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LA CHALEUR ANIMALE ET LE SYSTÈME NERVEUX

Dans l'exemple précédemment cité (p. 441), sur 2300 cal. dégagées au repos, les muscles produiraient 920 cal. (40 p. 100); et, pendant le travail, ils en produiraient 1330 4- 920 ou 2250 sur 3630, soit 62 p. 100.

Le système nerveux produit-il de la chaleur en lui-même par son fonctionnement? A prioin, on peut répondre oui : tout organe qui fonctionne est le siège de combustions, et par suite libère de l'énergie, dont une partie apparaît sous forme de chaleur; rien ne permet de supposer qu'il n'en soit pas pour les tissus nerveux, comme pour les autres tissus. Mais cette quantité de chaleur produite est-eile importante, estelle môme appréciable? Toute la question est là.

En appliquant des aiguilles thermo-électriques, sensibles au millième de degré, sur des nerfs, on n'a constaté aucun phénomène thermique, à la suite de leur excitation électrique.

En appliquant sur la substance cérébrale, ou dans sa profondeur, soit des aiguilles thermo-électriques, soit des thermomètres extrêmement sensibles, on a pu constater une légère augmentation (quelques millièmes de degré) de température, à la suite de l'excitation énergique de la substance cérébrale ou de nerfs centripètes, et cela, dans des conditions où l'on ne pouvait rapporter cette élévation de température à une augmentation de l'afflux sanguin (c'est le cas lorsque la température cérébrale surpasse la température du sang aortique, ou lorsque la circulation cérébrale est suspendue).

Le système nerveux produit donc de la chaleur, mais les phénomènes thermiques qui se passent dans le système nerveux sont inflniment petits, et n'interviennent pas de façon appréciable dans la calorification générale.

Le système nerveux joue, dans la calorification, un rôle indirect important, par son action sur les muscles et sur les glandes. Dans toute contraction musculaire, il y a un élément nerveux; dans toute tonicité musculaire, il y a un élément nerveux; dans toute sécrétion glandulaire, il y a un élément nerveux. Donc le système nerveux intervient indirect(îment dans la production de chaleur, due à la contraction et à la tonicité musculaire, due à la sécrétion glandulaire. Nous ne prétendons pas d'ailleurs que tout phénomène calorifique ait comme cause première un phénomène nerveux : nous

avons établi que le muscle énervé constitue encore une source de chaleur; mnis nous voyons que tout phénonione calorifi(iuc succédant à un phénomème physioloi,'ique déterminé par une action nerveuse, a sa cause première dans le système nerveux. A ce titre, les nerfs moteurs et glandulaires peuvent ôtre appelés nerfs ealorifiqucs : ils le sont médiatement, par suite de la mise en jeu par le système nerveux de la propriété spécifique de l'organe considéré.

Los nerfs peuvent-ils provoquer dans les tissus des phénomènes calorifiques, indépendants de la contraction et de la sécrétion? Nous n'avons aucune indication à co sujet. — Les nerfs peuvent-ils agir sur les tissus pour y activer, en dehors de tout fonctionnement spécifique, les oxydations et y produire de la chaleur? Nous n'avons aucune indication à ce sujet. Mais si nous admettons, ce qui est au moins vraisemblable, que plus est grand l'afflux de sang dans un organe, plus les combustions y sont actives; si nous admettons que plus la ventilation pulmonaire et l'hématose sont parfaites, l)lus les couibustions sont actives; nous retrouvons l'inllncnce du système nerveux dans la caloriii cation, par ses actions vaso-motrices, respiratoires, etc.

L'organisme fabrique constamment de la chaleur; il en perd constamment; la perte égale la production : la température reste constante. Cette perte de chaleur se fait à la périphérie, au niveau de la peau et des poumons.

A la surface cutanée, la chaleur se perd de 2 façons: une i)artie est i'ay(>nnée, une partie est omptoviV à vapui'iser l'eau (|ui s'élimine par la perspiration cutanée. Dans les voies respiratoires, la chaleur se perd de 2 farniis : une partie s(;rt à échauffer l'air inspiré (on peut la considérer comme rayonnée), une partie t'sl enijiloyée à vaporis(M' l'eau qui s'élimine avec Tair expiré.

La quantité de chaleur (îmployée à la vaporisation de

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