LES SENSATIONS M COULEUR M
les eXpi*essions clair et sombre, quand il s'agit d'intensité, et les expressions pâle et saturé, quand il s'agit de pureté.
Le mélange de 2 couleurs spectrales non complémentaires ne donne pas de sensation nouvelle, sauf le pourpre ; elles donnent des sensations de même ton que les couleurs simples, mais moins saturées, donc équivalentes à des sensations produites par un mélange d'une couleur simple et de blanc. Les couleurs spectrales et le pourpre sont, pour ces raisons, appelés couleurs fondamentales.
Le mélange de plus de 2 couleurs ne donne pas de sensations nouvelles. On peut, en mélangeant en quantités convenables 3 couleurs suffisamment éloignées dans le spectre, obtenir (ce qui n'est pas possible avec 2 couleurs) toutes les couleurs possibles, mais aucune des couleurs ainsi obtenues n'est saturée. L'œil ne décompose pas, comme le prisme, une couleur composée en ses constituants : une même sensation colorée peut correspondre à des mélanges de radiations différentes, en proportions différentes.
Le champ visuel des diverses colileurs n'a pas la même étendue. A la périphérie du champ visuel, les objets sont vus, sans qu'on en perçoive la couleur, ce n*esl qu'en rapprochant l'objet de l'axe de flxation, que sa couleur est perçue. En déplaçant un objet coloré, depuis les limites du champ visuel jusqu'à son centre, et en déterminant la position pour laquelle la couleur est perçue, on a établi que le champ visuel diminue du blanc au bleu, au rouge et au vert. Il est difficile de donner des nombres, car les champs visuels, pour une môme couleur, sont d'autant plus étendus que la couleur est plus intense : le tableau suivant ne repré*sente que des indications approximatives :
Blanc. Bleu. Rouge. Vert.
En dehors 70«'-88»
' Kn dedans 50-60
En haut 45 -55
En bas 65-70
Plusieurs hypothèses ont été proposées, pour expliquer les sensations colorées. Telles sont :
Théorie de Young-Helmholtz. — La rétine contient 3 sortes d'éléments, respectivement excitables plus particulièrement, mais non exclusivement, par les rayons rouges, verts et violets. Chaque couleur spectrale excite tous ces éléments, mais avec une intensité maxima pour l'un d'eux, ou pour deux d'entre eux. Les rayons rouges excitent énei^iquement les éléments n** 1 et faiblement les éléments n° 2 et n** 3; il en résulte la sensation rouge. Les rayons jaunes excitent fortement les éléments n° 1 et n° 2, faiblement les éléments n** 3; il en résulte la sensation jaune, etc. La lumière blanche excite fortement tous les éléments; il en résulte la sensation blanche. — Une couleur excitant les 3 éléments peut être considérée comme formée : de blanc, qui excite les 3 éléments avec la même intensité , et d'une couleur surajoutée, excitant seulement 2 éléments; il y a sensation de couleur non saturée.
Théorie d'Hering. — La sensation visuelle est le résultat de modifîcations chimiques rétiniennes : la rétine renferme 3 substances distinctes, qui se détruisent, ou qui se forment, sous l'influence des diverses radiations colorées. L'une de ces substances se détruit sous l'influence de la lumière blanche, et se forme en l'absence de lumière : à son assimilation, correspond la sensation de noir; à sa désassimilation,' la sensation de blanc; toute la gamme des blancs, gris et noirs, correspondant à des phénomènes concomitants d'assimilation et de désassimilation, en proportions variables. Des 2 autres substances, l'une se détruirait par le rouge, et se formerait par le vert; l'autre se détruirait par le jaune et se formerait par le bleu.
H n'y a pas lieu de discuter ici ces théories; ce ne sont pas d'ailleurs des explications, mais simplement des hypothèses, permettant uniquement de cataloguer les sensations colorées.
Certaines personnes ne distinguent que des différences d'intensité entre 2 couleurs qui, pour la majorité des hommes, présentent des différences de tons : c'est ce qu'on appelle la cécité des couleurs, ou dyschromatopsie. Ce défaut passe souvent inaperçu, car les sujets désignent par 2 noms différents des couleurs qui ne diffèrent pour eux que par leur intensité; — on le met en évidence, soit en faisant examiner au sujet des radiations spectrales pures, non accompa-
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^nées des radiations voisines, soit en lui faisant trier un tas ^'écheveaux de soies de couleurs et de teintes différentes.
On a signalé, exceptionnellement, des cas de cécité totale ^es couleurs, ou achromatopsie : le spectre ne présente plus ^e couleurs, mais seulement un maximum d'éclairement ^u niveau du jaune. Pour de tels sujets, le monde n'est pas ime peinture, c'est une photographie.
