LA TOPOGRAPHIE DES VASO-CONSTRICTEURS
complètement les eiTets propres du nerf sectionné ou excité). On a coutume d'immobiliser l'animal en le soumettant à une dose de curare, juste suffisante (dose limite) : à cette dose, le curare est sans action sur les phénomènes vasculaires.
En se conformant aux règles énoncées, on a pu établir la topographie des nerfs vaso-constricteurs, et l'origine et le trajet des influx nerveux maintenant la tonicité du système artériel. — Le sympathique cervical contient des vaso-constricteurs de l'oreille externe, des fosses nasales, de l'œil, de la face, du cerveau, et en général (à quelques rares exceptions près) des diverses parties de la tête; — le sympathique thoracique et le nerf grand splanchnique, qui en dérive, contiennent des vaso-constricteurs des viscères abdominaux ; — les nerfs issus des plexus brachial, lombaire et sacré contiennent des vaso-constricteurs des membres; — les nerfs intercostaux contiennent des vaso-constricteurs des parois thoracique et abdominale.
On peut établir ainsi la généralité des nerfs vaso-constricteurs et leur dissémination dans la plupart des nerfs périphériques.
La plupart des fibres vaso-constrictives naissent de la moelle épinière, qu'elles quittent par les racines antérieures, pour se rendre par les rameaux communiquants au sympathique et de là à la périphérie, soit par les nerfs périphériques, soit par les plexus péri-vasculaires. La section et l'excitation, chez l'animal curarisé à la limite, des racines antérieures de la moelle, depuis la première paire dorsale jusqu'à la deuxième paire lombaire, déterminent en effet, respectivement, une légère vaso-dilatation (section) et une vaso-constriction intense (excitation), dans les différentes régions du corps. Là section et l'excittition des rameaux communiquants correspondants produisent le même résultat : les vaso-constricteurs quittent la moelle par les 3 premières paires dorsales, pour la tête ; par les 7 premières paires dorsales, pour le membre supérieur; par
les 7 dernières paires dorsales et les 2 premières paires lombaires, pour le membre inférieur; par la plupart des paires dorsales et lombaires, pour les viscères abdominaux.
On a cherché à localiser dans certains groupes de neurones médullaires les fonctions vaso-constrictives; mais on n'a fait qu'émettre des hypothèses sur ce point.
Il existe, au niveau du bulbe rachidien, un centre vasoconstricteur tonique, agissant sur V ensemble des vaso-constricteurs de l'organisme : cela résulte des faits suivants. Si on sectionne la moelle au niveau de la sixième vertèbre dorsale, on détermine une vaso-dilatation des membres inférieurs ; si on sectionne la moelle au niveau de la troisième vertèbre dorsale, on détermine une vasodilatation des membres inférieurs et supérieurs; si on sectionne la moelle au niveau de la septième vertèbre cervicale, on détermine une vaso-dilatation généralisée; si on sectionne la moelle cervicale en un point quelconque, compris entre la septième vertèbre cervicale et la pointe du calamus scriptorius, on provoque de même une vaso-dilatation généralisée; si on sectionne Taxe nerveux en avant du bulbe, on peut déterminer sans doute des phénomènes vasculaires, mais ces phénomènes sont de courte durée et attribuables à l'excitation produite par l'opération; ils diffèrent essentiellement des vaso-dilatations consécutives aux sections de la moelle épinière. — Si on excite la surface de section du tronçon inférieur de la moelle, coupée h différents niveaux, on provoque des phénomènes de vaso-constriction dans tous les organes qui reçoivent leurs vasoconstricteurs d'une région médullaire sous-jacente à la section. — La destruction du bulbe rachidien produit une vaso-dilatation généralisée, avec abaissement de la pression générale; l'excitation du bulbe rachidien produit une vaso-constriction généralisée, avec élévation de la pression générale. — Enfin on peut établir que les phénomènes de vaso-constriction localisée ou généralisée, qu'on peut provoquer par voie réflexe, au moyen