LES PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DES HÉMATIES
sont par contre physioloeiquement équivalentes, car elles sont toutes adaptées à la fonction hémoglohinique. Le mot hématie n'a pas de valeur histologique ou embryologique ; c'est un terme physiologique désignant tous les éléments, quelle qu'en soit la nature et l'origine, qui, grâce à leur hémoglobine, sont fixateurs y condensateurs et convoyeurs d^ oxygène.
Toutefois les propriétés physiologiques des hématies diffèrent selon leur nature histologique et leur origine embryologique.
Les hématies primaires, véritables cellules, possèdent toutes les propriétés de la vie élémentaire : mouvements amiboïdes, nutrition et accroissement, production de l'hémoglobine qui les imprègne et qui n'existe pas dans le milieu ambiant, division caryocinétique. — Les hématies secondaires nucléées sont aussi des cellules, mais des cellules inaptes à remplir la totalité des fonctions de la vie élémentaire : les échanges matériels avec le milieu sont conservés; mais les mouvements amiboïdes et la division sont supprimés. — Les hématies secondaires anucléées, fragments de cellules, ont perdu la plupart des propriétés vitales : elles sont élastiques (propriété physique) mais non contractile (propriété vitale). Elles ne se divisent pas. Mais ce ne sont pas des éléments morts : pendant leur stade hématoblastique, elles augmentent de volume, élaborent l'hémoglobine, acquièrent leurs dimensions et leurs formes définitives ; pendant leur stade hématie, elles conservent une composition chimique différente de celle du milieu ambiant, elles retiennent fixée l'hémoglobine; elles sont le siège de phénomènes nutritifs nettement caractérisés.
Les hématies se détruisent : il disparaît des hématies dans le foie et dans la rate. Le foie fabrique les pigments biliaires : on démontre que ces pigments dérivent du |>igm('nt sanguin; comme le sang ne contient pas d'hémoglobine en solution et qu'on n'observe pas d'hématies «lécolorétîs, on est conduit à supposer (fu'il y a dans le foie destruction d'hématies dont l'hémoglobine se
transforme en pigment biliaire. Dans la pulpe splénique on voit des cellules, qui sont peut-être des leucocytes, contenant englobés dans leur protoplasma des fragments d'hématies; — la pulpe splénique, d'autre part, contient une quantité de fer double de celle que renferme le sang, comme si elle retenait, sous une forme d'ailleurs inconnue, le fer de l'hémoglobine des hématies détruites.
Les hématies sont chargées d'hémoglobine : ce pigment est fabriqué par l'hématie ou par sa génératrice. Les hématies primaires, d'abord incolores, prennent peu à peu la teinte rouge ; les héraatoblastes dérivent de lymphocytes incolores, qui peu à peu se teintent en rouge : les liquides ambiants sont parfaitement incolores. D'où provient cette hémoglobine? Nous n'avons à ce sujet que de vagues indications. On trouve dans le jaune de l'œuf de poule une nucléoalbuminoïde, V hématogène, résultant de l'union d'une alburainoïde et d'une nucléine ferrugineuse. L'hémoglobine étant ferrugineuse, on la considère comme dérivant de l'hématogène : mais on ne connaît pas l'évolution et les transformations chimiques subies par ce corps. Quant à l'origine de l'hémoglobine chez l'embryon de mammifère, on ne saurait émettre que des hypothèses absolument gratuites. On n'est pas mieux renseigné sur la matière première qui fournit l'hémoglobine chez les adultes. On suppose qu'une partie de l'hémoglobine des vieilles hématies disparaissant dans la rate peut servir à charger les nouvelles, soit que cette hémoglobine n'ait pas été altérée, soit que temporairement elle ait pris une forme d'attente, du reste inconnue. Ce sont là des hypothèses; mais même si elles étaient justifiées, il resterait à expliquer l'origine de l'hémoglobine qui remplace celle aux dépens de laquelle se forment les pigments biliaires. On suppose (fue Talimentation fournit à l'organisme des composés ferrugineux organiques comparables h Thématogène, et capables de se transformer comme lui en hém()gl(»bine. Ce sont là des hypothèses.