CHAPITRE XL VII
Sommaire. — Un mot sur les vibrations sonores. Oreille externe, caisse du tympan, chaîne des osselets. Transmission des vibrations dans roreillé ext6me et dans l'oreille moyenne. Rôle des cellules mastoïdiennes et de la trompe d'Ëustacbe.: — Oreille interne : labyrinthes membraneux et osseux ; vestibule (utricule et saccule) ; canaux semicirculaires { limaçon; taches et crêtes acoustiques ; organe de Corti; branches vestibulaire et cochléaire du nerf auditif.
Bruits et sons. Les qualités du son : intensité (acuité auditive), hauteur, timbre. Sons simples et composés ; son fondamental et harmoniques. Consonances et dissonances ; battements.
Xiésibns des canaux semi-circulaires : mouvements de la tôte. Mouvemettits compensateurs >des yeux et vertige.
Appendice. La voix. Le larynx : comparaison avec un tuyau sonore à anche. Conditions de la production de la voix. Intensité, hauteur, timbre de la voix. La parole articulée. Voix chuchotée et voix articulée. Voyelles et consonnes.
Par Taudition, nous prenons connaissance de certaines vibrations des molécules du milieu ambiant, que nous désignons sous le nom de sons.
Les physiciens ont montré que les corps solides, liquides et gazeux, peuvent engendrer des vibrations sonores; ce sont des mouvements oscillatoires des molécules du corps sonore, se transmettant de proche en proche, aux molécules voisines. Ces oscillations sont longitudinales ou transversales, selon qu'elles se font dans la direction ou perpendiculairement à la direction de propagation. Elles durent un certain temps, de sorte qu*on peut considérer une série de molécules qui, au même moment, occupent la même position, par rapport à leur position d'équilibre; la plus courte distance qui sépare ainsi 2 molécules, occupant la même position, est dite longueur (Tonde : la longueur d*onde est égale au rapport de la vitesse de propagation au nombre des vibrations, dans l'unité de temps.
La vibration sonore la plus simple est une vibration pen-
dulaire; on rappelle vibration simple. On distingue son amplitude, c'est-à*dire Pécartement maximum des molécules vibrantes de leur position d'équilibre; sa durée de vibration, sa forme de vibration. — Les vibrations composées sont formées par la combinaison de plusieurs vibrations pendulaires; elles peuvent affecter une infinité de formes différentes. Quand, dans une vibration composée, Tune des composantes a une intensité manifestement plus grande que les autres, elle est dite vibration fondamentale; les autres sont dites vibrations harmoniques.
Les vibrations sonores sont longitudinales; elles se propagent dans Tair avec une vitesse de 333 mètres par seconde à 0°, et de 340 mètres à IS»; dans Teau à 4% elles se propagent avec une vitesse de 1430 mètres environ par seconde.
En général, les vibrations de Tair ne se communiquent pas aux corps solides; il y a toutefois une exception remarquable. Les corps solides, en vibrant, donnent un son propre; quand ce même son, produit en dehors d'eux, leur est transmis par l'air, ils entrent en vibration. Si l'on dispose d'une série de corps solides (on emploie de coutume des sphères creuses), accordés pour une série de sons, on peut analyser facilement un son simple ou complexe. De tels appareils sont dits résonnateurs.
L'appareil auditif de l'homme comprend un appareil de transmission des sons et un appareil d'impression par les sons: l'appareil de transmission est constitué par l'oreille externe et l'oreille moyenne; l'appareil d'impression par l'oreille externe.
L'oreille externe comprend le pavillon de l'oreille et le conduit auditif externe fibro-cartilagineux, prolongement du pavillon de l'oreille, logé dans le conduit auditif osseux, ménagé dans l'épaisseur du rocher.
