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L'ACIDE URIQUE

Vacide urique existe dans Turine des mammifères sous forme d'urates acides. Sa quantité varie avec la nature et l'abondance de la ration alimentaire : elle est plus petite dans ralimentation végétale, plus grande dans ralimentation carnée, et d*autant plus grande que la ration est 'plus abondante. On a trouvé, p. ex., dans l'urine des 24 heures, ches un homme :

Avec une alimentation purement végétale 0»',478

— mixte 0 ,650

— parement carnée G ,%1

— carnée excessive 1 ,950

L'ac, urique urinaire présente une augmentation remarquable dans les 2 cas suivants, chez l'homme : i^ à la suite de ïingestion de thymus (500 gr.), on a vu l'élimination urique passer de 08^80 h 18',68; à la suite de ïingestion de 10 gr. d'une nucléiney extraite du tissu aplénique, on a vu l'élimination urique passer de O^^SO ù l^'jSS ; — 2° dans la leucocythémie, l'ac. urique urinaire est d'ordinaire considérablement augmenté ; on a trouvé, chez des leucocythémiques, 4*^'',20 et même58'',y5 d'ac, urique (ou plus exactement 48»', 50 d'ac. urique et 18^,45 d'urate d'ammoniaque) en 24 heures. — Un leucocythémique et un homme sain, recevant une même alimentation, ont éliminé en 24 h. : le premier 1«'',29, le second 0B'*,6r) d'ac. urique.

Actuellement, l'étude de l'origine de l'ac. urique doit se faire séparément, chez les mammifères, et chez les oiseaux.

On a demandé à la chimie des indications sur l'origine probable, ou possible de l'ac. urique, produit dans la désintégration protéique.

Les chimistes ont établi des relations entre l'ac. uriqne et le groupe des corps connus sous le nom de hoêes xanthiques ou bases alloxuriques (adénine, hypoxan-

526 LES PRODUITS DE DÉ&ASSIMUATiaH ÛE& PRÛTÉIQUK^

thine, xanthine, guanîne, etc.). Les bases xanthîq'

traitées par Tac. chlorhydrique fumant, donnent^ de raramoniaque, du glycocolle, de Tac. carbonique e"fc- de Tac. formique; l'ac. urique, traité par l'acide chloMT—hydrique fumant, donne de l'ammoniaque, du glycocs^ olle et de l'ac. carbonique, c'est-à-dire les mêmes proA^ iiils que les bases xanthiques, moins Tac. formique. — D'autre part, sous l'action des agents oxydants, les b- .^ses xanthiques et l'ac. uHque fournissent les mêmes prodH. nits d'oxydation. Or on a pu, in vitro y obtenir des bases ^Hcanthiques , en partant des nucléo-albuminoîdes , et en passant par les stades intermédiaires de nucléine ^ et. d'acides nucléiques. Donc on doit se demander si J 'ac. urique ne provient pas de la désintégration des nue léoalbuminoïdes dans l'organisme.

Cette hypothèse se trouve appuyée par l'augmentation de l'élimination urique, à la suite de l'ingestion de thymus (corps riche en nucléo-albuminoîdes), ou de nucléines, que nous venons de signaler. — Pendant t le jeûne, l'élimination urique n'est pas supprimée; elle est seulement réduite; de sorte qu'on est conduite admettre que Tac. urique de l'urine provient : pour -tane part, de la désintégration des nncléo-albuminor^cî^ ingérées, et, pour une autre part, de la désintégrât! o'd des nucléo-albuminoîdes des tissus : il y aurait, peut^ — ^"^ dire, production exogène et production endogène d* ^^' urique.

Exemple, — Elimination urinaire d'ac. urique, c-^^^ rhomme, pendant 2 heures :

Ac. urique^

Homme à jeun depuis 24 heures 0c,0468

Ingestion de 5fr,50 de nucléinc en suspension dans l'eau.

