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LE JEÛNE SALIN

passe ehez le chien, plus vite que les souris soumises au jeûne salin. Si on ajoute à la pâtée du carbonate de soude ou de potasse, en quantité convenable pour neutraliser Tac. snlAirique pouvant résulter de la désintégration de la caséine ingérée, on observe une survie de 16 à 36 jours. Or cette sunrie n'est pas due à rintroduction de sodium ou de potassium, car si on ajoute à la pâtée des souris, des quantités de chlorure de potassium ou de sodium, renfermant les mêmes Quantités de métaux, la survie n'est que de 10 à 20 jours, comme en Tabsence de sels.

Ce sont là des faits intéressants: mais ils sont insuffisants Pour expliquer la mort dans le jeûne salin. En efTet, s*il ne ^'<igissait là que de faits d'empoisonnement acide, Taddition ^e carbonates d'alcalis devrait, non pas seulement prolonger '^ survie, mais empêcher absolument la mort, et il n'en est '^ien. — D'autre part, si dans la désintégration protéique, il ^Q produit de l'ac. sulfurique, il se produit également de j*ammoniaque, en quantité plus que suffisante pour saturer **ac. sulfurique produit (il reste en effet un excès d'ammoniaque, que le foie transforme en urée). Si donc la désintégration protéique augmente, la production d'ammoniaque doit augmenter parallèlement à la production d'ac. sulfurique, et il est impossible que de l'ac. sulfurique ne soit pas saturé par l'ammoniaque, puisque celle-ci est en excès. Gela est si Yni qu'on ne relève pas les symptômes de l'empoisonnement acide, quand la désintégration protéique est augmentée, et qu'on ne les observe exceptionnellement que si l'organisme fabrique des acides anormaux, en sus de l'ac. sulfurique (tel est le cas du coma diabétique, où les ac. p-oxy bu lyrique et acétylacétique se produisent en abondance).

Il nous paraît plus vraisemblable que la mort, observée dans les expériences de jeûne salin, est la conséquence de la modification qualitative, subie par les constituants alimentaires, sous l'influence des manipulations employées pour les désaler.

1" En ajoutant à la pâtée caséine-saccharose des souris, un mélange de sels, représentant qualitativement et quantitativement les sels de la quantité équivalente de lait, on a pu maintenir en vie les souris pendant 20 à 30 jours; des souris nourries exclusivement de lait ont vécu indéfiniment.

2* Avec un mélange de jaune d'œuf cuit et d'amidon, on conserve indéfiniment en vie des souris; elles meurent du 27* au 32* jour, quand on les nourrit avec un mélange de

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sérum-albumine, de graisses, de sucres purs» additkmné Aes éléments minéraux du lait, et d'une combinaison ferru^l^ neuse.

N'est^il pas logique de conclure de tout cela, qu'il exisLc^ des formes de la matière alimentaire, capables d'entre te nî p. indéfiniment, en bon état de nutrition, les êtres vivants (oe^> formes existant dans les aliments naturels, tels qu'ils son t. consommés d'habitude), et que, par des modiOcaiions chimi. ques, sur la nature desquelles nous ne sommes pas fixés, ce&s matières deviennent inaptes à constituer un aliment conv^. nable. N'est-il pas logique de séparer nettement les alÂmenf,s physiologiques y capables d'entretenir la vie, et les alimentas chimiques, qui ne jouissent pas toujours de cette propriété.

Les aliments que nous consommons contiennent le ^=^ sels nécessaires à la vie et les contiennent sous uneforme^?convenable. Nous ajoutons toutefois à nos aliments du chb rure de sodium, en assez grande quantité. On a prétend justitîer physiologiquement cette pratique culinaire.

L'observation nous apprend que, d'une façon générale, les animaux carnivores n'aiment pas le sel, tandis que les herbivores en sont très friands; et que, parmi les races humaines, ce sont les races exclusivement carnivores (chair ou poisson) qui ne consomment pas de sel, tandis que les races herbivores en consomment. Or, les aliments caùnés et les aliments végétaux contiennent sensiblement la même quantité de soude, mais ils diffèrent considérablement, au point de vue de leur teneur en potasse : les végétaux sont très riches, les viandes sont relativement pauvres en potasse. On a alors imaginé que, par double décomposition entre le carbonate de potasse, introduit avec les aliments, et le chlorure de sodium du sang, il se produit une élimination énorme de carbonate de soude par les urines; de sorte que l'introduction de sels de potasse aurait pour conséquence un appauvrissement de l'organisme en sels de soude. On imagine alors que cet appauvrissement en soude engendre, chez l'homme qui ingère des végétaux, le besoin, le goût, Tinstinct du sel marin! Ce sont là des conceptions plus poétiques que scientifiques; nous ne les avons signalées que parce qu'elles ont séduit, bien à tort, nous semble-t-il, quelques esprits. Il serait facile d'accumuler les objections expérimentales contre cette con-

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