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LES NERFS VASO-CONSTRICTEURS

dant 45 à 20 sec, atteint un maximum qui se maintient de 20 à 30 sec, puis décroît, pour reprendre sa valeur primitive après 2 ou 3 min.

Ces faits établissent l'existence, dans le sympathique cervical, de fibres nerveuses se rendant aux fibres musculaires lisses des vaisseaux de l'oreille.

Les nerfs vasculaires, vaso-moleursy vaso-constricteurs, possèdent un tonus normal, puisque leur section entraîne une dilatation des vaisseaux. Ils sont moins excitables que les nerfs moteurs, ou plus exactement, ils ne manifestent leur activité, par une réaction de l'organe périphérique, que pour des excitations plus fortes que celles qu'on doit employer avec les nerfs moteurs. Une seule excitation est inefficace, il faut répéter les excitations, les sommer, pour obtenir un effet. La réaction se produit lentement, progressivement; le temps perdu est grand; la disparition des effets est lente.

L'appareil neuro-vasculaire présente des phénomènes de fatigue : si on maintient l'excitation pendant longtemps, les phénomènes primaires disparaissent; Itîs vaisseaux reviennent î\ leur forme première, puis manifestent une dilatation secondaire (phénomène de fatigue), résultant de l'épuisement de l'appareil. Jusqu'à diminution ou suppression de la tonicité normale.

Pour démontrer la généralité de Texistence des nerfs vaso-constricteurs, on a recours à diverses méthodes, dont nous indiquerons le principe.

1" Après section du nerf vaso-constricteur, l'organe rougit, les vaisseaux se dilatent, le pouls est intense; — après son excitation, l^orj^ane pàlil, les vaisseaux se conlractent, le pouls disparait iilus ou moins coinplètemenl. Ce sont les faits sur h»squels repo'se la méUwde (l'ohsei^ation directe. Cette inêlliude s'emploie avec avantage, quand il s'agit d'organes non pigmentés, peu vascularisés, observables sans vivisection (oreille du lapin, muqueuse buccale du chien, etc.). On peut l'employer également dans le cas d'organes profonds, tels que le mésentère, l'intestin, etc., à condition d'éviter toute action directe de la dessiccation ou du refroidissement

sur l'organe examiné, en pratiquant par exemple l'examen dans un bain d'eau salée physiologique à la température du corps. La méthode est simple, mais elle n'est pas applicable à tous les organes, et elle ne permet pas de saisir tous les détails de la vaso-constriction.

2" Après section du nerf vaso-constricteur, la pression diminue dans l'artère et augmente dans la veine, — après son excitation, la pression augmente dans l'artère et diminue dans la veine. Ce sont les faits sur lesquels repose Isunélhode îuanomélrûfue. Deux manomètres sont mis en communication au moyen de tubes en T, l'un avec l'artère alTérente d'un organe, l'autre avec une veine elTércnte; et les flotteurs respectifs inscrivent leurs déplacements sur un cylindre noirci. Cette méthode est extrêmement précieuse, car elle permet de suivre le phénomène vasculaire dans tous ses détails (temps perdu, grandeur du phénomène, nature de la modiOcation vasculaire, phases successives, etc.). Toutefois, la méthode manométrique, ne permettant de déterminer la pression que dans des vaisseaux assez volumineux pour qu'on y puisse introduire les tubes en T, ne peut donner d'indications que sur l'ensemble des phénomènes vasculaires qui s'accomplissent dans le territoire de distribution de l'artère, à partir du point où l'on prend la pression. II est possible à la rigueur que des phénomènes vasculaires divers (constriction et dilatation) se manifestent dans les divers départements de ce territoire. La méthode ne peut fournir d'indication que sur la résultante de ces phénomènes particuliers. Pratiquement, cette objection n'a p.is très grande valeur, si Ton prend la pression dans une petite artère, dans une artère se distribuant à un seul organe, car on n'a pas d'exemples établissant ((u'iine excitation nerveuse déterminée puisse provo<juer des phénomènes vasculaires opposés dans diverses régions d'un même organe. La méthode manométrique est la méthode la plus recommandable de toutes.

La méthode manométrique n'acquiert toute sa valeur que si l'on prend la pression à la fois dans l'artère et dans la veine : une modification de pression dans Partère seule peut en cfl'et avoir sa cause soit dans le cœur, soit à la périphérie.

