LE SYSTÈME NERVEUX EXTRA-CARDIAQUE
Le cœur possède en lui-même son moteur, c'est une proposition nettement établie par les expériences que
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nous avons sommairement rapportées. Mais il est pourtant soumis à Faction du système nerveux général, avec lequel il communique par l'intermédiaire du plexus cardiaque, constitué par l'intrication de fibres provenant des nerfs vagues et sympathiques.
L'étude du système nerveux extrinsèque du cœur a été faite plus particulièrement chez les mammifères ; les résultats en ont été toutefois vérifiés chez la grenouille et chez la tortue.
Chez rhomme, le nerf vague ou pneumogastrique s'anastomose, au niveau de son ganglion plexiforme, avec le nerf spinal dont il reçoit la branche interne; — il descend le long de la carotide, en émettant diverses branches, parmi lesquelles nous ne considérerons que les suivantes, qui seules contiennent des filets cardiaques : — un rameau cardiaque issu du nerf laryngé supérieur (branche du vague); — un rameau cardiaque issu de la convexité du récurrent (branche du vague), — des rameaux cardiaques, et ce sont de beaucoup les plus importants, on peut dire les seuls importants, issus du vague à divers niveaux dans les régions cervicale inférieure et thoracique supérieure. — Les filets sympathiques du plexus cardiaque proviennent principalement des ganglions cervical inférieur et premier thoracique et de Tanse de Vieussens interposée à ces deux ganglions.
Chez le chien, les nerfs vague et sympathique sont confondus en un tronc commun (vago-sympathique) dans la région cervicale et ne sont distincts qu*à partir et au-dessus du ganglion cervical supérieur, à partir et au-dessous du ganglion cervical inférieur. Chez le chat et le lapin, les nerfs vague et sympathique sont distincts dans toute l'étendue du cou ; un 3* nerf, le dépresseur, les accompagne dans la région cervicale moyenne et inférieure.
Sectionnons Tun quelconque des deux vagues chez le chat ou chez le lapin, l'un quelconque des deux vago-sympathiques chez le chien, nous n'observons aucun phénomène appréciable du côté du cœur. — Sectionnons les deux vagues chez le chat ou chez le lapin, les deux vago-sympathiques chez le chien, nous obser-
vons, en général, une légère accélération du cœur. Notons que chez le chien, dont le cœur est normalement arythmique, la section des deux vago-sympathiques supprime cette arythmie.
Excitons par des courants d'induction fréquents le bout périphérique du vague cervical sectionné, chez le chat ou chez le lapin, ou du vago-sympathique sectionné chez le chien ; — et examinons les modifications de fonctionnement du cœur par l'un des procédés dont nous disposons (examen sur le thorax ouvert, acupuncture, sondes cardiaques, choc cardiaque, pression artérielle, pouls), nous constatons les faits suivants : Pour un courant très faible, il ne se manifeste aucun effet appréciable. Augmentons progressivement l'intensité du courant, jusqu'à ce que nous percevions une modification du côté du cœur: c'est une très légère diminution du nombre des battements; la durée de la pause cardiaque est augmentée; les systoles sont moins rapprochées l'une de l'autre. Augmentons l'intensité de l'excitant, il se produit une aggravation des modifications observées; et, pour une intensité suffisante de l'excitant, il se produit un arrêt du cœur en diastole. En augmentant, avec une extrême lenteur, l'intensité de l'excitant, on peut provoquer des arrêts partiels du cœur : c'est d'abord le ventricule qui cesse de se contracter, tandis que les oreillettes présentent encore des mouvements faibles et rares; ce sont ensuite les oreillettes qui s'arrêtent : le cœur en totalité est en diastole. On a prétendu que le cœur arrêté en diastole par excitation du vague, est plus flasque que le cœur en diastole normale ; on a traduit ce fait en disant que le cœur est en hypotomis et que le vague possède vis-à-vis du cœur une action antitonique. Mais le fait est contesté.
Les effets de l'excitation du vague sont les mêmes, qu'on excite le vague droit ou le vague gauche; mais l'intensité de l'excitant nécessaire pour obtenir un effet déterminé diffère généralement, selon qu'il est appliqué à l'un ou à Tautre des vagues; tantôt c'est le droit.
