‹ Eléments de physiologieChapitre 49 sur 379 · LA VITESSE DU COURANT SANGUIN · texte numérisé non relu

LA VITESSE DU COURANT SANGUIN

vaisseaux sanguins une assez grande quantité d'eau salée physiologique ou de sang défîbriné, sans produire d'augmentation de pression. — On constate ainsi l'existence d'un mécanisme régulateur de la pression sanguine, veillant à ce que cette pression ne soit pas altérée par les variations de la quantité du sang; mais on n'en connaît ni les instruments, ni la manœuvre.

La pression artérielle est modifiée par les variations de calibre des vaisseaux et notamment des artères. Une contraction artérielle (pourvu qu'il ne se produise pas simultanément une dilatation artérielle dans un autre territoire) provoque une augmentation de la pression générale ; — une dilatation artérielle (pourvu qu'il ne se produise pas simultanément une contraction artérielle dans un autre territoire) provoque une diminution de la pression générale. Ainsi, la section de la moelle, au niveau des dernières vertèbres cervicales,- ou la section des grands splanchniques, en déterminant une vaso-dilatation abdominale, provoque un abaissement de la pression générale; — ainsi, l'excitation des mêmes organes, en déterminant une vaso-constriction abdominale, provoque une élévation de la pression générale; — ainsi, l'excitation du bout central du nerf dépresseur ou l'injection intra- veineuse de solutions de protéoses provoque un abaissement de la pression générale par vaso-dilatation abdominale.

Le second élément mécanique de l'écoulement du sang dans les vaisseaux est la vitesse.

La vitesse d'un moteur, en un point quelconque de sa trajectoire, est égale à la Umite du rapport de l'espace parcouru au temps employé à le parcourir, quand ce temps devient infiniment petit. C'est ce qu'on exprime par le symbole mathématique

de

11 résulte de cette définition que, dans le cas particulier du mouvement uniforme, la vitesse est égale au rapport de l'espace au temps.

Les appareils employés pour mesurer la vitesse du sang rlans les vaisseaux, hémodromomètres ou hémodromographeSj forment deux groupes : les uns font connaître la vitesse moyenne du sang; les autres, sa vitesse vraie à chaque instant.

Pour mesurer la vitesse moyenne, le procédé le plus simple consisterait à mesurer la surface de section d*un vaisseau et la quantité de sang qui s'écoule de ce vaisseau sectionné, pendant un temps déterminé. Le vol. Y de sang recueilli est égal au produit de la section S du vaisseau par l'espace e parcouru par le sang pendant le temps considéré t.

V = s X e d'où « = TT

La vitesse v est donnée par la formule suivante :

Celte méthode n'est pas rigoureuse, car l'ouverture d'une artère modifie les conditions de l'écoulement du sang qu'elle contient, en supprimant les résistances de la colonne sanguine périphérique : il y a de ce fait augmentation de la vitesse. En outre l'expérience ne doit durer qu'un temps très court, difficile par conséquent h. déterminer rigoureusement, sous peine de modifier les conditions de la circulation, par suite de l'évacuation partielle du sang.

l*our remédier à ces causes d'erreur, on a jecours à Tartifice suivant. On sectionne une artère et on introduit dans ses deux bouts les extrémités d'un tube en U, portant une graduation en volume et rempli d'eau salée physiologique. On établit la communication du tube avec l'artère : le sang chasse devant lui l'eau salée dans le bout périphérique de l'artère et remplit le tube en U. On note, avec un chronomètre à bouton, le temps employé par le sang pour remplir le tube, dont on connaît le volume. Il suffit de mesurer la surface de section de l'artère, pour posséder tous les éléments nécessaires au calcul de la vitesse. En opérant ainsi» on ne supprime plus les résistances périphériques et on ne modifie plus le volume du sang, contenu dans les vaisseaux, puisqu'on lui substitue nn égal volume d'eau salée.

DifTérentes modifications apportées à cet appareil on

LES HÉMODROMOMÈTRES i09

permis de rendre plus précises les données qu'il fournit; nous nous bornons ici à indiquer le principe de la méthode.

