouver que les tensions des deux sections ne sont plus partout uniformes, mais se trouvent distribaées de telle sorte , que la tension positive de la section longitudinale atteint son plus haut degré dans son milieu (à l'équatenr) et diminue vers les côtés ; c'est aussi à son milieu que la tension négative de la section transversale est la plus forte. En unissant deux points par une tension de même nom , mais d'inégale force, on obtient les

iAî

DÈS UUSGLES STiaÈS.

courants faiUeSy car de deux points qui possèdent, par exemple, une tension positive, le plus faiblement électrisé doit être négatif vis-à-vis de l'autre. On peut encore expliquer par là les arrangemenU inactifs (deux points d'électricité de même nom avec égale force) et la diversité des courants forts d'après la différence de force dans la tension (de nom contraire) de deux points. La couche enveloppante inactive peut se représenter comme formée : à la section longitudinale, par le périmysium, etc.; à la section transversale naturelle, par le tendon ; à la section transversale arliGcielle, par le dépérissement de la couche qui se trouve à la surface. Pour expliquer la distributioa de ces tensions inégales, il sufQt encore, au lieu d'une couche complètement inactive, d'admettre simplement une couche faiblement active (Hehnholtz), et cette couche peut provenir de l'effet nuisible de la mise à nu du muscle.

Les courants d'inclinaison peuvent être également déduits de ce qui précède ; une section oblique doit en effet présenter une disposition par échelons d'éléments électro-moteurs, de sorte que non-seule* ment les suifaces négatives des bases, mais encore les surbces pori* tives des surfaces cylindriques, se trouvent à nu ; mais comme o» dernières sont tontes tournées vers l'angle obtus, il en résulte i la section transversale une espèce de pile oblique dont le pôle positif se trouve à l'angle obtus et le pôle négatif à l'angle aigu. Le courant de cette pile s'additionne algébriquement avec le courant ordinaire des muscles et produit ainsi les phénomènes mentiomiés plus haut.

Les courants entre la section longitudinale et la section transversale naturelles se montrent souvent excessivement faibles, quelquefois on ne l'obtieiU pas du tout, ou même ils sont inverses ; ils reprennent cependant leur direction et leur force normales dès que Ton touche] la section transverse naturelle avec certains agents dont j^ l'action est destructive (solutions salines, alcalis, aci-

des, etc.), ce qui établit jusqu'à un certain point XQ une section transversale artificielle. On explique ce phéiionièçe en admettant aux extrémités des tubes musculaires une couche de substance dont l'action électro motrice, opposée ù celle du muscle entier , la compense en

Fig. 20.

ÉLEGTlUCITË MUSCULAItŒ. $43

toat OU en partie et même la dépasse (couche parélectronomique). Pour se la représenter schématiquement, il suffit d'imaginer à Textrémité naturelle du muscle une molécule anormale à laquelle manque la base extérieure négative ; dans la figure 20, p représente cette molécule de la couche parélectronomique. Le développement de l'état parélectronomique est favorisé par certaines influences, principalemoilparle froid.

La signification de ces phénomènes est encore entièrement hypothétique. On ne sait point si cette idée de molécules péripolaires Ueetriques , qui expliquerait les courants musculaires , se réalise dans la structure du muscle, ni si elle est d'accord au point de me de l'optique, avec ce qui a été dit des prismes disdiaclastes, etc. Pour éviter tout malentendu, il est bon de remarquer encore que les eonrants des éléments électro-moteurs à travers la substance musculaire conductrice, soiit renfermés en eux-mêmes, de même que les courants des molécules à travers le conducteur humide, d'après TexplieitîoB donnée plus haut. Chaque application d'un arc conducteur à dcQx points de la surface ne peut donc détourner qu'une fraction des courants, et cette fraction, dont la grandeur dépend de la plus ou BMins grande propriété de conduction de l'arc, est seule indiquée par le galvanomètre.

Comnie les muscles sont entourés partout dans le corps de conducteurs humides, les courants musculaires se combinent constamment dans le corps tout entier, où l'électricité est probablement en partie transformée en chaleur. Si l'on applique un arc conducteur en deux places de la surface du corps, on obtient donc des courants qui sont ■alurellement très4rréguliers, car ils résultent d'autres courants BiMnbreux et de directions diverses. On ne peut les obtenir chez riiomme à cause de la résistance de la peau, mais bien chez la gre- ■ouille, par exemple, où leur existence était déjà connue (Nobili) avant celle du courant musculaire. (Hattcucci, Du Bois-Reymond).

On ne sait point si toutes les forces qui deviennent libres dans le nrascle en repos se manifestent conune électricité, ou s'il s'y forme de la chaleur, car on n'a pas encore recherché si le sang qui sort du niuscle est plus chaud que celui qui y entre. Dans le cas où il n'en serait pas ainsi, on devrait admettre que le muscle en repos n'est échauffé que par le sang et que les phénomènes d'oxydation qui se passent en lui ne servent qu'à foitner de rélectricitê. (Voy. plus bas.)

B. — Rigidité musculaire.

Si l'on empêche rafOux du sang dans un muscle, ou si on le détache complètement du corps, il passe à Tètat de rigidité cadavérique, après quelques minutes chez les animaux à sang chaud, bien plus tard chez les animaux à sang froid. Dans cet état il perd ses propriétés physiologiques, courant musculaire et excitabilité, devient plus court dans la direction de sa longueur, moins élastique, d'un blanc trouble, et sa réaction est complètement acide. (Du Bois-Reymond.) Examinés au microscope les tubes musculaires d'abord iransparenls paraissent troubles et opaques, et leur contenu d'abord liquide parait solide. (Kûhne.)

Le muscle passe à l'état de rigidité spontanée après une activité persistante; cet état est produit encore instantanément parla chaleur (à 40® pour les animaux à sang froid, de 48 à 50® pour les animaux à sang chaud) ; de même par l'eau distillée, par les acides, même les plus faibles, comme l'acide carbonique, et par beaucoup de substances chimiques différentes.

Même lorsque la circulation s*effectue encore dans le muscle, les derniers agents indiqués peuvent le rendre rigide ; mais il faut beaucoup plus de temps et leur intensité doit être bien plus grande ; la circulation s'oppose donc au développement de toute espèce de rigidité.

On pose en fait ordinairement que l'interruption de la circulation du sang occasionne la rigidité du muscle, en ce sens que Toxygène lui fait alors défaut; mais cette influence ne doit pas être la seule, car, dans le muscle coupé, la roideur (ou «essation d'excitabilité) n'est activée que ti^ès-peu, quoique sensiblement, si le muscle se trouve dans des gaz indifférents non oxygénés. (Uumboldt, Liebig.)

La rigidité provient essentiellement d'une coagulation par laquelle le contenu du muscle devient solide. (Brûcke, Kûhne.) Le corps coagulé, dont la séparation s'effectue instantanément à de hautes teni- ))ératures dans le plasma même du muscle, est une substance albumineuse, la myosine. D'après des expériences faites sur le plasma (L. Hermann), on doit admettre que le contenu du muscle formant d'abord un liquide épais, devient ensuite gélatineux, et que sa coagulation, comme celle de la fibrine dans le C/aillot du sang, se contracte et se solidifie ; alors seulement le muscle sc/accourcit, devient

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