LES MOUVEMENTS DES YEUX
Uons secondaires : positions de Poeil, quand la ligne du regard s*e8t élevée ou abaissée, tout en restant dans le plan sagittal de Tœil, ou quand elle s^est écartée à droite ou à gauche, tout en restant dans le plan horizontal; — 3*^ les posi" Hans ternaires, résultant de la combinaison des 2 mouvemenU d'éléyation et d'écartement.
Les mouvements des 2 yeux sont toujours associés, de telle sorte que les 2 lignes du regard se dirigent vers le point fixé. Aussi ne pouvons-nous jamais élever un œil et abaisser l'autre, et si nous pouvons parfois les faire converger (comme cela a lieu dans la vision proximale), nous ne pouvons jamais les faire diverger.
Ces mouvements sont produits par les contractions des 6 muscles de Vceil : 4 muscles droits et 2 muscles obliques. Les muscles droits s^insèrent : en arrière, sur l'aponévrose orbitaire, vers le fond de l'orbite; en avant, sur la sclérotique, dans rhémisphère antérieur de l'œil, non loin du méridien transversal; les droits interne et externe sur le méridien horizontal, les droits supérieur et inférieur sur le méridien vertical antéro-postérieur. Le grand oblique, après s'être réfléchi sur une poulie fibreuse, fixée à la partie supérointerne du bord de Torbite, s'insère sur la sclérotique, dans rhémisphère postérieur de l'œil, et en dehors; le petit oblique s'insère sur la paroi inférieure de l'orbite, et sur la sclérotique, dans l'hémisphère antérieur de l'œil et en dedans.
On considère, pour chaque muscle, son plan de traction, déterminé par le centre de rotation de l'œil et la ligne qui joint les 2 insertions du muscle, et l'axe de rotation, autour duquel il entraîne le globe de l'œil ; c'est la perpendiculaire au plan de traction, par le centre de rotation.
Pour les muscles droits interne et externe, le plan de traction est sensiblement confondu avec l'équateur horizontal de l'œil; Taxe de rotation est donc l'axe vertical de l'œil : ils attirent la cornée en dedans ou en dehors. — Pour les muscles droits supérieur et inférieur, le plan de traction est vertical, l'axe de rotation est horizontal et fait un angle d'environ 20**, avec l'axe transversal de l'œil : ils attirent la cornée en haut et un peu en dedans (droit supérieur), ou en bas^t un peu en dehors (droit inférieur). — Pour les muscles obliques, l'axe de rotation est horizontal, et fait un angle de 60** avec l'axe transversal de l'œil : le grand oblique attire la cornée en haut et en dehors; le petit oblique, en bas et en dehors.
8^ LA vmm
Quand tous les muscles de rœil sont au repos, la ligne du regard est horizontale ; les deux lignes du regard se coupent en avant de Tûeil, à enyiron 40 centimètres, les yeux sont convergents.
Dans lés mouvements de Fœil, interviennent 1, 2 ou 3 muscles. Le tableau suivant résume cette question r
1 muscle
2 muscles
3 muscles
Dfrectian du rogard. ' Muscles actifs,
en dedamsi. .-.....:...-. D. I.
en dehors 4.., D. E.
en haut D. S. — P. O.
en bas D. Inf . — G. O.
en dedanâ et «n haut. D. Int. — D. S. — P. O. en dedans et en bas. . . D. Int. — D. Inf. — G. O.
en dehors et «en haut.. D. E. — D. S. — P. O.
exi dehors et en ba^s. . . D. E. — D. Inf. — G. O.
Ces muscles sont innervés : le droit interne, le droit supérieur, le droit inférieur et le petit oblique, par le nerf moteur oculaire commun; — le grand oblique, par le pathétique; — le droit externe, par le moteur oculaire externe.
