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SUCRE URINAIRE EN 24 HEURES

i* sujet.

II. Les mêmes constatations peuvent être faites, et les mêmes conclusions peuvent être tirées, chez le chien diabétique par ablation du pancréas. Un tel chien, pesant 8 kg., nourri de viande maigre, élimine environ 75 gr. de sucre par jour, pendant les 40 jours de survie qu'il présente, soit en totalité 3 kg. de sucre. Ces 3 kg. de sucre ne sauraient provenir de la graisse préexistant dans l'organisme, car la quantité n'en est pas suffisante, d'autant plus qu'au moment de la mort, la graisse n'a pas complètement disparu (certains organes môme en contiennent en abondance : le foie en contient de 30 à 40 p. 100 de son poids).

III. Si on fait ingérer à un animal, ou si on lui injecte sous la peau 1 gr. de phlorhizine ou de phlorétine ' par kg. d'animal, on provoque la glycosurie. La glycose éliminée ne saurait provenir de la phlorhizine ou de la phlorétine introduites dans l'organisme, car sa quantité est plus grande; — d'ailleurs, au moins dans le cas où le glycoside est injecté dans les veines, on le retrouve en totalité, non modifié, dans les urines.

A un chien, débarrassé de glycogène par un jeûne de 3 semaines, on fait ingérer 12 gr. de phlorhizine; on trouve 40 gr. de sucre urinaire.

De 2 chiens A et B semblables, nourris de semblable

1. Ia phlorhizine est un glycosido résultant do l'union do la glycoso et do la phlorétine (cette dernière est dédoublable en phloroglucine et mcide phlorétÏDiqno).

400 LB GLYCOQÈNË ET LA GLYCOOÉNÈSB

façon, pendant plusieurs jours, Tun A est sacrifié, elle glycogène de son organisme est dosé ; l'autre B, maintenu au jeûne, pendant 12 jours, reçoit chaque jour en injection sous-cutanée de la phlorhizine (92 gr. en tout); le sucre urinaire est dosé ; Tanimal est sacrifié et le glycogène de son organisme est dosé. Voici les résultats:

Glycogèno du chion A 100«»'

Glycogène consommé par B T5

Ayant pu donner do la glycoso 83^,33

Sucre urlnairo 2W

Quantité du sucre éliminé provenant cortainoment d'une origine non hydrocarbonée 209 ,67

Ces expériences établissent que du sucre s'est formé aux dépens de proie iques ou de graisses, sans qu'il soit possible de choisir entre les deux origines; — les expériences suivantes établissent que du sucre se forme aux dépens des proléiques.

On peut faire disparaître la totalité des graisses de rorganisme (ou à très peu près), en soumettant on chien, préalablement nourri de viande maigre, à un jeûne de 30 à 35 jours, et reconnaître le dégraissage complet par l'augmentation subite de réiiminalion azotée. On ne peut faire disparaître la totalité des graisses par un jeûne prolongé, quand le chien était très gras au début du jeûne, ayant été préalablement nourri avec des aliments riches en hydrocarbones. — Considérons 2 chiens de même poids, Tun peu gra», l'autre fort gras, et soumettons-les au jeûne. Au 3(Kjoar, l'élimination azotée augmente brusquement pour le premier : il est dégraissé; au 32° jour, on donne aux 2 chious, (»n injection sous-cutanée, 1«'',5 de phlorliixint;; ils éliiriiuent Tun et l'autre en 2 jours environ, 2') ^v. (l(! sucre, (ilicz le premier, ce sucre provient des proléiques, puiscjue les graisses n'existent qu'à Tétat de traces; d'ailleurs, si le sucre provenait des graisses en nu'^me temps que des proléiques, ne devrait^on pas en

l'origine protéique du sucre 401

trouver plus, chez le second chien, qui possède encore

des graisses, que chez le premier qui n'en possède pas?

Enfin on démontre que, chez un chien soumis à un

jeûne minimum de 3 semaines, ne contenant plus de

glycogène, le rapport entre les quantités d'azote et de

sucre éliminées par les urines, sous l'influence de la

phlorhizine, est constant : il est égal à 0,20 (0,19 à 0,21).

