LES POISSONS ÉLECTRIQUES
électrodes impolarisables : — i^ deux points de la section longitudinale d'un muscle sectionné, ces points n'étant pas situés dans la même section transversale, a et 6 par exemple, on constate que le courant de repos (dirigé de a vers 6, p. ex.) subit une double variation : une diminution (mais non un changement de sens), quand l'onde négative passe en a; une augmentation, quand l'onde négative passe en 6; — 2° un point de la section longitudinale et un point de la section transversale, l et t par exemple ; on constate que le courant de repos (dirigé de / vers t) subit une oscillation, une variation négative (c'est-à-dire une diminution d'intensité, mais non un changement de sens), quand l'onde négative atteint le point /; — l'onde négative ne se manifeste pas dans la section transversale.
Si on tétanise un muscle (soit un muscle d'animal curariso directement excité, soit un muscle normal excité par l'intermédiaire du nerf), le courant de repos recueilli, en réunissant par un circuit à galvanomètre et à électrodes impolarisables, un point de la section longitudinale et un point de la section transversale, présente une variation négative, mais non une interversion. Cette variation négative est discontinue : on le démontre, en recueillant l'image du ménisque de l'électromètre capillaire (en rapport avec 2 points du muscle, l'un situé dans la section longitudinale, l'autre dans la section transversale), sur un papier photographique, mû d'un mouvement régulier; on obtient un tracé à oscillations; — on le démontre, en faisant reposer un nerf sciatique de grenouille, à la fois sur un point de la section longitudinale et sur un point l\o la section transversale du muscle tétanisé : il se produit dans la patte galvanoscopique, sous l'influenre du courant musculaire, un tétanos et non une secousse (donc le phénomène électrique du muscle en tétanos est discontinu).
A cette question de rélectricité musculaire, peut se rattacher celle des poissons électriques. On sait que la toipille, le gymnote et le malaptérure font de Félectricilé à haute ten-
sion, capable de produire des décharges, comme de puissantes batteries électriques. Ces décharges se produisent soU par la volonté de l'animal, soit par voie réflexe (excitation de la peau), soit par excitation directe du nerf de Torgane électrique.
L'organe électrique est essentiellement formé de colonnettes juxta-posées, constituées par des plaquettes superposées; chaque plaquette est munie de terminaisons nerveuses, toutes disposées sur les faces de même orientation.
L'extrémité de l'organe électrique, vers laquelle est tournée la face de la plaquette munie de nerfs, est négative ; l'autre extrémité est positive. Chez la torpille, les colonnetles vont de la face ventrale à la face dorsale; les nerfs s'étalent à la face ventrale des plaquettes; si on^ réunit par un circuit les faces ventrale et dorsale de la torpille, la décharge va de la face dorsale à la face ventrale. Chez le gymnote et le malaptérure, les colonnettes sont horizontales; chez le gymnote, la tête est positive, la queue est négative; chez le malaptérure, la tête est négative, la queue est positive. La décharge n'est pas unique; elle est constituée par un petit nombre de décharges successives, se produisant à intervalles de 1/200" de seconde environ.
On peut considérer les organes électriques comme des muscles modifiés, ayant perdu la contraclilité, mais ayant acquis une remarquable aptitude à faire de l'électricité. Ce sont des muscles ne pouvant dépasser la période d'excitation latente.
Les phénomènes chimiques de la contraction musculaire ont (Hé étudiés dans le chapitre sur le travail musculaire (chapitre xxi, p. 414).
Nous ne possédons que des renseignements imparfaits sur les muscles lisses; leur contraction se fait selon le même type que celle des muscles striés, mais tous les éléments du myogramme sont allongés. La striation des muscles n'est pas en rapport avec la propriété contractile, mais avec la vitesse de la contraction.