LE MUSCLE CARDIAQUE
lerons : l'appareil est essentiellement composé de deux cuillerons, Tun fixe, l'autre mobile pouvant s'écarter ou se rapprocher du premier. Entre les cuillerons on place le cœur (isolé de l'organisme ou resté en place) ; un petit ressort, ou un petit contrepoids tend à rapprocher les cuillerons ; le cœur en s'épaississant pendant sa contraction tend à les écarter; une longue tige, portée par le cuilleron mobile, inscrit ses déplacements en les amplifiant. Enfin les deux cuillerons sont construits de façon à pouvoir être mis en rapport avec les deux pôles d'une pile ou d'un appareil d'induction, et par suite à servir d'électrodes pour l'excitation du cœur interposé.
Dans la méthode manométrique, on lie la base de section de la pointe du cœur sur une canule reliant la cavité de la pointe du cœur à un manomètre. On remplit de liquide convenable la pointe du cœur, les appareils de communication et le manomètre : on peut, au moyen d'un flotteur reposant dans la branche libre du manomètre, inscrire les variations de la pression exercée par la pointe du cœur se contractant sur le liquide qu'elle contient.
Les résultats fournis par ces méthodes sont concordants. Voici les principaux.
La pointe du cœur isolée ne se contracte pas spontanément; mais on peut en provoquer la contraction par des agents mécaniques, physiques, chimiques. Si on exerce sur la pointe du cœur un choc, un pincement, elle se contracte. Si on exerce dans la cavité de la pointe du cœur une pression par l'intermédiaire de la canule remplie de liquide, sur laquelle on a lié la base de cette pointe, il se produit des contractions. Notons, c'est un fait fondamental, qu'à cette pression constante, le cœur répond par une série de contractions rythmiques.
On provoque des contractions en déposant à la surface de la pointe du cœur des agents chimiques divers, ou en faisant circuler dans sa cavité des solutions de substances diverses.
Enfin on provoque des contractions de la pointe du cœur par l'électricité, employée sous la forme de courants constants ou de courants induits. Si on lance dans la pointe du cœur une excitation brève, unique (courant d'induction, p. ex.), on constate que cette pointe répond par une contraction unique. Le muscle strié répond à une excitation de môme nature par une secousse. Le myogramme cardiajjue ainsi obtenu ressemble à celui de la secousse (ascension suivie
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de la descente, sans plateau interposé); mais la durée de contraction et le temps perdu de l'excitation sont beaucoup plus grands pour le cœur que pour le muscle. La contraction de la pointe du cœur est une secousse dont tous tes éléments sont amplifiés dans le temps,
La durée de la contraction de la pointe du cœur de la grenouille est de 0**%20 à 0"%2o; celle du muscle strié peut être 10 fois plus petite. — Le temps perdu de l'excitation est de 0**'',20 à 0"*,30 pour le muscle cardiaque; il ne dépasse pas O'^'^OOS pour le muscle strié. — Mais ce ne sont là que des diftérences quantitatives et non qualitatives; et on peut les atténuer en choisissant les conditions de Tobservation. On peut, pour le muscle strié, augmenter le temps perdu et la durée de la secousse en refroidissant le muscle, ou en le fatiguant par une longue série d'excitations (les contractions ultimes se distinguent des contractions primitives par l'allongement des différentes phases), sans toutefois arriver aux durées observées dans le cas de la pointe du cœur. La contraction dé la pointe du cœur est d'ailleurs modifiée dans le même sens (allongement de ses dilTércntes phases) que la contraction du muscle strié, par le froid et par la fatigue.
Excitons la pointe du cœur par des courants induits d'intensité croissante, en commen^'ant par des courants trop faibles pour provoquer une contraction. Pour une certaine intensité, le courant devient efficace : le cœur réagit par une contraction qui est forte d'emblée. Augmentons l'intensité du courant, le cœur réagit par une contraction do môme amplitude que la première : la grandeur de la contraction est indépendante de l'intensité de l'excitanL Le cœur donne tout ou rien.
11 y a là une différence entre le muscle cardiaque et le muscle strié, mais cette différence peut être atténuée par les considérations suivantes. Sans doute, pour le muscle strié, les premières excitations efficaces provoquent des secousses d'amplitude moindre que les excitations plus intenses; mais, à partir d'une certaine intensité de l'excitant, la grandeur de la secousse est indépendante de l'intensité de l'excitant. D'autre part, si la contraction cardiaque provoquée par l'excitant d'intensité minima est aussi ample que celle provoquée par un excitant plus intense quelconque, elle n'est pas la contraction maxima que puisse donner le cœur : elle n'est que submaxima. En effet, si à intervalles rapprochés on