LA STRUCTURE DE LA RÉTINE
et vers le centre de Foeil par un fin prolongement : le proloDgement externe se continue avec un bâtonnet, le prolongement interne se résout en fibrilles dans la couche n° 6; — ^la. membrane limitante externe, traversée par le système des cellules des cônes et des bâtonnets; — 9' la couche des cônes et des bâtonnets, ou membrane de Jacob, formée de 2 sortes d'éléments, en communication à travers les oriGces de la membrane limitante externe, avec les éléments de la couche n* 7. Les bâtonnets, sont des cylindres droits de 55 ji sur 2 ji, se terminant carrément vers l'extérieur, dans lesquels on distingne une partie interne granuleuse et une partie externe d'apparence homogène, mais dissociable par les réactifs histologiques en lamelles superposées généralement rosées. Les cônes sont en forme de bouteilles de 35 à 40 (i, élargis à leur base, qui se continue avec un grain de cône, amincis vers Pextérieur, comprenant un segment interne, ou corps du cône, large de 7 (i, et un segment externe, ou pointe du cône d'apparence homogène, décomposable par les réactifs histologiquesen lamelles superposées incolores; — 10° la couche des cellules pigmentaires, qui envoient dans la couche n° 9 des digitations, ou traînées, recouvrant l'extrémité des bâtonnets. Ces diverses couches sont formées d'un enchevêtrement d'éléments nerveux ou sensitifs, et d'éléments conjonctifs ou de soutien. L'élément conjonctif est représenté par la fibre radiée de Millier, longue cellule qui s'étend de la limitante interne à la limitante externe, ces deux membranes étant constituées par des épaissîssements cuticulaires de cette fibre radiée. Son noyau, situé dans la couche n° 5, est représenté par les éléments en apparence nus de cette couche. Ces cellules sont hérissées de prolongements qui, s'enchevétrant avec ceux des cellules voisines, constituent une véritable charpente conjonctive. — Les éléments nerveux sont au nombre de 3 : 1* les cellules visuelles, représentées par des éléments que nous avons séparés dans notre description : grains de cônes et cônes, grains de bâtonnets et bâtonnets, et qui constituent, en réalité, un élément unique, dans lequel on peut distinguer un corps cellulaire contenu dans la couche n"" 7, et 2 prolongements, un externe (cône ou bâtonnet)^ qui sort par les trous de la limitante externe, l'autre interne se dirigeant vers la couche n^ 6, où il se termine par un pied étalé, portant quelques ramifications (cône), ou par une boule, sans ramifications (bâtonnet); — 2° les cellules qu'on peut appeler neurones sensitifs périphéHgues, représentées par les cellules à
gros noya.n entouré de protoplasma, de la coucbe n* 5, avec un proiongemeot externe, se terminant dans la couche n° S, autour des terminaisons des ceilules visuelles, el un prolongement interne qui va se ramifier dans la couche n° 4; — 3' les cellules qu'on peut appeler neurones sensitift centraux, cellules multipolaires qui, par leurs prolongementsprotoplasmiques, se terminent dans la couche n° i, au contact des prolongepériphériques, et par leurs prolongements cylindres-axiles se continuent avec une fibre du nerf optique. En résumé, nous trouvons dans la rétine 3 couches d'éléments nerveux, séparées par 2 zones d'articulationa'.
La constitution de la rétine n'est pas la mtme dans toutes ses parties. On distingue en particulier 2 points remarquables, la papille et ta tache jaune.
Si on projette les éléments oculaires sur un plan de front, la projection de la papille est un cercle tangent, aux traces des plans diamétraux horizontal et a n té ro- postérieur de l'ceil.dans l'angle inléro-in terne Tormé par
lisualles dan* U coucha lits daa neoninaB seatilifs
LES POINTS RâTlKIBNS REUARQUAGLES
mi traces; la projection de la j
Jaune est une ellipse dont te est situé k 3"",5 en dehors de la
lu plan diamétral antéro-posté-
et sur la trace du plan diamétral
ital. Au niveau de la papille, il
tte aucun
itautreque . :^ .
res du nerf
manquant
la rétine présente une excavation; les fibres du nerf optique s'arrêtent au pourtour de cette excaralion, dans laquelle les 7 premières couches de la rétine se réduisent à presque rien; on n'y trouve guère que des bâtonnets vers le bord, que des cônes au centre. A mesure qu'on s'éloigne de celte tache jaune, pour se diriger vers le pourtour de la rétine, les éléments nerveux disparaissent progressivement au profit des éléments conjonctifs; dans la région ciliaire de la rétine, il n'y a plus d'éléments nerveux.
La partie sensible de Vœil est la rétine ; en effet : 1® la rétine est la seule partie de l'œil qui renferme des éléments nerveux et sensoriels spéciaux; 2° Timage réelle des objets extérieurs se fait sur la rétine.
