LES TYPES RESPIRATOIRES
une enceinte, constituée par un léger gazomètre flottant, au moyen d'un tube trachéal communiquant avec sa cavité ; les mouvements d'élévation et d'abaissement du gazomètre sont recueillis et amplifiés par un levier inscrivant : aéropléthysmographe de Gad.
La cavité thoracique peut augmenter de capacité par contraction du diaphragme ou par élévation des côtes. Les deux mécanismes fonctionnent généralement à la fois; mais il peut y avoir prédominance de Tun d'eux. Tantôt l'inspiration se fait exclusivement, essentiellement ou principalement par contraction du diaphragme : c'est le type abdominal ; — tantôt l'inspiration se fait principalement par élévation des côtes : c'est le type costal. Chez le lapin, l'inspiration normale se fait suivant le type abdominal pur, l'inspiration forcée est à la fois costale et abdominale. Dans l'espèce humaine, la respiration normale est essentiellement abdominale chez l'homme, essentiellement costale chez la femme, pendant la veille ; — elle est abdominale, chez l'homme et chez la femme, pendant le sommeil naturel ou chloralique; la respiration forcée et dyspnéique est costoabdominale, avec prédominance du type costal, chez l'homme et chez la femme. On distingue quelquefois le type costal supérieur, qu'on observe chez la femme : il est caractérisé par l'élévation des côtes supérieures (▼raies côtes) et par l'immobilité presque complète des fausses côtes; — et le type costal inférieur, type exceptionnel, qu'on n'observe que chez quelques hommes et chez quelques enfants ; il est caractérisé par le soulèvement des fausses côtes et par l'immobilité presque complète des vraies côtes et du diaphragme.
Dans la respiration normale de l'homme, l'inspiration se produit très brusquement, se ralentissant très légèrement vers la fin ; l'expiration succède immédiatement i l'inspiration, sans pause inspiratoire ; — l'expiration débute brusquement et se termine de façon graduelle et prolongée, suivie d'une inspiraticm, sans véritable pause
284 LA VENTILATION PULMONAIRB
expiraloire. L'inspiration représente 1/3 et Texpin les 2/3 (dont 1/3 pour l'expiration nette et 1/3 | l'expiration finale) de la durée d'une respiration UH La fréquence des respirations varie suivant les e«pèi suivant l'âge, suivant les conditions physiologiques. G l'homme, il y a 45 respirations par min. à la naissan il y en a 25 à 5 ans ; 20 à 15 ans et iù après 25 ans, p dant la veille. Ces nombres diminuent de 1/4 enfû pendant le sommeil. On peut admettre qu'une respi tion correspond à 4 contractions cardiaques environ.
Fig. 10. — Graphique de la respiration chez rhomme.
nombre des respirations augmente sous l'influence à chaleur extérieure, du travail musculaire, etc.
Le rythme respiratoire normal est régulier : lesîn rations et les expirations se succèdent à interva réguliers et présentent une amplitude uniforme. 0 observé, chez l'homme, dans quelques cas pathologiq (certaines affections cérébrales et rénales), la respire périodique {phénomène de Cheyne-Stokes des clinicien il se produit des séries de respirations, alternant l des pauses respiratoires totales de 1 /2 à 3/4 de mini les respirations, d'abord peu amples, augmentent d*) plitude, se maintiennent quelque temps, dimini d'amplitude et cessent totalement. Cette respiral périodique s'observe dans l'empoisonnement pu muscarine, par la digitaline, par la morphine. Oi retrouve chez certains mammifères (le hérisson, p.
LA SPIBOMÉTRIE 285
pendant le sommeil hivernal. Elle se manifeste parfois, chez le lapin, après section anté-bulbaire du système nerveux (les nerfs vagues étant intacts), etc.
Selon Tamplitude de la respiration, une quantité d'air plus ou moins grande pénètre dans les poumons. On peut déterminer la quantité d'air inspiré et la quantité d'air expiré au moyen d*appareils appelés spiromètres. Ce sont essentiellement des réservoirs jaugés, flottant sur l'eau, dans lesquels on insuffle l'air d'expiration, ou d'où Ton aspire l'air d'inspiration.
On a eu intérêt parfois à distinguer les grandeurs suivantes : — VcUr respiratoire, quantité d'air inspiré dans une inspiration normale; — l'air complémentaire y quantité d'air qu'on peut inspirer, après une inspiration normale, par une inspiration forisée maxima ; — Vmr de réserve, quantité d'air qu'on peut expirer, après une expiration normale, par une expiration forcée maxima; — le résidu respiratoire, quantité d'air qui reste dans les poumons après une expiration forcée. Us 3 premières quantités : air respiratoire, air complémentaire et air de réserve, représentent la capacité vitale : quantité d'air qu'on peut inspirer, après une expiration forcée maxima, par une inspiration forcée maxima; ou, ce qui revient au même : quantité d'air qu'on peut expirer, après ffj une inspiration forcée maxima, par une expiration forcée maxima. L'air respiratoire, l'air complémentaire, l'air de réserve et leur somme, la capacité vitale, se déterminent au moyen des spiromètres. Pour déterminer le résidu respiratoire, on inspire, après une expira,tion forcée, un volume donné d'hydrogène, et on analyse l'air de l'expiration suivante (cette détermination ne donne d'ailleurs de bons résultats que chez les sujets respirant par une canule trachéale, car chez les sujets respirant normalement, une partie de l'hydro- Sine inspiré reste dans les premières voies, sans se mélanger m résidu respiratoire). Les premières voies respiratoires représentent, dans l'appareil de ventilation, un espace nuisible. On appelle coefficient de ventilation pulmonaire, le rapport du volume d'air inspiré à la somme des volumes de Pair de réserve et du résidu respiratoire. Pour ces différentes quantités, on a trouvé chez l'homme moyen les valeurs Suivantes :
ri •I
r Air respiratoire 500 ce.
Capacité vitale 3 700 ce. < Air complémontairo 1 600 ce.
[ Air de réserve 1 GOO ce.
Résidu respiratoire 1 800 ce. = environ 1/2 capacité vitale.
Coefficient de ventilation palmonaire 0,1
Des 500 ce. d'air respiratoire, 330 e.c. pénètrent dans lespoomons et 170 ce. restent dans les premières voies respiratoiits-
Chez l'homme, la fréquence respiratoire est diminuée et Tamplitude augmentée, sous Tinfluencede l'air raréfié, sous rinfluence des obstacles mécaniques à Texpaiifflon thoracique ou à la pénétration de Tair dans les poumons ; — la fréquence et Tamplitude sont augmentées, sous l'influence de la diminution de la surface respiratoire (épanchements alvéolaires ou pleuraux, pneumothorax), de l'appauvrissement exagéré de l'air en oxygène, ou de son enrichissement exagéré en acide carbonique (phénomènes dyspnéiques).
Tousser, éternuer, rire, faire un effort, bailler, soupirer, sangloter, pleurer, expectorer, se moucher, ronfler, se gargtriser, parler et chanter sont des phénomènes respiratoirei modifiés : il est inutile d'en présenter Tanalyse.