L'EXPÉRIBNCB TYPIQUE DE VASO-CONSTRICTION
L*existence de la contractilité artérielle conduit à admettre l'existence de nerfs destinés à mettre en activité cette contractilité; Texpérience justifie cette hypothèse.
Sur le lapin (rexpérience est surtout remarquable sur un lapin à oreilles blanches), on sectionne Tun des sympathiques cervicaux (les faits sont encore plus manifestes si on arrache le ganglion cervical supérieur) et on examine les oreilles. Nous supposons que la section du sympathique a été pratiquée à droite. L'oreille droite est infiniment plus rouge qu'elle n'était avant l'opération, et infiniment plus rouge que la gauche : l'artère médiane et ses branches sont devenues plus volumineuses; des ramifications artérielles sont nettement visibles à droite, qui n'apparaissent pas à gauche; par transparence, l'oreille droite présente un immense réseau vasculaire, tandis que la gauche ne laisse apercevoir que les vaisseaux principaux. L'artère médiane et ses branches battent vigoureusement à droite; les veines marginales, gorgées de sang rouge, présentent des pulsations isochrones de celles de l'artère, à droite; à gauche, l'artère médiane présente à peine le pouls, les veines marginales contiennent du sang noir. Une incision pratiquée à la peau, entre l'artère médiane et les veines marginales, provoque un écoulement sanguin abondant et souvent saccadé à droite, un écoulement faible et uniforme à gauche. Le jet de sang issu de l'artère médiane sectionnée est plus fort, plus saccadé à droite, qu'il n'est à gauche. Le sang des veines marginales incisées coule rouge et par saccades à droite ; il coule noir et en bavant à gauche. Au toucher, on constate que l'oreille droite est plus chaude que la gauche : un thermomètre, appliqué contre la face interne de l'oreille enroulée sur lui, indique une température de plusieurs degrés supérieure à droite à la température à gauche. — Le manomètre physiologique permet de constater que la pression est diminuée dans l'artère et augmentée dans les veines de l'oreille droite; l'hémodro-
mographe indique une augmentation de la vitesse dans la carotide droite.
Ces phénomènes de vaso-dilatation sont durables : ils persistent pendant plusieurs jours. Ils sont bien la conséquence de la section du sympathique et non celle d'une excitation produite par la section, car on ne saurait admettre qu*une telle excitation persiste pendant plusieurs Jours; en fait, l'excitation traumatique ne dure que quelques secondes. Supposons en effet qu'avant de sectionner le sympathique, on introduise dans l'artère médiane et dans une veine marginale de petits tubes en T, établissant la communication des vaisseaux avec de petits manomètres, sans interrompre la circulation : au moment où Ton pratique la section du sympathique, il se produit une augmentation de pression dans l'artère et une diminution dans la veine : ce phénomène dure 5 à 10 secondes et correspond à une vaso-constriction transitoire causée par l'excitation due à la section.
Excitons au moyen de courants induits fréquents le bout céphalique du sympathique cervical sectionné : nous constatons des faits inverses de ceux qui succèdent à la section. (On rend Texpérience plus frappante en sectionnant les 2 sympathiques et en excitant l'un d'eux.) Du côté de l'excitation, l'oreille pâlit; les artères branches de l'artère médiane deviennent absolument invisibles ; l'artère médiane disparaît presque complètement dans sa partie terminale ; elle devient llliforme à la biase de l'oreille et le pouls y disparaît ; par transparence, on ne distingue plus de vaisseaux dans le limbe de roreille; les veines marginales sont petites et le sang y est fortement noir. La section de l'artère ne détermine qu'une hémorragie irsignifiante et baveuse. L'oreille devient froide au toucher; le thermomètre accuse un abaissement de quelques degrés. La pression augmente dans la carotide et diminue dans la jugulaire ; la vitesse diminue dans la carotide.
En inscrivant la pression carotidienne, on constate que son élévation se produit avec un certain retard (1«<'<^,5) et une certaine lenteur : la pression croît pen-