LES GRAISSES ET LE SUCRE
possible que 200 litres de sang traversent le foie en 24 heures, il est certain que chaque litre ne prend pas i gr. de sucre : les analyses comparées du sucre dans les sangs porte et sus-hépatique, faites par de bonnes méthodes, établissent que chaque litre de sang ne prend pas plus de 14 cgr. de sucre au foie; les 200 litres en prennent donc au maximum 28 gr. et non pas 200 gr. Or 28 gr. de sucre peuvent provenir de 95 gr. de protéiques. 4® La marmotte, après un sommeil hivernal prolongé, pendant lequel elle ne prend pas de nourriture, possède du glycogène, en quantité notable, dans son foie et dans ses muscles. — Après 80 jours de sommeil hivernal, on en a trouvé 2,20 p. 100 dans le foie et 0,37 p. 100 dans les muscles; — après 165 jours de sommeil, on en a trouvé 1,10 p. 100 dans le foie. Or, pendant le sommeil hivernal, la marmotte maigrit; on est donc conduit à penser qu'une partie au moins de cette graisse disparue a pu se transformer en glycogène, et cette hypothèse est appuyée par la constatation souvent faite de valeurs inférieures à 0,70, pouvant atteindre 0,59, pour le quotient respiratoire (une partie de l'oxygène consommé se fixerait sur les graisses pour donner du glycogène). Cette conclusion est au moins prématurée et probablement inexacte. En effet, la quantité du glycogène trouvé dans les tissus de la marmotte n'a rien qui doive trop surprendre, car les échanges matériels de la marmotte endormie étant de 30 à 40 fois moindres que ceux de la marmotte éveillée (ainsi qu'il résulte de la détermination de l'oxygène consommé et de l'acide carbonique produit), l'animal se trouve, aprrs 80 jours de sommeil, dans les mêmes conditions qu'après 2 jours de veille ; or le glycogène ne disparaît pas après un jeûne de 2 jours. Le glycogène trouvé peut ôtro un reste du glycogène préexistant. Si même on admet que du glycogène se soit formé, rien ne prouve qu'il se soit formé aux dépens des graisses : pendant le sommeil hivernal, la marmotte émet à plusieurs reprises des urines riches en urée ; les protéiques détruites ont pu fournir du glycogène. Sans
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douto, on a signalé Tabaissemenl anormal du quotient respiratoire; mais de 2 choses Tune : ou cet abaissement est constant, ou il est transitoire; s'il est transitoire, il perd toute signification ; s'il est constant, et s'il correspond à une transformation de graisses en glycogëne, od devrait trouver un enrichissement des tissus, et notimment du foie, en glycogène, ce qui n'est pas le cas, car 2,2 p. 100 est un nombre faible, pour un herbivore. Les observations faites sur la marmotte ne démontrent pas la transformation de graisses en glycogène.
5<> Le quotient respiratoire, pendant le travail, chei un animal gorgé d'hydrocarbones, a une valeur voisine de Tunité au début, et diminue progressivement, à mesure que se prolonge le travail. Cet abaissement tient à ce que des substances, autres que les hydrocarbones, sont utilisées; or on sait que, pour un travail modéré, chez un sujet abondamment nourri, les protéiques ne sont pas utilisées pour Taccomplissement du travail, ce sont donc les graisses. Si on admet que le travail ne peut emprunter son potentiel énergétique qu'aux hydrocarbones et non aux graisses, c'est donc que de l'oxygène a été fixé par les graisses, se transformant- en hydroca^ bones, pour en renouveler la provision. Mais il n'est nullement démontré que le travail musculaire ne pent se faire qu'aux dépens des hydrocarbones; — l'abaissement du quotient respiratoire s'explique par la combustion simultanée des hydrocarbones et des graisses, tout au moins pour toute valeur du quotient respiratoire supérieure à 0,70 (quotient respiratoire des graisses).
6» On a constaté, au moins une fois, chei l'homme au repos, après accomplissement d'un travail muacalaire énergique, et absorption d'une forte proportion de graisse, ({ue le quotient respiratoire était tombé à 0,666. On en a conclu que les graisses ingérées fixaient de l'oxygène, pour se transformer en glycogène et réparer la réserve d'hydrocarbones, entamée par le travail. Cette conclusion est au moins jnématurée. Car il faudrait démontrer que l'oxygène retenu na peut piw l'être autre-