La quantité du sucre éliminé dans ces conditions est

proportionnelle à la quantité des protéiques détruites.

Donc, V organisme peut faire du sucre aux dépens des protéiques,

La transformation des protéiques en sucre se fait- elle dans le foie ou dans un autre organe? Il est impossible de répondre actuellement à cette question. En effet, si, d'une part, le foie extrait de Torganisme transforme uniquement son glycogène en sucre, ce qui tendrait à établir qu'il ne transforme pas de protéiques on sucre, — d'autre part, le sucre diminue rapidement dans le sang d'un animal (grenouille, oiseau ou mammifère) dont le foie a été enlevé, ou dont la circulation hépatique a été supprimée, ce qui tendrait à établir que c'est le foie qui transforme les protéiques en sucre. La question n'est pas résolue.

Vorganisme peut-il faire du sucre aux dépens des graisses? On a cherché h démontrer cette transformation par diverses expériences, dont aucune n'est démonstrative.

i** Les graines oléagineuses contiennent des réserves abondantes de graisses et peu ou pas d'hydrocarboncs. Si on fait germer ces graines, à l'obscurité (pour éviter toute formation directe d'hydrocarboncs, aux dépens de l'ac. carbonique atmosphérique), il se produit de l'amidon et du sucre, en même temps que les graisses diminuent. Si l'expérience a été faite dans une enceinte close, dont on peut analyser les gaz, avant et après la germination, on constate une consommation d'oxygène. On en a conclu que les hydrocarbones formés proviennent d'une oxydation ménagée des graisses. Cette conclusion est au moins prématurée, car rien ne prouve qu'ils ne proviennent pas des protéiques de la graine.

402 LE GLYCOOÈNE ET LA OLYCOaÉNÈSE

2*^ On extrait le foie d'un chien; on le hache, on le mélange avec du sang défibriné et on en fait 2 parts; Tune, conservée telle ; Tautre, additionnée d'une émulsion grasse; on les maintient l'une et l'autre à 40*», pendant 6 heures, en les faisant traverser par un courant d'air, et on dose le sucre qu'elles contiennent. On a trouvé, au moins parfois, un excès de sucre dans le mélange contenant la graisse; et on en a conclu que le sucre provient pour une part de la graisse. Cette conclusion eU inexacte^ car si on dose à la fois le sucre et le glycogène des mélanges, on constat; (|ue, dans l'un comme dans Tautre, la (quantité de sucre produite correspond à la quantité de glycogène disparue. — L'excès de sucre observé, en supposant qu'il ne corresponde pas à une erreur d'analyse, tient donc simplement à ce que les conditions de la transformation du glycogène en glycose étaient plus favorables dans le mélange gras.

3^ Si on nourrit un chien de 10 kg., pendant plusieun jours, fivec 250 gr. de graisse et 50 gr. de viande, on constate une élimination journalière de 15 gr. d'aiote, correspondant à 95 gr. environ de protéiques. Si la quantité du sucre produit journellement est supérieure à celle qui peut i)rovenir de 95 gr. de protéiques, c'est qu'une partie provient des graisses (car les réserves hydrocarbonées de l'organisme ne tardent pas à s'épuiser). Pour connaître la quantité de sucre produite en 24 heures, on a cherché à déterminer la quantité de sang qui traverse le foie et l'enrichissement en sucre de ce sang, pendant son passage à travers le foie. On a admis que 2(K) litres de sang, au minimum, traversent le foie, et ({ue <:lia(]ue litre de sang enlève 1 gr.de sucre au foi«î, de sorte que le foie céderait 200 gr. de sucre au sang en 2i hcîurcs. Or 95 gr. de protéiques détraites ne sauraient donner 200 gr. de sucre. Pendant le premier jour, l'excès de; sucre peut provenir des hydrocarbones de l'organisme (qui n'en renferme pas plus de 100 gr.j, mais ensuite, il provient des graisses alimentaires. (ktlc conclusion est inacceptable. Si, en effet, il est

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