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LA DURÉE DE LA CIRCULATION

Pour déterminer la durée de la circulation (cette durée peut varier suivant le trajet plus ou moins long suivi par le sang), on injecte, dans une veine jugulaire, une solution d'une substance facile à reconnaître (ferrocyanure de sodium à 2 p. 100, par exemple) et on fait dans l'autre veine jugulaire des prises successives de sang, de cinq secondes en cinq secondes, ou mieux encore de deux secondes en deux secondes, jusqu'à ce qu'on puisse manifester la présence du sel injecté dans le sang recueilli (réaction du bleu de Prusse, par action du perchlorure de fer sur le ferrocyanure de sodium). — On peut encore, au moyen d'un tube fin plongé dans la seconde jugulaire, faire arriver un filet mince de sang sur un papier imprégné de perchlorure de fer et se déplaçant d'un mouvement régulier avec une vitesse connue.

On a trouvé les résultats suivants.

Cheval 30 secondes

Chien 10

Chat 1 —

Lapin 8 —

La durée de la circulation pulmonaire, déterminée par la môme méthode, chez le chien, est de 6 secondes.

La durée totale de la circulation correspond généralement à la durée d'environ 30 révolutions cardiaques. Le cœur lance dans l'aorte à chaque systole environ 1/30 de la masse totale du sang.

a, La Circulation pulmonaire.

Oie

11 secondes

Canard

Poule

Buse

L'étude expérimentale de la circulation pulmonaire est beaucoup moins avancée que celle de la circulation générale,

pour des raisons anatomiques évidentes (toute cette petite circulation s'accomplissant dans la cavité thoracique, qu'on ne peut ouvrir qu'à la condition de pratiquer la respiration artificielle).

La pression dans Tartère pulmonaire est inférieure à la pression dans l'aorte : les résultats donnés par les sondes eardiographiques permettent de le prévoir, car la pression exercée au moment de ia systole par le ventricule droit n*est que le tiers de la pression exercée par le ventricule gauche. En ponctionnant, au moyen d'un trocart enfoncé dans la paroi thoracique, l'artère pulmonaire, chez le cheval et r&ne, et réunissant le trocart à un manomètre, on a pu déterminer la pression : on Ta trouvée, chez ces animaux, égale au tiers de la pression carotidicnne. — On a fait la même détermination, chez le chien, le chat, le lapin, soumis à la respiration artificielle, en ouvrant le thorax et établissant la communication d'une branche de l'artère pulmonaire avec un manomètre (ce mode de procéder est moins parfait que celui employé chez le cheval et chez l'âne, car la respiration artificielle entraine des modifications de la circulation pulmonaire normale : au lieu d'être soumis à. un vide partiel, au moment de l'inspiration, le poumon en respiration artificielle est soumis à une compression partielle). On a trouvé les résultats suivants.

Chez lo chien, 30 mm. de mercure soit 1/3 de la pression carotidionno.

— chat, 17,5 — 1/5 —

— lapin, 12 — 1/4 —

Dans l'une des veines pulmonaires du chat, on a trouvé une pression de 10 mm. de mercure.

Un rapprochement s'impose : la pression dans l'artère pulmonaire est comprise entre 1/3 et i/4 de la pression carotidienne; l'épaisseur des parois du ventricule droit est comprise entre 1/3 et 1/4 de l'épaisseur des parois du ventricule gauche.

On n'a pas déterminé directement la vitesse du sang dans les gros vaisseaux pulmonaires; on peut admettre qu'elle est égale à la vitesse du sang dans l'aorte, car le débit des deux ventricules est nécessairement le même et la surface de section des deux artères est la même.

La durée de la circulation pulmonaire est environ le tiers de la durée de la circulation générale (détermination faite

par la méthode au ferrocyanure); elle correspond à environ 10 révolutions cardiaques. Le poumon contient donc environ le quart du sang total.