L'oreille moyenne est représentée par la caisse du tympan et ses dépendances. La caisse du tympan est une poche membraneuse, contenue dans une loge osseuse, creusée elle-même dans le rocher; elle s'étend du conduit auditif externe à l'oreille interne; elle communique avec la portion nasale du pharynx (par la trompe d'Bustache), et avec les cellules mastoïdiennes, creusées dans l'os temporal; elle constitue une cavité lenticulaire biconcave de 3 à 5 mm. de diamètre, de i à 2 mm. d'épaisseur.
L'ANATOMIE Dfi L*OItEILLE MOYENNE
La caisse du tympan est limitée, du côté dé l'oreille externe, par une membrane ovalaire (son grand axe, dirigé d'arrière en avant, et de haut en bas, a 10 mm. ; son petit axe, perpendiculaire au précédent, a 8 mm.), obliquement tendue au fond du conduit auditif externe (celui-ci a environ 3 cm. de longueur), avec la paroi postéro-supérieure duquel elle forme tin angle obtus. Cette membrane, dite membrane du tympan, est conique, à sommet interne, à base externe (angle au som-
Fig. 34. — Schéma de l'oreillo moyenne.
e.a.e, conduit auditif externe; T, membrane du tympan; et^ caisse du tympan; fE, trompe ' d'Eustache ; /"r, fenêtre ronde; /o, fenôtro ovale; m, marteau; e, enclume; /, lenticulaire; E, étrier.
met égal à 125° environ); elle est formée par une lame moyenne fibreuse, dans laquelle est logé le nerf, dit corde du tympan, recouverte extérieurement par l'épithélium du conduit auditif externe, intérieurement par Tépithélium de la caisse du tympan, dépendance de l'épithélium de la muqueuse nasale, avec lequel il se continue par la trompe d'Eustache. La paroi interne de la caisse du tympan, présente de nombreuses irrégularités, parmi lesquelles il sufût de signaler
les suivantes. En face de la saillie interne de. la membrane du tympan, on distingue, sous la muqueuse de la paroi interne de la caisse, une saillie osseuse, le promontoire; audessus du promontoire, on distingue, dans la paroi osseuse, un orifice, la fenêtre ovale (i""",5 sur 3 mm.) ; au-dessous et en arrière du promontoire, on distingue, dans la paroi osseuse, un orifice, la fenêtre ronde (1""",5 de diamètre) ; — ces deux orifices sont comblés par une lame fibreuse, recouverte, de part et d'autre, par la muqueuse de roreilie moyenne et de Poreille interne.
Entre les 2 parois interne et externe de la caisse du tympan, s^étend une chaîne d'osselets : marteau, enclume, lenticulaire, étrier, articulés entre eux et suspendus k la partie supérieure de la caisse par des ligaments, et recouverts par la muqueuse de l'oreille moyenne. Le marteau est, en partie, logé dans l'épaisseur de la membrane du tympan, avec laquelle il fait corps, et est relié à la paroi interne de la caisse, par le muscle interne du marteau : ce muscle, en se contractant, attire en dedans le marteau et la membrane du tympan (muscle tenseur de la membrane du tympan). L'étrier s'appuie, par sa base, sur la membrane fibreuse de la fenêtre ovale; un muscle, fixé sur son col et sur la paroi interne de la caisse, applique plus énergiquement cette base sur la fenêtre ovale, en se contractant.
Toutes ces parties (oreille externe et oreille moyenne) transmettent la vibration sonore à Toreille interne. Le pavillon de l'oreille ne joue pas un rôle essentiel dans l'audition proprement dite, car pn entend bien quand il est supprimé, ou quand ses cavités sont comblées avec de la cire, ou quand on introduit un tube dans le conduit auditif externe ; mais il joue vraisembilal)lement un rôle dans l'appréciation de la direction du son; on éprouve, en effet, une certaine difficulté à localiser le son dans ces diverses circonstances.
La membrane du tympan vibre sous l'influence des sons; on peut le démontrer au moyen de leviers légers, dont une extrémité repose sur la membrane du tympan, dont l'autre extrémité, libre, les amplifie et peut les inscrire sur un cylindre tournant. La men^brâne du