‹ Eléments de physiologieChapitre 149 sur 379 · OB · texte numérisé non relu

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GRAISSE

de nouvelle foruiatiui).

Une partie de ces graisses néoforrnées peut provenir, il est vrai, du sucre du sang défibriné; mais, d'une part, il y a glycolyse, au moins partielle, dans le sang défibriné, et n'y eût-il pas eu glycolyse, la quantité de sucre contenue dans 50 à CO gr. de sang n'est pas assez grande, pour rendre compte de la formation de 0«%1254 à O^^lSSô de graisses : le sang contient environ 1,5 p. 1000 de sucre ; 60 gr. de sang en contiennent 0*''',0900; en considérant les formules du sucre et de la graisse, on peut établir que 1 gr. de sucre ne peut donner plus de O'f'jSS de graisse (en effet la quantité de carbone contenue dans 0'^%d8 de graisse est égale à la quantité contenue dans 1 gr. de sucre); donc le sucre de 60 gr. de sang, en supposant qu'il n'y ait pas eu glycolyse, ce qui est inexact, n*aurait pu fournir plus de 0*f',0o22 de graisse. Une partie de la graisse trouvée provient donc des protéiques du sang.

On a prétendu que, pendant le développement des larves, le sang se putréfiant, ce sont les microbes de la putréfaction qui font cette transformation des protéiques en graisses, et non les larves elles-mêmes. La chose est possible : on a établi que, pendant la maturation du fromage, une partie des protéiques se transforme en graisses par l'action des microbes du fromage. Peu importe que la transformation soit faite par les larves, ou par des microbes; nous ne retenons que le fait de la transformation. Il est toutefois évident que l'on ne saurait conclure de là que les animaux supérieurs possèdent la propriété de faire des graisses avec des protéiques.

On a cherché à démon ticr la transformation do protéiques en graisses, chez les vertébrés, dans le cas cl'mtoxicatioH phosphorée. Un chien, à Jeun depuis 12 jours (son élimination azotée s'est lixée à une valeur cons-

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tante) , reçoit en injections sous-cutanées, pendant 5 jours, une petite quantité d'huile phosphorée; il meurt le 6® jour. Sous l'inlluence du phosphore injecté, Télimination azotée a immédiatement doublé et triplé; la consommation d'oxygène et la production d'acide carbonique ont diminué de moitié. A l'autopsie, on constate une infiltration graisseuse du foie, des muscles, du cœur; les muscles contiennent 42, 4 p. 100 (p. iOO de l'organe pesé sec) de graisses, au lieu de 16,7 p. 100 qu'on trouve chez le chien normal ; le cœur en contient 20,4 p. 100, au lieu de 9,2 p. 100; le foie 30,0 p. 100, au lieu de 10,4 p. 100. On ne saurait admettre que cette graisse se soit formée aux dépens des hydrocarbones, car ceux-ci sont trop peu abondants dans Torganisme, pour fournir de telles proportions de graisses. Donc ces graisses dérivent des protéiques. Cette conclusion s'accorde d'ailleurs avec l'augmentation de Télimination azotée, constatée pendant l'intoxication phosphorée.

Cette conclusion toutefois est passible d*objectlons. Si on avait déterminé Paugmentation absolue de la graisse de^o^ ganismc entier, la conclusion s'imposerait; mais on n'adéle^ miné que le tant p. 100 de certains organes. Ne pourrait-on supposer (|uc la graiss<', qui s'est nccuniulée dans le foie; et dans les muscles, j>rovi(*nt d'un Iransporl de la graisse souscutanée V Sans doute, l'animal ayant jeûné douze jours, a perdu une forte proportion de graisse, mais on sait qu'il est loin d'être totalement dégraissé; la disparition presque totale de la graisse ne s'observant pas avant le 35» jour du jeûne. Ne pourrait-on supposer encore que, sous rinfluence do phosphore, l'organisme perdrait la propriété de consommer ses graisses, pour ne plus utiliser que ses protéiques (celte liypolln'se s'a<(*ordant av(^c l'augmentation de rélimiuation azoti'c et la «limiuiilion de l'élimiiiation carbonée); dès lors l«*s organes paraltraii'ut s'enrichir en graisses, non pas pair»* (pK^ de la graiss»; s\\ ae(!umulerait, mais parce (juc leurs composants non gras y disparaîtraient seuls. Sans doute, on a peine à eomprendre (pie l'augmentation apparente de la graisse puisse être aussi considérable que celle observée, mais il ne faut pas oublier que peut-être Tanimal no fit

l'empoisonnement phosphore

qu'aux dépens de ses protéiques et en fait une abondante consommation. La conclusion que nous avions tirée de l'expérience se trouve dès lors, sinon absolument renversée, du moins assez ébranlée, pour nécessiter de nouvelles recherches. On a cherché à faire une démonstration plus solide, sur la grenouille. On a pris 3 lots de grenouilles comprenant chacun 6 grenouilles. — Un lot c reçoit en injection souscutanée une petite quantité d'huile phosphorée; il est sacrifié au bout de 3 jours. Le Iota est sacrifié au moment où Ton a pratiqué l'injection phosphorée au lot c; le lot b est sacrifié en même temps que le lot c; pendant les 3 jours de survie les lots b et c n'ont pas reçu d'aliments. On détermine l'extrait éthéré des 3 lots : on obtient les résultats suivants.

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