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LE POURPRE RÉTINIEN

de Jacoby et que nous reconnaissons grâce à sa coloration et à sa décoloration; il est possible qu'il existe d'autres substances analogues, incolores, mais pourtant modifiables par la lumière. Ce n'est là qu'une hypothèse, mais elle n'est pas invraisemblable, d'autant moins que le pourpre rétinien n'est pas identique dans toutes les espèces, où il existe : le pourpre rétinien des mammifères, des oiseaux et des amphibiens est rose, il présente une bande d'absorption dans le vert ; celui des poissons est plus violet, il présente une bande d'absorption dans le jaune vert.

Sous l'influence de la lumière, rarticle externe des cônes se raccourcit; il s'allonge à robscurité (cet effet se produit, même dans l'œil préservé de l'action de la lumière, quand l'autre œil est vivement éclairé; il ne résulte donc pas de l'action directe de la lumière sur les cônes).

Enfin, sous l'influence de la lumière, on voit les granulations pigmentaires des cellules pigmentaires de la couche externe de la rétine, descendre vers la membrane limitante externe et l'atteindre, quand l'éclairement est vif; dans l'obscurité, ces granulations remontent dans le corps de la cellule.

Les Gbres des nerfs optiques dont les corps de neurones sont la rétine, se dirigent vers le chiasma : là se produit un entre-croisement total ou partiel, selon les espèces considérées : il est total, chez les oiseaux; il est partiel, chez l'homme, le chien, le chat. Les bandelettes optiques, qui semblent continuer en arrière les nerfs optiques, sont constituées, chez l'homme et les animaux à chiasma incomplet, de fibres provenant du côté opposé. La destruction d'une bandelette optique (droite, p. ex.), chez l'homme, produit une hémianopsie vraie ; le champ visuel des deux yeux est supprimé du côté opposé à la lésion (hémianopsie gauche); donc, la bandelette considérée contient les fibres issues des deux demi-rétines du môme côté (droit, p. ex.). La section d'une bandelette optique, chez le chien, produit des phénomènes analogues ; toutefois, l'entre-croisement est moins complet : il ne correspond qu'au quart interne de la rétine;

les fibres issues des 3/4 externes ne sont pas entre-croisées; il y a hémianopsie (à condition de ne pas donner au root un sens trop rigoureusement étymologique). La section sagittale du chiasma produit, chez le chien, dans chaque œil, la suppression du quart externe du champ visuel, car elle intéresse les fibres issues du quart interne de chaque rétine. On peut suivre les fibres des bandelettes optiques (grâce aux dégénérescences, consécutives à la section des nerfs optiques, ou à Fénucléation oculaire) ^, et on les voit contourner les pédoncules cérébraux, pour se mettre en rapport avec les tubercules quadrijumeaux antérieurs, le corps genouillé externe, la couche optique et la substance grise qui recouvre le 3"^ ventricule; on ne les suit pas au delà. Les impressions sont reprises à ce niveau par d'autres neurones, non encore déterminés, qui, par la partie postérieure de la branche postérieure de la capsule interne, les conduisent à l'écorce occipitale.

Le nerf optique est une voie centripète de réflexes : son excitation, physiologique ou expérimentale, détermine un rétrécissement pupillaire (réflexion par le moteur oculaire commun), une occlusion des paupières (réflexion par le facial), et une sécrétion des larmes (réflexion par le nerf lacrymal, branche du trijumeau).

Une vibration lumineuse, agissant sur la rétine, détermine une sensation lumineuse, si elle remplit 3 conditions : 1° avoir une certaine longueur (Tonde; 2® avoir une certaine durée; 3° avoir une certaine intensité.

On ne perçoit de sensation lumineuse que pour les vibrations dont la longueur d'onde est comprise entre les longueurs d'onde de l'extrême rouge et de l'extrême violet du spectre. La durée de l'impression lumineuse ne doit pas être infiniment petite, pour produire une sensation ; la durée minima varie d'ailleurs, avec l'intensité de la lumière ; si on voit un éclair, dont la durée ne dépasse pas 08«c,000001, on ne voit pas des lumières faibles de même durée. La sensation augmente d'intensité avec la durée de l'impression, jusqu'à ce que cette

1. Après double section des nerfs optiques, toutes les fibres des bandelettes optiques ne dégénèrent pas ; ces bandelettes contiennent donc des fibres anastomotiques, non issues des rétines.