Élimination pendant les 2 heures suivant ringestion. 0 ,0469

— les 2 heures suivantes 0 ,0647

' ' de

On a établi une relation remarquable entre la grandeur

rélimination d'ac. urique par les urines et le nombre d^^*^

leucocytes du sang. Ainsi, dans la leucocythémie, le nom**^^^'^®

LKS PURINES 527

<les leucocytes et la quantité de Tac. urique urinaire sont

a.uginentés; il y a plus : dans cette maladie, le nombre des

leucocytes et la quantité de Tac. urique urinaire présentent

des variations parallèles. — A la suite d'un repas de viande,

et même (mais à un degré moindre) èi la suite d'un repas

c^uelconque, le nombre des leucocytes augmente, en général,

€lans le sang ; l'élimination urique augmente dans les heures

c]ui suivent le repas de viande et même (mais à un degré

Tnoindre) le repas quelconque. Tous les hommes ne présen-

t.ent pas au même degré cette hypcrieucémic post-alimentaire

(pour un même repas); Télimination post-alimentaire d'ac.

urique varie suivant les sujets : elle est d'autant plus grande

<]u'îl9 présentent une hyperleucémie plus considérable. — A

la suite d'injection de tuberculine, il se produit, suivant les

sujets, soit une réaction accompagnée d'hyperleucocytose,

soit aucune réaction et aucune hyperleucocytose. L'ac.

urique urinaire augmente, chez les sujets qui ont présenté

«ne réaction ; il n'augmente pas, chez les autres. — Enfin

certaines substances, telles que la pilocarpine et l'antipyrine,

produisent une hyperleucocytose; tandis que d'autres, telles

que la quinine et l'atropine, produisent une hypoleucocytose :

la quantité d'ac. urique urinaire augmente sous l'influence

des premières; elle diminue sous l'influence des secondes.

Certains auteurs ont conclu de ces faits que l'ac. urique provient exclusivement, et dans tous les cas, de la destruction des leucocytes, lis admettent que la destruction leucocytaire doit être d'autant plus grande que le nombre des leucocytes contenus dans le sang est plus grand (c'est là, avouons-le, une hypothèse purement gratuite); et, puisque l'élimination urique urinaire augmente avec le nombre des leucocytes du sang, ils admettent que l'ac. urique provient exclusivement des leucocytes (c'est là, avouons-le, une conclusion prématurée). Nous nous garderons de tirer des faits signalés aucune conclusion, jusqu'à ce que des faits nouveaux permettent de le faire d'une façon précise.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que de l'ac. urique et des urates; il eût, sans doute, mieux valu réunir dans une même étude, l'ac. urique et les bases xanthiques ou alloxuriques, formant le groupe des corps alloxuriques (les corps alloxuriques, comprennent les bases alloxuriques et l'ac. urique) ou purines.

528 LES PRODUITS DE DÉSASSIMILATLON DES PROTÉIQUES

Les chimistes ont imaginé l'existence d'uoe substancjo théorique, la purine, dont les corps alloxuriques seraten t. les dérivés prochains, comme l'indique le tableau suivant :

Adénino = Aminopurine.

Hypoxautliiue... — Oxypurine.

Xanthino = Dioxypurine.

Gruaaine = Aininooxypu-

rine.

Caféine = Triméthyldi-

oxj-purine.

TbéophyUioe . . . = Dimétiiyldi.

oxypuhjae .

Id.

Id.

: Méthyldiox^'p urine.

Acide urique. . . . = Trioxyparine.

Tliéobromîne....

Paraxanthine . . .

HétéroxanthiDe..

Tous ces corps présentent, au point de vue physiologique, des rapports intéressants. — Dans Turine de l'homme et des animaux domestiques, on trouve toujours, à côté de Tac. urique, des bases xanthiques : dans Turine des 24 heures, chez Thomme normal, on en trouve de O^'^fiS à 0k»',13, soit environ une quantité égale à 4/10*' de la quantité d'ac. urique. — Dans Furine des leucocy thémiques, les bases xanthiques sont augmentées, comme Tac. urique ; toutefois il convient de noter que les oscillations de la quantité d'ac. urique sont, chez ces malades, inverses des oscillations de la quantité des bases xanthiques; la somme des bases xanthiques et de Tac. urique, nous pouvons dire Tazote des purines, restant sensiblement constante, pour une alimentation invariable. — Dans Turine des grenouilles, où l'ac. uric^'^e manque, on trouve à sa place des bases xanthiques.

L'élimination d'azote, sous forme de purines, dimiim ^^ en général pendant les 2 ou .'J premiers jours du jeu»- "^® absolu, pour se maintenir ensuite sensiblement co tante, pendant toute la durée de l'inanition : on a ai trouvé, chez l'homme, au 20° jour du jeûne, 0ti^,25 d'az des purines urinaires, pour 24 heures.