La petite circulation est soumise à des conditions très spéciales, par suite du jeu de la cage thoracique. L'élasticité pulmonaire tend à affaisser le poumon, en le séparant de la paroi thoracique, mais elle ne parvient pas à réaliser cette séparation. Les capillaires pulmon&ires sont dès lors maintenus béants par le jeu de cette élasticité pulmonaire : c'est là une condition difTérente de celle qui est réalisée aa niveau des capillaires généraux, où aucune cause autre qae la poussée sanguine ne tend à les maintenir béants. An moment de Tinspiration. Télasticité pulmonaire est augmentée (elle est en effet d'autant plus grande que Torgane est plus distendu), la béance des capillaires est augmentée, la circalation s'y fait plus facilement, le sang y afflue plus abondamment; — au moment de l'expiration, l'élasticité pulmonaire est diminuée, sans cependant être complètement supprimée, la béance des capillaires est diminuée, la circulation s'y fait moins facilement, le sang y afflue moins abondamment. On vérifie ces conclusions théoriques, soit en observant la coloration du poumon en inspiration et en expiration, soit en déterminant sa capacité sanguine en inspiration et en expiration (on observe la coloration, en réséquant deux ou trois côtes, sans intéresser la plèvre pariétale; — on détermine la capacité sanguine, en posant simultanément une ligature ou une pince sur l'artère pulmonaire et sur les veines pulmonaires).

Les artériolcs pulmonaires possèdent des nerfs vasomoteurs. Pour juger le plus avantageusement possible des variations de la circulation pulmonaire chez un mammifère, on curarise l'animal à la limite, on ouvre le thorax et on pratique la respiration artificielle dans un seul poumon; l'autre poumon, maintenu modérément gonflé, est soumis à l'observation. Le sympathique dorsal supérieur contient des vaso-constricteurs pulmonaires; il les reçoit de la moelle dorsale supérieure, il les abandonne au plexus pulmonaire, au niveau de l'anneau de Vieussens. Le nerf vague contiendrait également des nerfs vasculaires pour le poumon, mais la démonstration n'en est pas convenablement faite.

On peut provoquer une vaso-constriction pulmonaire réflexe par l'excitation d'un grand nombre de nerfs sensitifs, en particulier, d'un grand nombre de nerfs de la région abdominale.

b. La Circulation cardiaque.

Le coeur de la grenouille n'a pas de circulation propre, il est nourri par le sang contenu dans ses cavités; le cœur des mammifères et des oiseaux possède une circulation propre, représentée par le système coronaire^ dont les ramifications se répandent dans toute retendue du muscle.

Les artères coronaires naissent de l'aorte, très près du cœur, généralement en un point recouvert par le bord libre des valvules sigmoïdes relevées. Cette observation anatomique a conduit certains auteurs à imaginer que la circulation cardiaque est discontinue et que cette discontinuité est la cause du rythme cardiaque : sous la poussée du sang artériel lancé par le ventricule gauche, les valvules sigmoïdes de l'aorte se redressant viendraient boucher les origines des artères coronaires, provoquant ainsir une anémie du cœur et amenant par là son relâchement; — pendant la diastole, les valvules sigmoïdes s'abaissant sous la poussée du sang soumis à l'action de l'élasticité aortique, dégageraient les orifices des coronaires, permettant de nouveau la vascularisation, puis la contraction du cœur.

Cette théorie est inacceptable pour des raisons anatomiques et physiologiques. Il existe un certain nombre de cas, où les orifices des coronaires sont hors de la portée des valvules sigmoïdes, manifestement, sans discussion possible. D'autre part, la théorie précédente conduit à supposer, dans les coronaires, un pouls synchrone de la diastole ventriculaire, puisque ce serait au moment de cette diastole que le sang y pénétrant brusquement y engendrerait Tonde pulsatile; or le pouls y est synchrone de la systole ventriculaire. Si on sectionne une coronaire, on voit le sang s'échapper du bout supérieur en jet, sans aucune interruption, avec renforcement du jet au moment de la systole ventriculaire. Donc Jamais les valvules sij^nnoïdes ne viennent obstruer elTectivement les origines des coronaires.

La nature musculaire du co;ur crée des conditions spéciales à sa circulation. Au moment de la systole, il y a compression des vaisseaux contenus dans l'épaisseur du muscle cardiaque, donc augmentation des résistances périphériques; au moment de la diastole, il y a décompression de ces vaisseaux, donc diminution des résistances périphériques. C'est donc que le jet de la coronaire, sectionnée à la surface du

cœur, ne peut nous renseigner sur les phénomènes de la cir culation vraie du cœur, car les modifications des résistances, intra-cardiaques ne s'y reflètent plus, lorsqu'elle a été incisée: il faut étudier la circulation sur une coronaire dans laquelle se fait encore une circulation vraie.