Le plus souvent, il y a cécité partielle des couleurs et on en distingue 2 catégories principales : la cécité pour le bleujaune, et la cécité pour le rouge-vert. — Dans le cas de cécité pour le bleu-jaune, le spectre solaire est dichromatique, formé uniquement de rouge et de vert, l'extrémité violette est généralement supprimée : on dit encore qu'il y a érythrochloropie, — Dans le cas de cécité pour le rougevert, le spectre solaire est dichromatique , formé uniquement de jaune et de bleu. On a distingué 2 formes de la cécité pour le rouge- vert : 1* la cécité pour le vert (xanthocyanopie), ou cécité pour le rouge-vert, à spectre non raccourci : il y a confusion du vert clair et du rouge foncé; dans le spectre, le jaune et le bleu s'accolent; — 2" la cécité pour le rouge (daltonisme ou anérythroblepsie), ou cécité pour le rouge-vert, à spectre raccourci : le rouge spectral est incolore, le jaune s'accole au bleu.
On a observé des phénomènes de dyschromatopsie dans certaines névroses, dans certaines maladies du système nerveux et dans certaines intoxications; l'ingestion de santonine produit la cécité pour le violet : on voit tout jaune (après une phase transitoire, dans laquelle on a vu tout violet).
Dans le champ visuel de l'œil normal, les couleurs ne sont pas vues à la périphérie, mais seulement dans la partie centrale : dans la partie moyenne, le bleu et le jaune sont vus, le rouge et le vert ne sont pas vus. Le champ visuel comprend donc 3 zones : une centrale, dans laquelle toutes les couleurs sont vues; une périphérique, dans laquelle aucune couleur n'est vue (achromatopsie); une moyenne, dans laquelle le bleu et le jaune seuls sont vus (dyschromatopsie, cécité pour le rouge-vert).
Vœil est mobile dans Vorbile, Tous ses mouvements ont lieu autour d'un point flxe, dit centre de rotation de l'œil, situé, pour l'œil emmétrope, à environ 13""",5, en arrière du sommet de la cornée, sur l'axe optique de l'œil.
Pour analyser ces mouvements, on peut imaginer que l'œiU possède 3 axes de rotation : 1** un axe antéro-postérieur, oofl axe visuel, passant par la lâche jaune, le centre de rotation, le^ sommet de la cornée (%we du regard); — 2"* un axe transversal J horizontal, perpendiculaire à la ligne du regard, au centre ^ de rotation; — 3'un axe vertical, perpendiculaire au plan des 2 premiers, au centre de rotation.
On appelle plan du regard, le plan déterminé par la ligne du regard et la ligne qui unit les centres de rotation des 2 yeux (ligne de base). L^observation montre que les 2 plans du regard sont confondus : les 2 lignes du regard sont parallèles. Le plan médian de la tête, qui passe par le milieu de la ligne de base, coupe le plan du regard, suivant la ligne médiane du plan du regard.
La position d'un œil peut être déflnie par 2 angles : l'angle ascensionnel du regard et Tangle de déplacement latéral. Supposons la ligne du regard, horizontale et parallèle à la ligne médiane du plan du regard (l'œil regardant Tinfini en face). Si l'œil tourne autour de Taxe transversal, la ligne du regard est élevée ou abaissée d'un angle, appelé angle ascensionnel du regard (considéré comme positif, quand la ligne du regard s'élève, comme négatif quand elle s'abaisse). Si l'œil (regardant l'inQni en face), tourne autour de son axe vertical, la ligne du regard est déviée, à droite ou à gauche, d'un angle, appelé angle de déplacement latéral (considéré comme positif, quand la ligne du regard est déviée à droite, comme négatif, quand elle est déviée à gauche). L'œil pouvant être amené dans une position quelconque, par 2 mouvements de rotation autour de l'axe transversal et de Taxe vertical, sa position peut toujours être définie par les 2 angles considérés.
L'œil peut se déplacer environ de 40" en dehors, de 45' en dedans, de 45* en haut et de 55° en bas, avec des variations individuelles.
Enfln, il se produit des mouvements de roue, quand l'œil tourne autour de son axe antéro-postérieur : ces mouvements se produisent, quand le sujet incline la tête; ils sont compensateurs de cette inclinaison. La position de l'œil ayant exécuté un mouvement de roue, est définie par son angle de rotation autour de l'axe antéro-postérieur.
On a coutume de distinguer 3 positions de l'œil : — 1* les positions primaires : la ligne du regard est horizontale et parallèle à la ligne médiaive dw ^\^xv du regard ; — 2*» les pan-