LES BRUITS DU COEUR
Pour placer exactement ces bruits dans le cours de la révolution cardiaque, on peut ausculter avec un stéthoscope le cœur du cheval à thorax ouvert, en même temps qu'on explore sa surface avec le doigt; — ou bien, inscrivant le choc du cœur avec un appareil quelconque, on marque sur le tracé le moment exact où Toreille, armée ou non d'un stéthoscope, perçoit les bruits.
Le premier bruit se produit au début de la systole ventriculaire ; le second bruit se produit àlafm de cette systole. — Si on divise en six parties égales la durée de la révolution cardiaque, le l®*" bruit en occupe les deux premiers sixièmes; le 2P bruit en occupe le 4^ sixième. Il y a par conséquent un silence occupant le 3e sixième, entre le i®"^ et le 2« bruits, c'est le petit silence (ou silence systolique); et un silence occupant les 2 derniers sixièmes, entre le 2" et le l*"" bruit, c'est le grand silence (ou silence diastolique).
Ces résultats ont été confirmés par des recherches faites au moyen de méthodes supprimant toute observation directe, donc toute erreur personnelle de l'observateur. On a imaginé des appareils compliqués, qui permettent d'inscrire automatiquement les bruits du cœur, en même temps que le tracé du choc ou des mouvements ventriculaires.
Le second bruit est dû au claquement des valvules sigmoïdes. Une première indication en est fournie par ce fait que le second bruit se produit au moment où se ferment les valvules.
Si on prépare l'aorte avec la partie voisine du ventricule, en conservant intactes les valvules sigmoïdes; si on ftxe l'aorte sur un long tube de verre, et le fragment de ventricule sur une poire de caoutchouc remplie de liquide, et si on lance dans le tube aortique un jet de ce liquide, en comprimant la poire, on perçoit un bruit, senïblable au 2*^ bruit, au moment où le jet s'arrête, c'està-dire au moment où se ferment les valvules. Ce bruit ne se produit plus si les valvules ont été détruites, ou sont maintenues appliquées contre les parois aortiques.
On peut admettre que le premier bruit est double et a une double origine. Au moyen de résonateurs, on peut prouver que ce bruit est formé de deux bruits : l'un élevé, l'autre grave. Il est attribuable, pour une part, à l'extension des valvules auriculo-ventriculaires; pour une autre part, à la contraction du muscle ventriculaire. Le rôle des valvules auriculo-ventriculaires est établi par les faits suivants : le bruit normal est remplacé par un souffle, si on sectionne avec un ténotome les valves des valvules auriculo-ventriculaires, ou si, par un anneau introduit par Tauricule incisée (sur le cheval à bulbe sectionné et à thorax ouvert), on empêche la fermeture de ces valvules. Le rôle de la contraction ventriculaire dans ce bruit est établi par ce fait que, dans le cœur de chien extrait du thorax et se contractant à vide pendant quelques instants, on perçoit, à Tauscultation, au moment de la contraction, un bruit extrêmement sourd. Les bruits normaux du cœur se modifient dans certains cas pathologiques : la modification peut porter sur leur caractère, leur durée, leur position dans le cours de la révolution cardiaque. Ces faits sont du domaine de la physiologie pathologique ; ils sont de la plus grande importance pour rétablissement du diagnostic des lésions cardiaques.
Le cœur, en se contractant, accomplit un travail : il fadt circuler le sang. La pression exercée par les parois du cœur (jui se contracte sur le sang contenu dans ses cavités, ce qu'on appelle la force du cœur, varie d'une cavité à l'autre. Avec des sondes cardiographiques, empiriquement graduées, on peut obtenir des tracés qui permettent de calculer la valeur de cette force à tous les moments de la systole. C'est ainsi qu'on a pu déterminer la valeur maxima de cette force pour trois cavités du cœur de cheval : on a trouvé
Pour roreillette droite 2"»",5 (mercure).
— le ventricule droit 25 ,0 —
— — gauche 128 ,0 —
Ces valeurs peuvent d'ailleurs devenir plus grandes quand