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tantôt c'est le gauche qui est le plus excitable pour une même espèce animale.
L'arrêt du cœur, produit par l'excitation des vagues, n'est pas définitif. Si on cesse d'exciter, le cœur ne tarde pas à reprendre ses battements, et ses premières contractions sont remarquables par leur grande énergie. Même dans le cas où l'on continue à exciter le vague après l'arrêt du cœur, cet arrêt n'est pas indéfini : au bout d'un temps, qui ne dépasse pas une minute chez les mammifères, une demi-heure chez les batraciens, le cœur se remet h battre. Les premières contractions qui se produisent, pendant qu'on continue l'excitation du vague, sont très espacées; elles se rapprochent de plus en plus, mais ne présentent jamais leur fréquence normale, tant qu'on excite le vague.
Cette reprise des battements du cœur, pendant la continuation de l'excitation du vague, est un phénomène de fatigue (par définition de la fatigue physiologique). Il doit être localisé non dans les vagues, mais dans l'appareil terminaLdans lequel se terminent ces nerfs. Supposons qu'on provoque l'arrêt du cœur par excitation d'un vague et qu'on maintienne l'excitation jusqu'à réapparition des mouvements du cœur; si, à ce moment précis, on excite le second vague, sans cesser d'exciter le premier, on constate que la réapparition des mouvements se produit exactement comme si l'on n'avait pas excité ce second nerf. C'est donc que le phénomène de fatigue doit être localisé dans un appareil terminal commun aux deux vagues. Si, avant d'exciter le second vague, on a cessé pendant quelques secondes l'excitation du premier, on constate un nouvel arrêt du cœur : c'est donc que ces quelques secondes ont suffi pour que l'appareil terminal dissipe toute manifestation de fatigue.
Quelques mmgr. d'atropine ou d'un sel d'atropine (i mmgr. suffit le plus souvent) suppriment complètement l'action cardiaque du vague ; l'excitation cervicale de ce nerf est absolument inefficace, quelle que soit la nature et l'intensité de l'excitant. On peut rendre au
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vague son excitabilité et son action cardiaque chez ranimai atropine par l'injection de quelques cgr. ( 1 cgr. suffit le plus souvent pour un animal ayant reçu i mmgr. d'atropine) de pilocarpine ou d'un sel de pilocarpine. L'action cardiaque du vague est aussi supprimée, ou tout au moins réduite, chez les animaux thyroïdectomisés et chez les animaux goitreux : on peut la rétablir chez ces animaux par l'injection de substances extraites de certaines glandes vasculaires sanguines (thyroïodine extraite de la thyroïde et hypophysine extraite du corps pi tui taire).
Certains auteurs ont considéré le vague comme un nerf moteur du cœur, et ont admis que l'arrêt du cœur consécutif à son excitation est la conséquence de son épuisement et doit être considéré comme une manifestation de fatigue : le vague se distinguerait entre tous les nerfs par la facilité et la rapidité de son épuisement. A l'appui de cette opinion, on a apporté les faits suivants : 1<> Quand on excite le vague avec un courant suffisant pour produire l'arrêt du cœur, il se produit toujours une contraction précédant l'arrêt; — 2^ Quand on cesse d'exciter le vague, le cœur étant arrêté, il se produit un retard de quelques secondes dans la réapparition des contractions, et ce n'est qu'après quelques minutes que le rythme normal est rétabli.
Ces faits sont incontestables, mais ils n'ont pas la signification qu'on prétend leur attribuer. Nous ne pouvons accepter l'hypothèse du nerf vague moteur du cœtœ, pour les raisons suivantes. — 1<» Si les vagues étaient nerfs moteurs du cœur, leur section devrait provoquer l'arrêt du cœur; nous savons qu'elle ne provoque qu'une légère accélération; — l'ablation du cœur hors de l'organisme devrait en déterminer l'arrêt, nous savons qu'il n'en est rien, pourvu que la circulation coronaire soit entretenue, chez les mammifères; — 2° Si les vagues étaient nerfs moteurs du cœur, l'excitation d'un seul vague ne devrait pas produire l'arrêt du cœur, car le second vague ne serait pas par là épuisé ; — 3*^ Si les vagues étaient nerfs