I.ES PHÉNOMÈNES HISTOLOGIQUES DE LA CONTRACTION
Le muscle qui se contracte présente à considérer des 't'^^odifications histologiqueSj mécaniques, physiques (thermiques et électriques) et chimiques, que nous passerons rapidement en revue.
De nombreuses théories ont été proposées, pour expliquer lc3 rôle des divers éléments de la fibrille musculaire dans la Ciontraction. Il appartient aux histologistes de les exposer et cî'en faire la critique. Nous nous bornerons à résumer la Cî-onceplion qui correspond le mieux aux observations physiologiques et histologîques. Examinons des fibres musculaires, Hxées par Tacide osmiquc dans les 4 états suivants : au repos non tendues, — au repos tendues, — contractées non tendues, — contractées tendues. Si on compare dans chacun des deux ^tats de repos et de contraction, les fibres tendues et les fibres non tendues, on constate qu'elles ne diffèrent pas par leurs disques sombres épais, mais qu'elles diffèrent par leurs disques clairs : les disques clairs sont peu épais sur les muscles non tendus; ils sont épais sur les muscles tendus. — Si on compare dans chacun des deux états de tension et de non-tension, les fibres au repos et les fibres contractées, on constate qu'elles ne diffèrent pas par leurs disques clairs, mais qu'elles diffèrent par leurs disques sombres épais : les disques sombres épais sont plus volumineux dans les muscles au repos; dans les muscles en contraction, ils sont plus petits, plus sphériques, surtout plus courts, comme s'ils avaient expulsé autour d'eux une partie du plasma musculaire, qui les gorge pendant le repos. — Enfin, les disques sombres minces ne sont modifiés dans aucun dos i états considérés. — On est ainsi conduit à admettre que les «lîsques sombres minces sont des parties squelettiques (c'est pour cela que nous les avons placés à la limite de la case musculaire de Krause); que les disques sombres épais sont les organes de la contractilité ; et que les disques clairs sont les organes de l'élasticité.
Cette conception histologique rend compte de certains faits d'observation ; faits physiologiques : augmentation de l'épaisseur, diminution de la longueur du muscle contracté; — faits histologiques : striation transversale plus serrée et plus fine (par diminution de l'épaisseur du disque sombre épais); striation longitudinale plus apparente (par exsudation de plasma musculaire transparent, entre les parties fortement réfringentes des disques sombres épais) du muscle contracté.
V élasticité musculaire joue un rôle important dans la contraction : sans elle, le mouvement serait brusque et à soubresauts; grâce à elle, la force de contraction se transforme en accroissement d'élasticité, capable de continuer progressivement le mouvement commencé.
Le muscle, en se coiitraclant, dégage de la chaleur. Nous avons montré, dans l'étude de la chaleur animale, qu'une partie importante de la chaleur de l'organisme est produite au niveau des muscles.
On démontre directement cette production de chaleur dans la contraction musculaire, en appliquant contre le muscle, ou en introduisant dans les interstices intermusculaires, ou en plongeant dans la masse du muscle, soit des thermomètres à cuvettes petites, soit des aiguilles thermo-électriques. En opérant ainsi, on a relevé des élévations de température de 0^,5, à 1<^, chez l'homme.
Toutefois, ces expériences ne sauraient prouver que le muscle produit de la chaleur par sa contraction, car les expériences ayant été faites sur des muscles superficiels, exposés au refroidissement, on peut tout aussi légitimement rapporter réchauffement observé à la vasodilatation, qui accompagne toujours la contraction musculaire, qu'à cette contraction elle-même.Et cette réserve est d'autant plus justifiée, que réchauffement observé est d'autant moindre que la circulation est moins parfaite dans les muscles considérés.
On a repris les déterminations sur la grenouille, animal dont le sang a la môme température que le milieu ambiant, chez lequel, par suite, la température d'un organe périphérique est indépendante de l'état de sa circulation; on les a reprises mémo sur les muscles de grenouille détachés du corps. On a constaté ainsi, pendant la tétanisation, des élévations de température de 0",1;), quand l'expérience dure assez longtemps; une simple secousse peut produire une élévation de température de 00,001 î\ 00,005.
On a établi les lois suivantes : — 1° la contraction musculaire produit de la chaleur; — 2° une contraction