On a trouvé, chez le chien, comme valeur de la vitesse moyenne du sang dans l'aorte, 50 cm. par sec, et dans la carotide 30 cm. La vitesse moyenne diminue du cœur vers la périphérie : c'est donc que le système artériel a une forme tronconique à grande base périphérique. Ainsi on a trouvé chez le cheval, comme valeurs de la vitesse moyenne : 50 cm. dans l'aorte, 30 cm. dans la carotide, 16 cm. dans la maxillaire, 6 cm. dans la métatarsienne.

Pour déterminer la vitesse vraie, on a recours à d'autres appareils. Une aiguille, piquée dans une artère normalement à sa paroi, s'incline sur l'axe du vaisseau et présente des oscillations isochrones aux contractions du cœur. L'inclinaison de l'aiguille est due au courant sanguin, animé d'une certaine vitesse, et les oscillations sont dues aux variations de cette vitesse : en effet, Tangle formé par l'aiguille et l'axe du tube est d'autant plus petit que la vitesse est plus grande. Dans la pratique, on emploie l'appareil schématisé Fig. 6. - Schéma do rhémodro-

dans la figure 6. Une tige métal- "*^°^*''® ^ ^^^'*"-

lique t terminée par une palette p est suspendue dans un tube T et peut osciller autour du point 0 devant un cadran G. Le tube T, fermé à sa partie supérieure 0, est soudé à son extrémité inférieure sur un tube 6 ouvert à ses extrémités et de diamètre connu. On introduit ce tube dans une artère de même diamètre intérieur que lui. Sous l'influence du courant sanguin, l'aiguille s'incline d'un eingle plus ou moins grand suivant la vitesse du courant. Cet angle est proportionnel au carré de la vitesse. Si l'appareil a été au préalable gradué (il suffît de faire passer dans 0 un courant d'eau de vitesse connue et de noter l'inclinaison correspondante de l'aiguille), on connaîtra la vitesse du courant sanguin qui le traverse. Le diamètre du tube 0 doit être égal au diamètre de l'artère au point considéré; sinon la vitesse dans le tube 0 n'est plus égale à la vitesse dans l'artère : on sait que dans les divers tronçons d'un môme tube, traversé par un courant, les vitesses sont inversement proportionnelles aux surfaces des

LA GIRCUUTIOH AHTBRULLS

accUoDs des tronconB. Dès lors, si le tube 6 n'a pas le mËme Jiaraètre que Tarière, il est nécessaire de faire subir une correction â la valeur trouvée pour la vitesse. Soit u la yilesse <lu sang dans l'artère de section s, soit V la vitesse donnée par l'appareil dont le lulie 0 n une seclioi) S.

Si, devant l'ai«uille a de Vltémodromométi-e, on substitue au cadran un cjlindra noirci, on a Vhémodi-omogra^he,q\i\ tourait une courbe permetUnl de connaître les variations de la vitesse du sang aui dilTérenls moments de la révolulion cardiaque et dans diJTérentes circonstances, et d'en appré-

deur, au moyen d'une graduatioD préalable de l'ap-

On peut encore mesurer la vileitse du sang au mojeo d'un appareil basé sur le principe des tubesdel'ilot. Supposons, branché»

normalement a. un tube cylindrique T, des lubes verticalemunl disposés t, t, t,... to . St dans le lube T s'écoule un liquide, les sommets s, Sj s,... sg des colonnes liquides dans les tubes t| tj t,... to sont en ligne droite. Si les tubes t présentent à leur terminaison inrérieure une coudure plongée dans le lube T et dirigée suivant Taie du tulle, le sommet s de la colonne liquide dan* le tube t sera plus Élevé ou moins élevé qu'il n'eiU été dans le Uibe mu cuudure, placé au même point, selon que l'oriflce du tube t sera itirig^ contre le courant ou dans le sens du courant. Le déplacement du sommet s sera d'autant plus grand que le courant sera plus rapide.

Si nous imaginons un tube T portant latéralement deni tubes à coiidure inférieure, dirigée en sens contraire, la dilTérence de hauteur îles sommets liquides s permet de connaître les variations et la grandeur de la vitesse du liquide qui s'écoule dans te tube T. En plaçant sur lea

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