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L*IRIS ET LA PUPILLE

rieure de l'anneau de Yieussens, il se produit une dilatation pupillaire intense.

Le trajet des fibres irido-dilatatrices a été déterminé, de la moelle à l'iris, par des expériences de sections et d'excitations. Elles quittent la moelle par les racines antérieures des 4 dernières paires cervicales et des 6 premières paires dorsales; elles convergent vers le ganglion \** thoracique : les fibres cervicales par le nerf vertébral, les ûbres dorsales par les rameaux communiquants et les ganglions sympathiques dorsaux correspondants; elles remontent par la branche antérieure de l'anneau de Yieussens et par le sympathique cervical, jusqu'au ganglion cervical supérieur. Là, quittant les fibres vaso-motrices, qui accompagnent la carotide, elles gagnent, par un filet spécial, le ganglion de Gasser et la branche ophtalmique du trijumeau, d'où elles atteignent Tiris ptr les nerfs ciliaires.

On a considéré ces fibres dilatatrices, tantôt comme fibres motrices des muscles radiés de l'iris, tantôt comme fibres inhibitrices des nerfs irido-constricteurs. Nous acceptons la première opinion, parce que ces fibres possèdent une légère tonicité (leur section détermine toujours une faible contraction pupillaire; or les fibres inhibitrices ne possèdent généralement aucune tonicité); — et surtout parce qu'un secteur iridien, obtenu par 2 incisions radiales, coupant les fibres constrictives, se contracte radialement, quand on sectionne le sympathique *.

La pupille se contracte, quand Tceil est plus fortement éclairé qu'il n'était, et le rétrécissement est d'autant plus grand que la lumière est plus intense. C'est un réflexe, dont la voie centripète est représentée par le nerf optique ; la voie centrifuge, par le moteur oculaire commun : en effet, la contraction pupillaire ne se produit pas, si le nerf optique a été sectionné; elle se pro-

1. Toutes los fibres irido-dilatatricos ne suivent pas le trajet indiqué, car la section du trijumeau au-dessus du ganglion de Oasser, en un point où ces fibres sympathiques ne sont pas contenues, provoque un rétrécissement pupillaire. Il en est dos irido-dilatateurs comme des vasomoteurs do la face ; ils ont une origine principale dans le sympathique et dans la moelle ; et une origine accessoire dans le trijumeau et dans Tencéphale.

duit, «ous l'influence de rexoitation mécanique, physique, chimique du nerf optique, ou de son bout central. Le centre réflexe paraît localisé dans les tubercules quedrijumeaux antérieurs, car le réflexe disparaît à la suite de leur destruction; il subsiste, au contraire, après l'aiblation des hémisphères cérébraux (et dans les cas pathologiques de cécité corticale). La lumière agissant sur un seul œil, la contraction pupillaire est double, chei l'homme, et en général chez les animaux à décussation incomplète des fibres optiques (chien, chat, etc.); elle est limitée au côté éclairé, chez les animaux à décussation complète (lapin, cheval, hibou, etc.).

La pupille se dilate, quand on excite fortement un nerf sensitif quelconque : c'est là un réflexe dont la voie centrifuge est le sympathique (car il ne se produit plus après sa section); dont le centre est la région médullaire cervico-dorsale, d'où proviennent les fibres irido-dilatatrices (centre cilio-spinal) : les mêmes phénomènes se produisant après section sous-bulbaire de la moelle. Ce centre peut fonctionner autochtoniquement : sous l'influence de l'asphyxie, en effet, on note une dilatation pupillaire, qui se produit même si on a fait la section sous-bulbaire de la moelle, qui ne se produit plus si on a sectionné le sympathique cervical.

La pupille se contracte pendant l'accommodation pour les objets rapprochés; la contraction est bilatérale, alors même que l'accommodation est unilatérale. Dans l'ataxie locomotrice et dans la paralysie générale, le réflexe pupillaire à l'accommodation est conservé; le réflexe pupillaire à l'éclairement est sypprimé (signe d'Argyl- Robertson).

On désigne sous le nom de mt/driatiques, certaines substances qui dilatent la pupille (le type est Vatropine), et de myotiques, certaines substances qui la contractent (le type est referme). Leur action est périphérique, car elle se produit même après la section de toutes les fibres nerveuses indiennes. Ces mêmes substances agissent, par un mécanisme inconnu, sur le muscle ciliaire, Tatropine pour le paralyser,

L'OPHTftAliHOSCOPIE

comme elle paralyse le sphincter de la pupille, et supprimer toute accommodation; Fésérlne, pour le contracler au maiimum, comme elle contracte le sphincter de la pupille, et provoquer l'accommodation maxima.