L'élimination d'azote, sous forme de purines, augmenter, sous l'inlluence de Talimentation ; mais faut relever des différences considérables, selon la nai de l'alimentation : si l'alimentation ne renferme de purines, l'élimination urinaire des purines reste qu'elle était pendant le jeûne, ou à très peu près;

si

ui

re as ce si

LES PURINBS

L'alimentation renferme des purines quelles qu'elles soient (nucléineSjUrates, caféine, bases xanthiques, etc.), l ^élimination urinaire des purines est augmentée. Parmi i^s aliments riches en purines, citons : la viande et surt-out le thymus, le café et le cacao ; — parmi les éléments pauvres en purines, ou n'en renfermant pas, citons : le lait, la pomme de terre, le pain blanc, le riz, les œufs, la salade, les choux, etc. Le tableau suivant montre comment se comporte l'élimination des purines, quand l'alimentation varie.

AUMENTATION

ALIMENTATION TRÈS PAUVHE EN PURINKS

>U SANS PURINES

niCHE EN PURINES

(carnée)

Très axotée

Peu azoti^c

Peu azotée

animale.

animale.

végétale.

2501' veau +. l

lOOOff' lait.

.*>00p' lait.

500*^ pom. de terre.

1*20 jambon +.

600 œufs.

240 œufs.

riz.

300 pain.

360 pain.

300 pain.

p&in.

30 fromage.

90 fruiuage.

100 riz.

beurre.

100 beurre.

100 beurre.

200 bourre.

sucre.

30 sucre.

600 bière.

35 sucre.

salade.

30 café -+-.

600 bière.

bière.

600 bière.

1 <^ote des pnri-

1 068 urinaires.

Azote de Tac.

urique

Azote des bases

xanthiques...

11 convient de relever la constance remarquable de réliinination des purines, en l'absence de purines alimentaires, quelle que soit, qualitativement et quantitativement, la ration alimentaire.

Les purines alimentaires augmentent les purines urinaires, mais la totalité des purines alimentaires ne

1. 1^ signe + indique les aliments riches en purines (veau, jambon, café).

530 LES PRODUITS DE DÉSilSSIMILilTIGN DBS PROTÉIQUES

passe pas dans Turine : des purines dtt muscle, du foie, de la rate, 50 p. 100 réapparaissent dans Turine; des purines du thymus, 2") p. 100 seulement; des purines du caf»'?, 33 p. 100 passent dans Turine.

La production des urates. chez ies oiseaux, a été Tobjet d'études intéressantes. Les urates représentent la forme principale des produits de ladésassimilation azotée, chez ces ani-^ maux.

Analyses d^urines d'oiseaux pour 94 heures :

Poules. Kpenrier. Ole».

Acide urique ^^',00 dr%00 •2«',50 1«%49 'i*',» 3* «",?»''

Urée 0 ,20 0 ,15 0 ,55 ? ? "■

Ammoniaque 0 ,20 0 ,20 0 ,33 0 ,08 0 ,13 O X^

Les urates, chez les oiseaux, sont éliminés par les res- i*^^' mais ne se forment pas dans les reins, au moins pou ^c ^^ presque totalité. En effet, si, chez des pigeons ou des poi»> ^<^*» on lie les' uretères, on constate, après la mort, qui surv j^^^^ après plusieurs heures, des dépôts uratiques dans les re :^ï*s» les séreuses, le cœur, le foie, etc. ; — si, chez des pigeon^^^ ®^

des poules, on lie les vaisseaux sanguins des reins, on troi :=3ve,

après la mort, qui survient après plusieurs heures, des dép:::^^^^^ uratiques dans les divers tissus ci-dessus indiqués, sauf d ^^^ les reins; on peut obtenir, dans le sang des animaux qui ^^

succombé après ligature des vaisseaux sanguins du rein *

réaction de la muréxide ; où ne peut Tobtenir, dans le s^^*^?î^ des animaux normaux. Donc l'acide urique se forme^ chez " oiseaux, au moins pour la plus grande part, en dehors des reC^-^ * »^

On sait que, chez les oiseaux, il existe une veine po ^^^ ^ rénale, se détachant de la veine cave inférieure, pour gagu-^^ les reins; cette veine porte rénale communique par n^ v^ anastomose, dite veine de Jacobson, avec la veine porte héç^^^'l^ tique, de sorte que le système porte hépatique communiq ^^^-t^ avec le système cave inférieur, en amont du foie (veine por^^* hépatique, veine de Jacobson, veine porte rénale, veine ca -^^,^ inférieure), comme, chez le mammifère à fistule d'Eck. Cet^*^^^ disposition permet de lier les vaisseaux sanguins afféren-^^^ du foie, ou d'enlever le foie, chez les oiseaux, sans provoqa -«' ^^ la mort immédiate (on a une survie plus ou moins longu^^^ ' chez Toie, elle peut atteindre 12, Vu et même 20 heures).

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