Les mouvements des yeux sont sous la dépendance d*un mécanisme nerveux complexe, grâce auquel des muscles divers, innervés par des nerfs différents, entrent en jeu avec une intensité différente, pour diriger les lignes du regard des deux yeux vers le point fixé. Ce mécanisme n'est pas soumis à la volonté, car si nous pouvons diriger le regard où il nous plaît, nous ne pouvons diriger les lignes du regard des 2*yeux vers deux points différents. Le même mécanisme préside, en même temps, à l'accommodation cristallinienne, et à la contraction pupillaire d'accommodation.
Le nerf moteur oculaire commun naît d'un rayon gris, situé sur le prolongement de la corne antérieure de la moelle, audessous de l'aqueduc de Sylvius ; il préside aux mouvements des muscles de l'œil, sauf le droit externe et le grand oblique; il donne des fibres au releveur de la paupière supérieure, au muscle ciliaire et au sphincter de la pupille. La paralysie complète de ce nerf a pour conséquences : V le prolapsus de la paupière supérieure (ptosis) ; 2" l'immobilité à peu près complète du globe de l'œil; 3" le strabisme en dehors et en bas (avec diplopie consécutive) ; 4° la saillie, en avant, du globe de l'œil (par action du grand oblique non compensée); 5° la dilatation pupillaire (mydriase); 6» l'incapacité de la pupille
LKS POINTS RÉTINIENS CORRESPONDANTS 823
de se iontracter par la lumière; 7° Timpossibilité d'accommoder. — L'excitation de ce nerf produit les phénomènes inverses^ notamment une élévation exagérée de la paupière supérieure (lagophtalmie spasmodique), etc.
Le nerf pathétique naît d'un noyau gris, situé sur le prolongement de la corne antérieure de la moelle, au niveau de Taqueduc de Sylvius. 11 innerve le grand oblique. Sa paralysie influe légèrement sur les mouvements de l'œil, en dehors et en bas, etproduit un léger strabisme en dedans et en haut.
Lé nerf moteur oculaire externe naît en avant du facial, de la même colonne grise que les nerfs précédents; il innerve le droit externe; sa paralysie produit le strabisme convergent (avec diplopie consécutive).
Quand on fixe un point avec les 2 yeux, les 2 images se font sur les taches jaunes : on ne voit qu'un objet, bien qu'il y ait 2 images. Les taches jaunes qui possèdeiït cette propriété, ({ue les images semblables qu'elles recueillent ne déterminent qu'une sensation, sont dites points tétiniens identiques ou correspondants. Il existe dans les 2 rétines une infinité de points identiques 2 à 2. Il suffit, pour les déterminer, de supposer qu'on porte l'œil droit sur l'œil gauche, en le déplaçant parallèlement à lui-même de façon que les méridiens horizontal et vertical ântéro-postérieur des 2 yeux soient superposés : d^ns cette position, les points identiques des 2 rétines se recouvrent.
Supposons, en effet, que les yeux soient dans la position primaire (regardant l'infini en face), tous les points à l'infini sont vus simples; or, ces points font précisément leurs images respectives sur les points rétiniens, qui se recouvrent dans les yeux disposés comme nous venons de le dire. — Si on fixe un point A (fîg. 32) assez rapproché de l'œil, deux points voisins M et M' sont vus simples, comme le point A; la figure montre que leurs images se font sur 2 points correspondants, définis comme nous venons de le faire.
Toutes les fois que les 2 images se font en des points autres, il y a diplopie. Si, p. ex., on fixe un point 0
LA VISIOlï
rrVf
Fig. 32. -- Points rétiniens correspon dants.
(fîg. 33), il est vu simple; mais des points A et B, plus éloignés ou plus rapprochés, sont vus doubles ; c'est là
un fait d'observation :
leurs images se font en des points non correspondants, ainsi qu'il apparaît clairement dans la figure. La diplopie est dite homonyme quand, des 2 images vues, celle de droite correspond à l'œil droit, celle de gauche correspond à l'œil gauche; c'est le cas pour le point A : si, en effet, l'œil droit fixait A, une image qui se ferait en A dans l'œil gauche, correspondrait à un point
situé à gauche de A, La diplopie est croisée quand, des 2 images vues, celle de droite correspond h, l'œil gauche et inversement ; c'est le cas pour le point B. Pratiquement, on placQ un écran devant un œil et on voit laquelle des 2 images disparaît.