Dans la rétine, les éléments impressionnables par la lumière sont les cônes et les hâtonnets\ en effet : 1° les cônes et les bâtonnets sont la partie terminale de l'appareil nerveux rétinien; or, dans tout organe des sens, l'impression se fait à la périphérie de l'appareil nerveux; — 2'» la papille n'est pas impressionnée par la lumière; la tache jaune est la partie la plus sensible de l'œil; or, la papille ne contient ni cônes, ni bâtonnets; la tache jaune ne contient que des cônes et des bâtonnets ; — 3° en éclairant l'œil de façon que les rayons tombent sur la rétine parallèlement, les vaisseaux rétiniens sont vus cdmme une ombre; or, ces vaisseaux sont contenus dans les couches internes de la rétine, jusque et y compris la couche granuleuse interne ; donc la partie impressionnable est en dehors. La disposition de la rétine est pour nous surprendre, car la lumière doit traverser (excepté au niveau de la tache jaune) toutes les couches de la rétine, pour arriver aux parties sensibles.
V excitant normal de la rétine est la lumière-, l'œil est disposé de façon à éliminer les autres excitants : les milieux de l'œil sont opaques aux radiations calorifiques; l'orbite protège l'œil contre les actions mécaniques. Toutefois, on peut, par un coup, ou par une pression exercée sur l'œil, provoquer des sensations
L'BXCITXBIUTË RÉTINIENNE 807
Inmineuses, faire apparaître dans le champ visuel des pkosphènes. Si on excite le nerf optique raécaniquement (section ou pression), électriquement, ou chimiquement, on provoque des sensations lumineuses.
L'excitabititÉ des diverses régions de la rétine n'est pas la mâme. On distingue 3 régions : 1° ki papille (ponctum caecum), inexcitable; 2° la laeke jaune (macula lutea), point de fixation, excitable au maximum; — 3" le reste de la rétine, dont l'excitabilité diminue à partir de la tache jaune jusqu'au voisinage de l'équateur de front, où elle est nulle.
On peut se rendre facilement compte de l'existence d'une lacune du champ visuel monoculaire, correspondante la' papille. Si, avec l'ccil droit, on flxe le point A de la Kg. 31, l'ceil étant & 30 cm., et sur la direction de la perpendiculaire en A au plan du papier, la tache T n'est pas vue, bien que le cadre de la figure soil vu dans toute son étendue. — Si, avec l'ophlalmoscope, on projette sur la papille seule l'image d'une damnie, le sujet ne voit pas cette Hamme. Le diamètre de la papille est de l'",8, ce qui correspond, dans te champ visuel, à un cône ayant 6° d'angle au sommet : h. 2 mètres de distance, une tète humaine peut n'être plus vue (eipérience du décapité). La tache jaune est à 4 mm. de la papille, ce qui correspond & une dislance angulaire de 12° environ. La lacune du champ visuel monoculaire est donc sur une ligne taisant un angle de 12° avec l'axe de lliation.
Normalement, nous n'avons conscience de cette lacune ni dans la vision binoculaire, ni dans la vision monoculaire. Dans la vision binoculaire, la lacune n'existe plus, parce que la lacune d'un champ visuel ne coïncide pas avec celle de l'autre champ visuel. Dans la vision monoculaire, plusieurs causes nous empêchent d'en avoir conscience : la lacune est dans le champ de vision indistincte ; or, nous ne fixons généralement notre attention que sur le champ de vision distincte; — d'ailleurs, dans nos sensations, il y a un élément psychologique, un jugement, une interprétation des impressions physiologiques, dans laquelle nous faisons, pour ainsi dire, abstraction de la lacune. Quant à prétendre, comme on l'a fait, que nous devrions voir une tache noire correspondant à cette lacune, c'est oublier qu'il y a une différence absolue entre la sensation de noir et l'absence de sensation.
La tache jaune est le point où se font les images dans la vision distincte : elle a 2 mm. de diamètre horizontal et 0"'",8 de diamètre vertical, ce qui correspond environ à des distances angulaires de 4** et 2**. L'excavation centrale a un diamètre de 0""",2, ce qui correspond à la distance angulaire très petite de 0',4, soit 12'.
A la question de l'excitabilité rétinienne, se rattache en partie la question de Vacuité visuelle (faculté de distinguer, comme sensations distinctes, 2 sensations résultant de 2 impressions distinctes, en 2 points rétiniens voisins). L'acuité visuelle se mesure par l'angle visuel minimum sous lequel 2 objets (2 étoiles, p. ex.) distincts sont vus isolés. En supposant la mise au point parfaite, l'acuité est fonction rétinienne : en général, 2 points situés à une distance angulaire de 1' sont vus isolés, mais certaines personnes, dont l'acuité visuelle est excellente, voient encore isolés des points dont la distance angulaire est de 30"; quand 2 points situés à une distance angulaire de 1' ne sont pas vus isolément, l'acuité visuelle est inférieure à la normale. L'angle visuel de 30" correspond, sur la rétine, à environ 4 pi, c'est-à-dire au diamètre d'une terminaison de cône. On peut donc admettre que, normalement, sont vus isolés les points dont l'image rétinienne se fait sur 2 éléments