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LE PHÉNOMÈNE DU POULS

sur Tarière superficielle et exerçant, grâce au ressort, une très légère compression de Tartère. Si cette plaquette est articulée avec un levier inscrivant et amplifiant, oscillant devant une plaque noircie mue d'un mouvement régulier, on pourra recueillir sur cette plaque un tracé des pulsations artérielles avec leurs caractères les plus délicats. La ligure 8 représente un appareil schématique.

Que représente le phénomène du pouls ? — A chaque systole cardiaque, une orïdée sanguine est lancée dans l'aorte.

N'est-ce pas cette ondée qui, parcourant les artères, vient soulever

Fig. 8. — Schéma d'un sphygmographe.

A, section de l'artère; jo, plaquette appliquée sur l'artère; R, ressort appliquant la plaquette ; O, point d'oscillation du stylo S ; P, plaque noircie se déplaçant devant la pointe du style.

le doigt ou le levier? Plaçons deux sphygmographes sur une même artère, l'un à la base, l'autre à l'extrémité d'un membre, à une distance connue l'un de l'autre, et recueillons sur un même cylindre tournant les 2 sphygmogrammes, en plaçant les 2 styles sur une même génératrice. Le sphygmogramme recueilli à l'extrémité du membre présente un retard sur le sphygmogramme recueilli à la base, et ce retard peut être connu en vraie grandeur si l'on connaît la vitesse de rotation du cylindre. On a ainsi les éléments du calcul de la vitesse de propagation du pouls, à savoir : le retard des 2 sphygmogrammes représentant le temps de propagation, et la distance des 2 points, au niveau desquels on a placé les sphygmographes, représentant l'espace parcouru. On trouve 8 m. 50 à 9 m. 50 par sec. pour la vitesse de propagation du pouls. Or le courant sanguin n'est pas animé d'une vitesse supérieure à 0 m. 50. Le pouls n'est donc pas produit par l'ondée sanguine qui passe; c'est une onde.

une vague. Au moment de la systole ventriculaire, Tondée sanguine vient heurter le sang contenu dans l'aorte, et de ce choc résulte une onde ou vague, qui se propage dans les vaisseaux avec une vitesse de 9 mètres par seconde environ. C'est cette vague qui, au niveau des artères superficielles, soulevant la peau qui les recouvre, le doigt qui les déprime, ou le levier du sphygmographe, constitue le pouls.

La sensation de durcissement, qu'on perçoit au moment du pouls, est due à l'augmentation de la pression dans l'artère au moment du passage de l'onde.

On ne saurait admettre, comme quelques-uns l'ont

prétendu, que la cause du pouls est^ périphérique,

j. puisque le phénomène se

propage du centre vers la

périphérie.

Étudions le sphygmo-

^ gramme (fig. 9) donné par

Fig. 9. — Sphygmogramme. un sphygmographe. — Nous

y relevons les particularités suivantes. Les ascensions et descentes du tracé se présentent à intervalles réguliers, comme les systoles ventriculaires qui sont la cause première du pouls. Le tracé ne présente pas de plateau : à une ascension brusque et rapide du tracé (1/3 de la durée totale) succède, sans interruption, une descente plus lente (2/3 de la durée totale), suivie elle-même immédiatement par une nouvelle ascension. Sur la ligne de descente, on remarque un petit crochet d qui représente le phénomène du dicrotisme : c'est une pulsation secondaire qu'on n'apprécie pas au doigt chez les individus normaux (qu'on ne sent au doigt que dans certains cas pathologiques). On a prétendu que le dicrotisme traduit une imperfection de l'appareil et n'existe pas dans le pouls normal : cette hypothèse est inadmissible, car le crochet se retrouve dans les tracés hémautographiques du pouls (on fait une fine piqûre à l'artère et on recueille le jet minuscule de sang qui en résulte sur un plan se dépîa-

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çant d'un mouvement uniforme), obtenus sans le secours d'aucun appareil. S'agit-il, comme on l'a prétendu, d'une onde née à la périphérie, au niveau des éperons des bifurcations des vaisseaux, rétrogradant vers le cœur? Non, car si Tonde naissait à la périphérie, sur les éperons des bifurcations, elle serait formée d'une infinité de petites ondes se produisant successivement et, par suite, incapables de donner naissance à un phénomène brusque, net, unique, comme le dicrotisme. Non, car une onde née à la périphérie devrait être plus accentuée vers la périphérie, plus atténuée vers le centre, tandis que le dicrotisme est d'autant plus accentué qu'on inscrit le pouls en un point plus voisin du cœur. Non, car une onde née à la périphérie et se propageant vers le cœur se manifesterait d'abord à la périphérie et plus tard près du cœur, de sorte que les 2 sommets s et d du sphygmogramme seraient d'autant plus écartés que le sphygmogramme serait recueilli plus près du cœur ; tandis que le ressaut du dicrotisme se produit d'abord près du cœur, plus tard vers la périphérie, l'espace séparant s et d restant le même, quel que soit le point considéré. C'est donc qu'il s'agit, là aussi, d'une onde née au niveau du cœur et se propageant vers la périphérie, avec la même vitesse que l'onde principale du pouls. Non, car si le dicrotisme était le résultat d'une onde née à la périphérie, en liant l'artère immédiatement au-dessous du point où est appliqué le sphygmographe, le ressaut dicrote disparaîtrait du tracé, car l'onde rétrograde se produirait au même moment que Tonde directe; tandis que dans ces conditions le ressaut dicrote occupe sa position normale.

On admet que le dicrotisme résulte, d'une onde née au niveau des valvules sigmoïdes de l'aorte, au moment de la diastole. Quand cesse la systole, le sang aortique, sous l'influence de l'élasticité de Taorte, vient fermer les valvules sigmoïdes et buter de toute sa masse contre ces valvules étalées : il en résulte une onde qui constitue le dicrotisme. A l'appui de cette conception on peut

signaler l'absence de l'onde dirrote dans le cas où les valvules sigmoïdes ne se ferment plus normalement (insuffisance aortique, clinique et expérimentale).

Le sphygmogramme présente un certain intérêt pour le clinicien, en ce qu'il permet de confirmer certains diagnostics. — L'étude des modifications du sphygmogramme correspondant aux diverses altérations du cœur et des artères, est du domaine de la pathologie.

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