On appelle horoptère, l'ensemble des points de l'espace qui font leur image sur des points correspondants des deux rétines, dans une position déterminée des yeux. La forme de l'horoptère varie avec ^cette position; c'est là une question de géométrie que nous n'avons pas à développer. Dans la position primaire des yeux, l'horoptère
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Fig. 33. — Horoptôre et Diplopie.
L'HOROPTÈRE 825
est le plan vertical à Tinfini. Dans la fixation d'un point peu éloigné, Thoroptère est un cylindre vertical, ayant pour trace, sur le plan horizontal, un cercle passant par les centres optiques des 2 yeux et par le point visé.
Nous voyons la plupart des objets doubles, car Thoroptère est toujours très limité. Si nous n'avons pas conscience de cette diplopie, c'est que notre attention n'est normalement ûxée que sur le point fixé. Pratiquement, on ne parle de diplopie, que dans le cas où l'image d'un objet se fait dans un œil sur la tache jaune, dans l'autre œil en dehors de la tache jaune. Ce sera, p. ex., le cas quand il y a paralysie ou contracture des muscles d'un œil, ou même d'un seul muscle (quand il y a strabisme).
Le champ visuel binoculaire est plus étendu que le champ visuel monoculaire, car le champ visuel de chaque œil est plus étendu en dehors qu'en dedans. Si les 2 moitiés gauches rétiniennes sont paralysées, il y a suppression des demi-champs visuels droits : il y a donc hémianopsie (1/2 cécité) droite, ou hémiopie (1/2 vision) gauche.
Les sensations visuelles fournissent les éléments des jugements visuels^ grâce auxquels nous apprécions la direction, la distance, les déplacements, les dimensions des objets.
A Pœil, sont annexées les paupières et la glande laci^ymale. Les paupières sont closes par l'abaissement de la paupière supérieure, sous Tinfluence de la contraction du muscle orbiculaire des paupières, innervé par le nerf facial. Ce muscle se contracte sous Tinfluence de la volonté, ou sous l'influence d^une action réflexe : il se produit, selon que la contraction est soutenue ou de courte durée, l'occlusion de Forifice palpébral (comme dans le sommeil), ou le clignement. Le clignement se manifeste sous Tinfluence d'une vive lumière (action transmise aux centres par le nerf optique), ou du contact d'un corps étranger avec la conjonctive, etc. L'ouverture de l'orifice palpébral résulte de rabaissement passif de la paupière inférieure, et du soulèvement actif (muscle releveur de la paupière) de la paupière supérieure. Les larmes sécrétées par la glande lacrymale (de structure
&ssez< semblable à celle des parotides), se déversent, par plusieurs canaux, au-dessus de la commissure externe des paupiëres, dans ie çul-de-sac conjonctival supérieur. Le clignement de Tœil (qui se produit sous l'influence de la sécheresse de la conjonctive), les étale k la surface conjonctivale, d'où elles s'écoulent; par les points lacrymaux, le sac lacrymal et le canal nasal, dans les fosses nasales. — La sécrétion des larmes est sous la dépendance de filets nerveux issus, les uns du trijumeau, les autres du sympathique cervical, qui les reçoit de la moelle dorsale supérieure et les transmet au trijumeau. Le nerf. lacrymal provient du rameau orbitaire du nerf maxillaire supérieur. La sécrétion des larmes est un phénomène réflexe, normalement déterminé par l'excitation de filet§ conjonctivaux, sous l'influence de la dessiccation de la conjonctive, pouvant être déterminée par diverses autres actions, par ex. par des actions portées sur la muqueuse nasale, etc.