LA PBRSISTANGB DES IMPRESSIONS RÉTINIENNES 813

durée atteigne 0«®*,05. Enfin, la lumière doit avoir une certaine intensité, extrêmement faible d'ailleurs, car on perçoit encore une lueur qui ne correspond qu'à 0,000001 de Téclairement moyen du jour moyen, cette intensité appréciable variant d'ailleurs, selon les conditions physiologiques.

Si on produit un phénomène lumineux extrêmement eonrt (étincelle électrique, p. ex.), la sensation lumineuse dure plus longtemps que le phénomène et elle présente, pendant sa durée, des variations d'intensité : l'étincelle semble d'abord augmenter d'éclat, jusqu'à un certain maximum, puis elle diminue et disparaît.

Il est impossible de dire si cette persistance de la sensation, qu'on a appelée, peut-être imprudemment permtance des impressions rétiniennes, a sa cause dans le phénomène physiologique rétinien, ou dans le phénomène physiologique cortical, ou dans le phénomène psychologique de la sensation.

On doit rapporter à cette persistance des impressions rétiniennes, divers phénomènes de physiologie amusante : le cercle de feu tracé par un charbon incandescent, etc. On peut analyser ces phénomènes, au moyen de disques rotatifs, iur lesquels on a tracé des secteurs alternativement blancs et noirs. Si devant un tel disque tournant, on a disposé un écran percé d'une fente, à travers laquelle on regarde, on voit alternativement blanc et noir, quand la rotation est lente; si la rotation s'accélère, la sensation, produite par le secteur blanc, persiste encore pendant une partie du temps de passage du secteur noir, et on voit blanc plus longtemps qu*on ne voit noir; si la rotation s'accélère encore, la sensa- «ation blanche persiste pendant toute la durée du passage lu secteur noir; il y a seulement diminution de l'intensité ie la sensation blanche, pendant le passage du secteur noir [papillotement); enfln, si la rotation est très rapide, la sensation blanche est continue et constante. La vitesse de rotation d'un même disque, pour laquelle la sensation devient constante, est d'autant plus petite que l'éclairement du disque est plus grand : la persistance des impressions rétiniennes est donc d'autant plus grande, que ces impres-

sions sont plus intenses. Disons, pour fixer les idées approximativement, que la durée de Tim pression rétinienne est d'environ O'^^SSB, pour une impression extrêmement courte, correspondant à un éclairement de jour moyen.

A ce groupe de phénomènes, se rattache le phénomène des images consécutives positives, qui se produit, quand une lumière vive a impressionné la rétine pendant quelque temps. Si on fixe une lumière de lampe et si on place vivement la main entre les yeux et la lampe, on voit sa lumière pendant quelques instants. Si on regarde une fenêtre éclairée, puis un écran noir, on voit encore, pendant quelques instants, Timage de la fenêtre, projetée sur Técran. ~ En général, il se produit, dans ces conditions, le phénomène des images consécutives négatives : si, après avoir regardé pendant assez longtemps une fenêtre très vivement éclairée, on regarde un écran faiblement éclairé, on voit, pendant quelques instants, l'image intervertie de la fenêtre, les parties éclairées paraissant obscures, les parties obscures paraissant claires. Ce n'est pas là un phénomène de persistance des impressions rétiniennes, mais un phénomène de fatigue rétinienne, les parties de la rétine impressionnées par une vive lumière, ne possédant plus au même degré que les autres parties, la faculté de percevoir la lumière émise par récran, faiblement éclairé.

Si on regarde 2 cercles, ou 2 carrés de mêmes dimensions, Tun noir sur fond blanc, Tautre blanc sur fond noir, le cercle, ou le carré blanc parait plus grand que le noir. C'est un phénomène dHt^adiation, On a prétendu que ce phénomène est la conséquence d'une accommodation imparfaite, les points situés sur le bord de la figure blanche, se projetant sur la rétine en cercles, empiéteraient sur le noir. C'est là une hypothèse, purement et simplement. 11 est tout aussi vraisemblable que l'accommodation soit parfaite et que l'impression se produise dans la rétine, non seulement dans la partie recouverte par l'image, mais encore dans les parties immédiatement voisines : n'avons-nous pas signalé l'existence de cellules anastomotiques, situées en avant des cellules de cônes et de bâtonnets, et les faisant communiquer entre elles. Enfin, rien ne prouve que l'irradiation soit un phénomène rétinien et non un phénomène cérébral. Abstenonsnous donc, prudemment, de toute interprétation.

Quand 2 objets, l'un fortement^ l'autre faiblement éclairé, sont juxtaposés, le premier parait plus éclairé que s'il était

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