LA MÉTHODE DE PETTBNKOFER ET VOIT
qui sort de l'appareil : on en fait passer une petite portion lentement à travers les appareils absorbants, pour lui enlever totalement son eau et son ac. carbonique ; on rejette immédiatement le reste dans l'atmosphère. En connaissant les vol. d'air passant par l'une et par l'autre voie, on peut calculer la quantité totale d'eau et d'ac. carbonique entraînée hors de l'appareil, connaissant la quantité retenue par les tubes absorbants. Deux compteurs à gaz, placés sur les deux courants, indiquent ces volumes. Les courants gazeux sont déterminés par des appareils aspirateurs, réglés de façon que l'enceinte soit traversée par un courant d'air bien renouvelé, et que les tubes absorbants soient traversés par un courant assez lent pour que l'absorption soit totale. Pratiquement on fait passer \ vol. d'air par les tubes absorbants, pour 4000 vol. rejetés directement dans l'atmosphère. — Une analyse de l'air qui pénètre dans l'appareil permet de connaître la quantité d'eau qu'il contient; un compteur à gaz,*placé en avant de l'enceinte, permet de connaître la quantité totale d'air introduit; on peut dès lors calculer sans peine la quantité totale d'eau introduite.
Cette méthode est dite méthode de Pettenkofer et Voit, ou méthode des déterminations partielles. Elle permet de connaître les quantités d'ac. carbonique et d'eau exhalées par l'animal; mais elle ne donne aucun renseignement direct sur l'oxygène consommé : on ne peut connaître la quantité de celui-ci que d'une façon indirecte. Pendant l'expérience, l'animal a perdu de l'ac. carbonique, de l'eau, des urines, des matières fécales d'une part; il a ûxé de l'oxygène d'autre part. Son poids a diminué du poids total des excréta, et augmenté du poids de l'oxygène absorbé. On peut donc connaître le poids de cet oxygène (x) en déterminant le poids p, de l'animal avant l'expérience, son poids p-y après l'oxpérience et le poids total E des excréta (on pèse l'urine, On pèse les fèces, on connaît par les déterminations qu'on a faites l'ac. carbonique et l'eau). On a Té^Mlité :
Pi - n\ H- K — T d'où
x-px + K — Pi
A cotte méthode, on peu! adresser les reproches suivants. — L'acide carbonique et l'eau éliminés sont connus en multipliant par un nombre voisin de 4000 les résultats expérimentaux; les erreurs d'expérience sont multipliées par 4000. — Les mesures de gaz par les compteurs ne sont qu'approximatives. — L'oxygène est déterminé par une différence de nombres directement obtenus : les approximations des diverses pesées se font sentir nécessairement dans cette détermination indirecte, c'est la quantité d'oxygène consommé qui est connue le moins exactement: or c'est en général cette quantité qu'il y a intérêt à connaître le plus rigoureusement possible. — La méthode ne permet pas de résoudre les questions relatives aux échanges d'azote. — La méthode ne permet pas de faire varier la composition ou la pression de l'air de l'enceinte. — Enfln, comme on a opéré en général dans de véritables chambres, contenant des objets plus ou moins hygroscopiques, et sur des individus couverts de vôtements plus ou moins hygroscopiques, les déterminations de la quantité d'eau éliminée (et par suite de l'oxygène absorbé) sont loin d'être rigoureuses.
En résumé, la méthode des déterminations partielles est loin d'avoir la valeur scientifique de la méthode des déterminations totales ; elle a permis toutefois d'obtenir des résultats importants, qu'il eût été difficile d'obtenir avec cette dernière méthode, en particulier en ce qui concerne l'influence de l'alimentation, du travail musculaire, etc.
Signalons encore une méthode due à Hanriot et Richet On fait passer de Pair saturé d'humidité dans un compteur à gaz n" i, dans une enceinte respiratoire, dans un compteur n" 2, <]ans des tubes absorbants à potasse, dans un compteur n*» 3. Soient V,, \\ et Va les volumes indiqués par les 3 compteurs. \\ est le vol. d'air, saturé d*humidité, qui t pénétré dans l'enceinte respiratoire. Vj est égal à Vi moins l'oxygène consommé dans l'enceinte respiratoire, plus Tac. carbonique produit dans celte enceinte, ces gaz étant considérés saturés d'humidité