L*ANESTHÉSIE
méthodiquement les manifestations de Taneâthésie chirurgicale, sous l'influence de l'éthei' et du chloroforme, que nous considérons comme types d'anesthésiques.
Les vapeurs anesthésiques (éther ou chloroforme), entraînées par l'air d'inspiration, dans les alvéoles pulmonaires, pénètrent dans le sang et se répandent dans toute l'économie, qu'elles imprègnent. Conformément au 2* principe énoncé, les premiers phénomènes observés sont des phéno^ mènes d'excitation hémisphérique; il y a du délire, des rêves, des hallucinations sensorielles, des idée désordonnées, qui se manifestent parles expressions passionnées de la physionomie, et par la volubilité et les indiscrétions du langage; les oreilles tintent, on entend des cloches, un sifflet, etc. A cette ivresse, succède un sommeil plus profond que le sommeil naturel, sommeil sans perceptions, sans conscience el sans rêves, dont le réveil sera sans souvenirs. — La moelle épinière, organe de la conductibilité centripète, se prend à son tour : la sensibilité a la douleur, un moment exagérée, disparaît la première, puis la sensibilité tactile (sensibilité médullaire, c'est-à-dire capable de provoquer des manifestations réflexes, sans provoquer de manifestations conscientes), disparaît d'abord aux membres et au tronc, puis à la face puis à la muqueuse nasale, enfin à la conjonctive. Cet envahissement progressif constitue un guide précieux et sûr, permettant de suivre pas à pas l'envahissement anesthésique. — Mais l'envahissement sensitif médullaire est loin d'être achevé, qu'a déjà commencé l'envahissement moteur; c'est d'abord la période d'excitation, caractérisée par une agitation convulsive de tous les muscles, et, en particulier, des muscles respiratoires, par des mouvements désordonnés des yeux, par une contraction énergique des muscles masticateurs, etc. ; c'est ensuite la période de détente : les mouvez ments cessent, la résolution musculaire est complète. — Tous les réflexes sont à ce moment abolis, mais tous les réflexes n'ont pas disparu simultanément : le dernier qui subsiste est le réflexe oculo-palpébral (fermeture des paupières provoquée par l'attouchement de la conjonctive). Quand ce réflexe a disparu, l'anesthésie chirurgicale est réalisée.
11 faut maintenir rigoureusement l'anesthésie à ce point sans le dépasser; autrement le bulbe serait touché à son tour et la vie serait menacée : entre la dose anesthésique et la dose mortelle, il y a un territoire, dans lequel il faut rigoureusement se maintenir.