LE CENTRE RESPIRATOIRE
La ventilation pulmonaire est assurée par les mouvements réguliers et rythmiques de la cage thoracique, dont les dimensions sont alternativement augmentées et diminuées. Ces mouvements sont produits par la contraction de muscles qui sont différents suivant le type respiratoire (abdominal ou costal), qui sont plus on moins nombreux suivant l'amplitude respiratoire (normale ou forcée). Chez le lapin, type des animaux à respiration diaphragmatique, le diaphragme se contracte seul dans la respiration normale, les muscles thoraciques n'interviennent que dans la respiration forcée on
l LE CENTRE RESPIRATOIRE 287
^ dyspnéique. Chez le même animal, les mouvements res- * piratoires sont accompagnés de mouvements rythmés tjt de la face : les ailes du nez se soulevant et s'abaissant alternativement. Chez l'homme, type des animaux à respiration mixte (costale et abdominale), le. diaphragme Ijn et les muscles élévateurs des côtes interviennent dans ^ la respiration; — l'expiration normale est passive, mais I Texpiration forcée met en jeu un certain nombre de J muscles. Les différents muscles qui, en se contractant, 7 provoquent les mouvements d'inspiration et d'expiration, 5 ont une action coordonnée ; leurs contractions se projf duisent simultanément ou successivement, avec une intensité convenable. Dans l'inspiration normale de l'homme, interviennent le diaphragme innervé par le nerf phénique, les muscles surcostaux et intercostaux externes, innervés par les nerfs dorsaux ; — dans l'inspiration forcée, interviennent en outre les scalènes, innervés par des branches des plexus cervical et dorsal, Je sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze innervés par le spinal, etc. ; — les mouvements dyspnéiques de la face sont sous la dépendance du facial. L'harmonie de fonctionnement de ces différents muscles dépend de l'intervention d'un mécanisme nerveux central, avec lequel sont en rapport et par lequel sont coordonnés les muscles inspirateurs, et, dans le cas d'expiration active, les muscles expirateurs. Ce mécanisme nerveux constitue ce qu'on appelle le centre respiratoire.
Le lapin est l'animal de choix pour l'étude du centre respiratoire, parce qu'il présente une respiration diaphragmatique pure, accompagnée de mouvements respiratoires de la face. I^es expériences ci-dessous indiquées ont été faites sur cet animal.
L'intégrité anatomique et physiologique des nerfs qui innervent les muscles respiratoires est évidemment une condition nécessaire du fonctionnement régulier de la respiration; mais cette condition n'est pas suffisante : il faut que ces nerfs soient en relation avec le centre qui préside à l'ensemble des mouvements respiratoires.
Le centre respiratoire est-il limité et défini anaioniquement? ou ses éléments sont-ils disséminés, au milieu d'autres éléments nerveux, dans une grande étendue <1« l'axe nerveux?
Si on sectionne la moelle au-dessous des origines «il* phrénique, au niveau des dernières vertèbres cervicale* ou des premières dorsales, il ne se produit aucun troubla respiratoire appréciable : les mouvements du diaphiagns-^ et des muscles de la face, les seuls normaux chez lapin, sont conservés. — Si on sectionne la moelle aU-'' dessus des origines du phrénique, en un point quel — conque situé entre les origines du phrénique et celles du vague, les contractions du diaphragme sontsuppri' mées, les mouvements respiratoires de la face sont conservés, pendant la survie compatible avec rarrét de laa. respiration; ils sont même exagérés, comme dans la. dyspnée et Tasphyxie. Si on sectionne transversalement l'axe nerveux à un niveau quelconque en avant des origines du facial (section pédonculaire, ablation do. cervelet, des tubercules quadri jumeaux, etc.), les mou.— vements respiratoires sont conservés normaux ; — si la. section est faite en arrière des racines du facial, entre ses racines et celles du vague, les mouvements respira.— toires du diaphragme sont conservés; ceux de la face sont abolis. — H y a donc conservation des mouvements respiratoires normaux, tant que les muscles qui en sotkt, les facteurs conservent leurs relations normales aveo une région de l'axe nerveux située au niveau des origines du vague. Quand ces relations sont interrompue les contractions respiratoires de ces muscles, c\ dire les contractions adaptées au fonctionnement respiratoire régulier de la cage thoracique, sont abolies.
Quelques observations inléressantes ont été relevées chex rhomme. A la suite de lésions des vertèbres cervicales i nférieures ou dorsales supérieures, comprimant la moelle^ on a vu les mouvements respiratoires dus aux muscles surcostaux supprimés, la respiration diaphragmatique subsistant seule. — Dans un cas de blessure de la moelle cer\icale