‹ Eléments de physiologieChapitre 147 sur 379 · L'ORIGINE DES GRAISSES DE L'ORGANISME · texte numérisé non relu

L'ORIGINE DES GRAISSES DE L'ORGANISME

Sommaire. — Les graisses do Torganismo pouvont-ellos provenir des graisses alimentaires? des hydrocarbones alimentaires? des protéiquos alimentaires? Expériences, critique et conclasions.

Les graisses de Vorganisme peuvent-elles 'provenir des graisses alimentaires?

On a cherché à résoudre cette question, en ajoutant, pendant un certain temps, à Talimentation d'un animal une matière grasse, qui ne so trouve pas normalement dans son organisme, et en recherchant sa présence dans les tissus à la fin de l'expérience.

A un chien (en partie dégraissé par un jeûne de 30 jours), on fait ingérer en 17 jours 5250 gr. de viande el 2260 gr. d*huilc de navette qui contient un acide particulier Vacide érucasique C^sH^^O^. On ne retrouve dans les tissus que des traces de cet acide.

A un chien, amaigri par le jeûne, on donne en 30 jours 4500 gr. de pain, 18 000 gr. de viande, 3300 gr. de graisses ordinaires et 1100 gr. de blanc de baleine {palmitate de céthyle). On recueille, dans les excréta, 750 gr. de substances soiubles dans Téther, qui peuvent être de la graisse ordinaire ou du blanc de baleine; en supposant, ce qui est sans doute exagéré, que ce soit uniquement du blanc de baleine, 350 gr. de ce dernier ont été sûrement absorbés. On ne retrouve dans les tissus que des traces de palmitate de cêthvle.

A 2 jeunes chiens, nourris pendant 2 mois de viande maigre, pesant respectivement 7300 gr. et 4250 gr., on donne, pendant 3 semaines, de la viande à discrétion et 300 gr. de tributijrine. Les animaux sacrifiés pèsent respectivement 9120 gr. et

364 L*0RIOINE DES GRAISSES DE L'OROANtSMB

5450 gr.; on en retire respectivement 386 gr. et 290 gr.de matières grasses, dans lesquelles on reconnaît la préseofie 'le petites quantités de tribu tyrine (ces quantités, exprimée en butyratc de baryum, sont respectivement S'^'jSi et H^^U).

Ces expériences établissent que l'organisme retient seulement des traces de graisses étrangères. Elles ne peuvent servir à nous éclairer sur la question posée.

La graisse des animaux d'une môme espèce est un mélange à proportions sensiblement constantes de trioléine, de tripalmitine et de tristéarine; elle présente un point de fusion sensiblement constant. La graisse d'animaux d'espèces différentes est formée de proportions do trioléine, de tripalmitine et de tristéarine qui pcnvont être très différentes; elle peut présenter un point de fusion très différent, selon qu'elle appartient à telle ou Italie espèce. Si on donne à un animal, amaigri par le Jeûne, une alimentation contenant en abondance une gi'aisse très différente de la sienne, on constate que U graisse déposée dans les tissus, sans être identique à la graisse ingérée, s'en rapproche notablement. C'est là une indication précieuse, qui rend la fixation des graisses alimentaires dans les tissus assez vraisemblable; car il serait étrange que la graisse ingérée produisît précisément la transformation d'albumines ou d'hydrocarbones en cette même espèce de graisse, qui pourrait se fixer dans les tissus, alors qu'elle-même ne s'y fixerait pas. Sans doute la graisse fixée n'est pas identique à h graisse ingérée ; mais cela peut se comprendre, si Ton admet que la graisse fixée provient pour une part de la transformation de protéiques ou d'hydrocarbones.

Deux jeunes chiens sont amaigris par un jeûne de 30 jours, ils ont perdu 40 p. 100 de leur poids. On leur fait ingérer de la viande maigre, et respectivement de Thuile de lin ou du suif de mouton. Quand les animaux ont repris leur poids ï>riniitif, on les sacrifie et on détermine le point de fusion de leur graisse. La graisse du chien à huile fond à 0*, celle du chien à suif fond à .-iO", celle d'un chien à nourriture no^ maie fond à 20".

Page 1