Une partie des rayons lumineux qui pénètrent dans Tœil est absorbée par la choroïde; le reste est réflôtehi sur les membranes de l'œil et rejeté au dehors, par la cornée. Sans doute, nous voyons le fond de Toeil noir, à travers la pupille, et ce fait semble éliminer la possibilité d'une réflexion lumineuse sur le fond de l'œil; mais il ne faut pas oublier que les rayons, ainsi réfléchis, suivent rigoureusement le trajet des rayons incidents, et, par suite, viennent converger au

Fig. 28. — Schéma de l'ophtalmoscopie.

Of, œil observé; O2, œil observateur; M, miroir plan percô d'un trou T; L, lumière.

point lumineux dont ils proviennent. Pour être vus par l'observateur, ils devraient donc provenir, soit de sa rétine, soit d'ua point situé en arrière de sa rétine, ce qui est impossible dans l'observation directe. Maison voit le fond de l'œil rouge, chez l'albinos, dont la sclérotique transparente laisse tomber, sur le fond de l'œil, des rayons obliques, qui se réfléchissent suivant une direction différente de la direction incidente.

Si on dispose, devant l'œil observé, un miroir plan ou concaTe, percé d'un petit trou en son centre, des rayons issus d'une lumière latérale pourront être projetés sur la rétine; sile miroir est plan, et si l'œil observé n'accommode pas, il ne se fera pas une image de la lumière sur la rétine, mais une nappe lumineuse l'éclairé ra. La rétine éclairée sera source lumineuse, et si l'œil n'accommode pas, les rayons issus de cette rétine sortiront de l'œil parallèlement; la^ portion tra-

M. Arthus. — Physiologie. 51

versant le trou du miroir, en arrière duquel est placé Tœil d Tobservateur, sera recueillie sur cet œil et permettra à Tobseï valeur n'accommodant pas, de voir le fond de Tœil de Tobservc Cette disposilion, la plus simple de toutes (mais non la seule] permet de distinguer le fond de Fœil rose, traversé par li vaisseaux rétiniens, issus d'un disque blanchâtre qui est 1 papille, point de pénétration du nerf optique. Pour les détail de Vophtalmoscopie, on se reportera aux traités spéciaux.

En examinant les yeux de certains mammifères, on y voi des irisations (tapis de Tœil); dans la région correspondant! de l'œil, la choroïde n'est pas pigmentée; la lumière pénètr^^^ dans cette choroïde, et, comme sa couche moyenne est striée il en résulte des irisations. Le tapis est jaune chez le rat. bleuâtre chez le chien, violet chez le cheval, vert chez le bœuf.

La partie impressionnable de Vœil est la rétine, membrane de structure complexe, dans laquelle on distingue généralement 10 couches, qui sont (voir flg. 30), en allant de la membrane hyaloïde vers la choroïde : 1° la membrane limitante interne; — 2** la couche des fibres du nerf optique^ constituée par l'étalement des fibres du nerf optique, flbres sans myéline, dont la couche est de moins en moins épaisse, à mesure qu'on s'écarte du point de pénétration du nerf optique (papille); — 3° la couche des cellules neigeuses multipolaires, cellules de 30 (1, présentant un cylindre-axe en continuité avec une fibre du nerf optique, et des prolongements protoplasmiques étendus vers la couche suivante; — 4° la couche réticulée interne (ou granulée interne, ou moléculaire interne), en appeirence formée de fines granulations, en réalité constituée par un fin réseau fibrillaire; — S"* la couche granuleuse interne, constituée par des grains, ou noyaux, dont les uns semblent nus, dont les autres sont nettement recouverts d'une couche protoplasmique ; — 6° la couche réticulée externe (ou granulée externe, ou moléculaire externe), semblable à la couche n* 4 ; — 7* la couche granuleuse exlerme, composée de 2 sortes de cellules, les unes, dites grains des cônes, placées au voisinage immédiat de la limite externe de cette couche, se continuant hors de cette couche par un cône, et vers le centre de l'œil par un prolongement se ramifiant dans la couche n** 6; les autres, dites grains des bâtonnets, placées dans les parties moyenne et interne de cette couche, se continuant vers la périphérie

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