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L'OLFACTION

Sommaire. — La muqueuse olfactive, les fibres nerveuses, le bulbe, les bandelettes olfactifs. Le nerf de Tolfaction. — Excitants de la muqueuse olfactive. Conditions de l'excitation. Excitabilité de la muqueuse olfactive ; fatigue olfactive. Sensations olfactives, tactiles et gustatives.

L'appareil olfactif comprend une partie limitée de la muqueuse des fosses nasales, la région olfactive, caractérisée par sa structure et par son innervation (nerf olfactif); (le reste de la muqueuse nasale constitue la région respiratoire). La région olfactive Correspond à la partie supérieure de la cloison nasale, au cornet supérieur et à une partie du cornet moyen; on la reconnaît à sa coloration jaunâtre, chez Thomme; à sa coloration brunâtre, chez le cobaye, le lapin, le chien, etc.

Dans la région respiratoire, Pépithélium est cylindrique, stratifié, recouvert de cils vibratiles. Dans la région olfactive, on distingue, dans Tépithélium, 3 sortes de cellules : des cellules àasales, sphériques, à contours irréguliers, à noyaux arrondis, formant une couche dans la profondeur; 2® des cellules de soutien, occupant toute l'épaisseur de l'épithélium et présentant : une partie moyenne, munie d'un noyau ovalaire, une partie profonde, irrégulière, adjacente aux cellules basales, et une partie superficielle, sans plateau cuticulaire et sans cils, vacuolaire et remplie de mucigène ; 30 des cellules olfactives, occupant toute Pépaûsseur de Fépithélium, constituées par une partie médiane renflée, contenant un gros noyau rond, recouvert d*une mince couche protoplasmique et par 2 parties périphériques effilées : une partie profonde, fine et variqueuse, se continuant sans interruption avec une fibre du nerf olfactif, et une partie superficielle, tige protoplasmique, s'insinuant entre les cellules de soutien, pour atteindre la surface de la

muqueuse et la dépasser, sous forme d'un bâtonnet clair et homogène, différent des cils proprement dits par la lenteur et rirrégularité de ses mouvements.

Les fibres nerveuses olfactives, prolongements de la partie profonde des cellules olfactives (fibres sans myéline), traversent la lame criblée de Tethmoïde et pénètrent dans le bulbe olfactif, où elles se terminent par des ramifications, au voisinage de neurones du bulbe olfactif, dits cellules mitraies. Ces cellules mitrales présentent un prolongement, dirigé vers les hémisphères, et qui fait partie de la bandelette olfactive (improprement appelée nerf olfactif); après section de la bandelette olfactive, la générescence se fait vers les hémisphères.

La destruction des lobes olfactifs, chez les animaux, ou leur dégénérescence, chez Thomme, suppriment l'odorat.

La muqueuse olfactive n'est pas excitée (aucune sensation d'odeur ne se produisant) par les agents mécaniques (attouchements ou chocs), calorifiques (eau froide, ou eau chaude, introduites dans les fosses nasales), ou électriques. Elle n'est excitée que par certaines substances, qu'on désigne, à cause de cette propriété, sous le nom de substances odorantes^ ou odeurs. Ces substances, déposées en masses sur la muqueuse olfactive, ne déterminent pas de sensation d'odeur; elles n'en produisent que lorsqu'elles sont à l'état de gaz ou de vapeurs, ou peut-être aussi de gouttelettes liquides, ou de particules solides extrêmement fines. Mais toutes les substances gazeuses, ou réduites à l'état de gouttelettes ou de particules extrêmement fines, ne produisent pas de sensation d'odeur. Il est impossible d'indiquer la caractéristique objective des odeurs.

La sensation d'odeur ne se produit que si la substance odorante est apportée par un courant d'air en mouvement, dirigé d'avant en arrière et de bas en haut, venant se briser sur la muqueuse olfactive. En efTet : 1® si on approche de l'orifice des narines un corps odorant volatil, et si on respire exclusivement par la bouche, on ne perçoit aucune odeur, bien que, certainement, des particules odorantes aient pénétré par diffusion dans

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l'air des fosses nasales, et soient venues au contact de la muqueuse olfactive ; — 2° si on aspire par la bouche une Yiipeur odorante, et si on l'expulse par les fosses nasales, il ne se produit aucune sensation d'odeur, ou seulement une sensation très réduite ; — 3<* les sensations d'odeur sont d'autant plus nettes et plus intenses, pour une même vapeur, contenue dans la même proportion dans le milieu ambiant, que les inspirations sont plus brusques et plus répétées : c'est pour cela qu'on flaire, quand on veut sentir.

Pour que les odeurs soient perçues, il faut encore que la muqueuse olfactive présente un certain degré d'humidité : on ne sent pas quand la muqueuse est sèche ; mais la muqueuse ne doit pas être trop humide ; si on introduit, dans les fosses nasales, de l'eau contenant une substance odorante (eau de Cologne, p. ex.), on ne perçoit aucune odeur; il y a plus, le simple contact très court d'eau avec la muqueuse olfactive, lui fait perdre pour un certain temps sa sensibilité olfactive.

La sensibilité de la muqueuse olfactive dépend de la nature de la substance odorante. Pour certaines substances, elle est extrême. Si on admet que la sensation se produit quand 50 ce. d'air, contenant l'odeur, ont été aspirés, on perçoit des sensations odorantes, avec les quantités suivantes des substances suivantes :

Brome 1/600» do mmgr

Hydrogène phosphore 1/500 000« —

Hydrogène sulfuré 1/700 000« —

Musc 1/2 000 000» —

Morcaptan 1/160 000 000« —

La sensibilité de la muqueuse olfactive, pour une odeur déterminée, dépend essentiellement du temps pendant lequel l'odeur a agi sur la muqueuse. Très bien perçue au début, l'odeur ne tarde pas à ne plus provoquer de sensation : il y a fatigue rapide de l'appareil olfactif, pour une odeur déterminée (mais non pour les autres odeurs) ; mais il y a aussi réparation rapide

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