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LA CIRCULATION LYMPHATIQUE

Les cœurs postérieurs, les mieux étudiés, les seuls dont nous nous occuperons, communiquent d'une part avec la veine sciatique par un tronc lymphatique de 1 mm. de longueur, d'autre part avec les cavités lymphatiques par de nombreuses ostioles percées obliquement dans leur paroi (comme Turetère pénètre obliquement à travers la paroi vésicale), de sorte que ces ostioles sont automatiquement fermées pendant et par la contraction de la poche.

Les cœurs lymphatiques se contractent rythmiquement : pendant leur diastole, la lymphe des cavités voisines pénètre dans leur cavité par leurs ostioles largement béantes; pendant leur contraction, la lymphe qu'ils contiennent est chassée vers la veine sciatique par la veine lymphatique qui reste béante, tandis que les ostioles sont fermées. Les battements des divers cœurs lymphatiques sont indépendants les uns des autres (ils ne se contractent pas simultanément, ni avec le même rythme), et indépendants de ceux du cœur sanguin (ils ne se modifient pas en même temps que les siens). On peut recueillir un graphique de leurs mouvements, au moyen d'un levier très amplifiant et très léger, dont la courte branche repose sur le cœur lymphatique. Dans les conditions ordinaires, les cœurs lymphatiques de la grenouille fournissent environ 60 contractions par minute.

Arrachés de l'organisme, les cœurs lymphatiques, à Tabri de la dessiccation, cessent généralement de se contracter; toutefois, on a vu ces cœurs continuer à se contracter, hors de l'organisme, dans quelques cas exceptionnels.

Si on décapite une grenouille, les cœurs lymphatiques, après un arrêt temporaire, reprennent leurs contractions rythmiques. Si on pousse une aiguille mousse dans le canal rachidien de haut en bas, de façon à détruire progressivement la moelle, on note un arrêt des cœurs antérieurs, quand l'aiguille arrive au niveau de la troisième vertèbre, et un arrêt des cœurs postérieurs, quand elle arrive au niveau de la huitième vertèbre. — La section des racines postérieures des nerfs rachidiens correspondants (3" et 8' paires) ne pro* duit aucune modification du rythme des cœurs lymphatiques; la section des racines antérieures de ces nerfs en provoque l'arrêt, mais l'arrêt temporaire. L'excitation du nerf coccygien produit un arrêt en diastole du cœur lymphatique postérieur correspondant.

Il est inutile d'entrer dans la discussion et l'interprétation de ces expériences, dont l'intérêt est minime. Ces indications

suffisent pour justifier la dénominatioa de coBurs, que nous avons donnée à ces organes, qui, comme le cœur sanguin, sont destinés à faire progresser un liquide de Torganisme et sont munis comme lui d*un appareil nerveux complexe, fonctionnant selon un mode identique.

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