3" Après section du nerf vaso-constricteur, le débit augmente dans l'artère et dans la veine; — après son excitation, le débit diminue dans l'artère et dans la veine. Ce sont les faits sur lesquels repose la méthode hémodvomomélrique. On peut, par exemple, faire une coupure à un tissu et examiner les

LA RECHERCHE DES VÂSO-CONSTRICTËUBS 115

modificalions de l'écoulement du sang : sous cette forme d'ailleurs, la méthode ne fournit que des renseignements grossiers, car Técoulement se modifie très rapidement par suite de la coagulation rapide du sang épanché sur les bords de la plaie. Pour donner à cette méthode toute sa valeur, il faut déterminer la vitesse dans les artères ou dans les veines, au moyen d'un hémodromomètre ou d'un hémodromographe : on obtient ainsi des indications aussi précises qu'avec la méthode manométrique. Toutefois, on ne doit pas chercher à substituer la méthode hémodromomélrique à la méthode manométrique, parce que l'hémodromomètre n'est employable que pour des artères volumineuses et que ses indications concernent, par conséquent, de vastes territoires, comprenant plusieurs organes difTérents, dans lesquels les phénomènes vasculaires peuvent être difTérents et le sont effectivement dans bien des circonstances.

La méthode hémodromométrique n'a pas la valeur de la méthode manométrique dquble, car elle ne permet pas de distinguer les phénomènes d'origine cardiaque et les phénomènes d'origine périphérique.

4** Après section du nerf vaso-constricteur, l'organe est gorgé de sang; — après son excitation, l'organe se vide de sang. Ce sont les faits sur lesquels repose la méthode plèthysmographique. Les pléthysmographes sont essentiellement constitués par des vases de formes variées, dans lesquels on introduit un organe pédiculisable : le vase est rempli d'eau salée physiologique et sa cavité communique avec un manomètre; une fermeture convenable, s'appliquant sur les bords de l'orifice du vase et sur le pédicule de l'organe, assure la fermeture parfaite de l'appareil : tout afflux de sang dans iWgane se traduit par une élévation de la colonne manométrique; toute anémie de l'organe se traduit par un abaissement de cette colonne. — La méthode n'.i pas la valeur de la méthode manométrique double, car elle ne permet pas de distinguer entre les phénomènes d'origine cardiaque et les phénomènes d'origine périphérique. Aussi est-il nécessaire de compléter les indications fournies par le pléthysmographe par des indications fournies par un manomètre communiquant avec une grosse artère, et de n'admeltrc, comme démon Irées dans la sphère de l'organe, que les modifications vasculaires qui ne sont pas accompagnées de modifications de même nature dans rensemble de l'appareil circulatoire.

5® Après section du nerf vaso-constricleur, la température

do l'organe (il s'agit d'un organo périphérique, exposé aa refroidissement) augmente ; après son excitation, elle diminue. Ce sont les faits sur lesquels repose la méthode thermométrique. Cette méthode ne peut s'appliquer qu'aux organes périphériques. Elle est peu recommandable, car elle ne permet pas de suivre les détails du phénomène vasculaire, le thermomètre étant un appareil paresseux, incapable de manifester des elîets passagers et <le faible intensité. Les appareils thermo-électriques, beaucoup plus sensibles, ne peuvent être substitués aux thermomètres, parce (|ue les variations de température sont considérables ilans les organes périphériques, (|uaiid s'y accomplissent des modifications circnlaloires.

Pour établir l'existence de filets vaso-constricteurs dans ud nerf, quelques conditions spéciales doivent être observées. L'excitation doit être faite sur le bout phériphérique du nerf sectionné, carie nerfintact pourrait conduire l'excitation vers les centres, d'où elle serait réfléchie vers la périphérie par des niets non contenus dans le nerf considéré. Dans le cas où le nerf considéré présente au-dessous du point excité des anastomoses avec d'autres nerfs, il faut sectionner ces anastomoses, pour éviter toute propagation centripète. Il faut (employer comme excitants des courants iwrfti//.v (l'expérience n montré qu'ils sont 1rs plus efiicaces des (excitants), — intenses (les courants suftisaDls pour provoqu(;r la contraction des muscles sirii's sont en général insuffisants pour agir sur les fibres lisses vasculairos), — répétés (la vaso-constriclion ne se produit que par sommation d(*s (excitations), — nltetmant avec tics phases de repo.ç (l'expérience montre que les résultats sont d'ordinaire le plus nets quand on excite pendant 30 sccx»nde«, (;n séparant les excitations par des pauses de 1 à 2 minutes). Il coîivient de faire l'observation des conséquences de la section et de celU's de l'excitation : les vaso-constricteurs étant en général en état de tonicité, la section pro<luil en général une modification vasctilairc inverse fie c<'lle que produit re\<;itation. Knfin il faut que les conditions dans leniiuelles est placé ranimai en expérience n'agissent pas sur l'étal de* vaiss«;aux : il faut en particulier que l'animal soit immobile pour «lu'aucune contraction, se produisant dans la zone observée, n«; vienne «mi modifier la circulation (on sait que, pi'iidant la contraction, le muscle est traversé par une quantité de sang * à .'» fois plus considérable que pendant le repos; c'est là une modification vaso-dilatatrice capable de masquer

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