En branchant un manomètre latéralement sur une coronaire, on obtient une courbe de pression identique à celle fournie par une artère périphérique : la pression a une valeur sensiblement égale à celle de la pression carotidienne; elle présente un maximum systolique et un minimum diastolique.

La vitesse du sang dans les coronaires, mesurée par l'hémodromographe, présente un maximum systolique, comme la vitesse aortique; — mais la chute de vitesse diastolique est interrompue par un ressaut, constituant un second maximam {maximum diastolique). Cette accélération diastolique de la vitesse correspond à la facilité d'écoulement que trouve le sang dans les petits vaisseaux coronaires qui ne sont plus comprimés par le muscle contracté. L'existence de ces deux maxima de vitesse est une des caractéristiques les plus remarquables de la circulation cardiaque ou coronaire.

On a étudié les phénomènes vaso-moteurs du système coronaire, soit en examinant à la loupe les petits vaisseaux rampant à la surface du cœur, soit en déterminant les variations de la vitesse du sang dans le système coronaire. L'ex-" citation des nerfs vagues au cou produit une vaso-con striction coronaire (cette vaso-constriction se produit indépendamment des modifications cardiaques consécutives aux excitar tions cervicales du vague, car on la peut observer même dans les circonstances où le vague ne réagit plus sur le cœur: — vague excité depuis quelques instants, animal atropine, etc.). Le ganglion étoile ou 1" thoracique et l'anneau de Vieussens contiendraient des nerfs vaso-dilatateurs coronaires.

c. La (Circulation cérébrale.

La circulation cérébrale s'accomplit dans une cavité close: le sang n'y peut évidemment pénétrer qu'en chassant devant lui suit du sang, soit du liquide céphalo-rachidien. Au moment de la contrartion ventriculairc, une ondée sanguine envahit la cavité crânienne, comprimant les parties péri-àrtérielles, et dcterniinant une évacuation veineuse. — L'onde pulsatile

des artères cérébrales, se transmettant à travers les parois artérielles, produit une brusque poussée latérale sur les parois des veines et des sinus veineux encéphaliques et sur les parois des ventricules cérébraux, donnant naissance à un pouls veineux encéphalique^ qu'on peut recueillir et enregistrer sur les veines qui font immédiatement suite aux veines et aux sinus veineux cérébraux, et à un pouls du liquide céphalorachidien qu'on peut recueillir et enregistrer au niveau de la membrane occipito-atloïdienne. II faut remarquer que ces pouls ont leur origine dans le pouls artériel, la transmission se faisant par voie latérale et non par voie directe, comme dans le cas de pouls veineux périphérique par dilatation des artérioles.

Dans le cas où la cavité crânienne n'est pas recouverte dans toute son étendue d'une paroi rigide (fontanelles de l'enfant, couronnes de trépan), on voit se produire, au niveau de la région dépourvue d'os, une expansion de la paroi ou de la masse cérébrale, qu'on peut recueillir et enregistrer au moyen d'un levier amplifiant inscripteur ou de tout autre appareil équivalent.

Pour étudier les vaso-moteurs du cerveau, il faut mettre à nu la surface cérébrale, en pratiquant une couronne de trépan ; et, pour éviter les modifications locales, provoquées par l'action de l'air, substituer à la rondelle d'os enlevé une rondelle de verre de même dimension, fermant complètement le trou de trépanation. — On peut aussi, après avoir pratiqué la trépanation, flxer au-dessus de l'orifice un tambour récepteur, ou tout autre appareil équivalent, capable de transmettre les mouvements d'expansion du cerveau à un tambour enregistreur : on obtient ainsi un graphique plélhysmographique : l'appareil pléthysmographique étant représenté par la boîte crânienne et le système des deux tambours. On peut, par Tune ou l'autre de ces méthodes, démontrer l'existence de nerfs vaso-constricteurs du cerveau, dans le sympathique cervical.

Au point de vue circulatoire, on doit rapprocher Vœil du cerveau, car l'oeil possède une enveloppe résistante constituée par la sclérotique et par la cornée. Toutes les particularités signalées au sujet de la circulation cérébrale, et notamment le pouls des veines, se retrouvent dans la circulation oculaire.

i'i4 LES G[RCULATIONS CAPILLAIRE, ETC.

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