CHAPITRE VII
Sommaire. — Glandes salivaires. Salive mixte et salives pures. Obtention des salives mixte et pures. Sécrétion continue avec renforcements. Salive de mastication et salive de gustation. Types do glandes salivaires : glandes muqueuses, séreuses, mixtes. Les doux types de cellules : leur rôle dans la sécrétion. Sécrétion intra-cellulaire et excrétion. — La sécrétion sous-maxillaire et le système nerveux : nerfs tympanique et sympathique : salives tyrapanique et sympathique. Sécrétion et circulation : indépendance et dépendance do la sécrétion ot de la circulation. Nerfs sécrétoires et nerfs trophiquos : sécrétion do l'eau ot sécrétion dos matières organiques. La sécrétion parotidienne et le système nerveux. Origine physiologique de la sécrétion salivaire. Centres réflexes de la sécrétion salivaire. Rôle physiologique de la Salive.
Les glandes qui, situées dans l'épaisseur des parole ou au voisinage de la bouche, déversent leur sécrétion dans cette cavité, sont dites glandes salivaires, La salive mixte résulte du mélange, en proportions variables, de^s diverses sécrétions particulières.
Pour obtenir la salive mixte humaine, il suffit de faire cracher sur un filtre. Pour obtenir la salive mixte des animaux, on fait Tœsophagotomie, et on adapte au bout supérieur de l'œsophage une canule portant un petit sac de caoutchouc, dans lequel s'amasse la salive déglutie. La salive mixte est filante, opaline, à réaction légèrement alcaline. — On estime à 1000 ou 1500 gr. la salive sécrétée par l'homme adulte en 24 heures; les carnivores en sécrètent relativement moins; les herbivores en sécrètent relativement plus (40 litres chez le cheval, 60 litres chez le bœuf).
On distingue les glandes salivaires diffuses (glandules buccales) et les glandes agglomérées : parotides (le canal de Sténon s'ouvre sur la muqueuse de la joue, au niveau de la
2* petite molaire supérieure), sous-maxillaires (le canal de Wharton s'ouvre sur le plancher de la bouche, près du frein de la langue), sub-linguales (les canaux de Rivinus s'ouvrent sur le plancher de la bouche, en avant du canal de Wharton). Pour recueillir la salive d'une glande, on dispose de 3 procédés : — le cathétérisme : on introduit une sonde creuse par Torifice naturel du canal excréteur (applicable aux glandes salivaires de l'homme); — la ventouse : on applique sur la muqueuse, au niveau de Torifice excréteur, une petite ventouse dans laquelle on peut faire un vide partiel, au moyen d'une pompe aspirante, (applicable aux parotides de Thomme); — la fistule : on isole le canal excréteur; on y introduit une canule appropriée, qu'on fixe par un fil sur le canal (applicable aux parotides et aux sous-maxillaires des animaux).
Chez l'homme, la salive parotidienne est limpide, iluide, sans mucine;les salives sous-maxillaires et sublinguales sont opalescentes, filantes, visqueuses, riches en mucine.
Les glandes salivaires sécrètent constamment, mais non régulièrement : il y a augmentation pendant le repas. L'augmentation porte sur toutes les sécrétions : toutefois, la mastication provoque plus particulièrement une sécrétion parotidienne; la gustation, une sécrétion sous-maxillaire; on le constate chez les animaux porteurs de fistules salivaires. Chez l'homme, la salive sécrétée k la suite d'aspiration de vapeurs d'éther est visqueuse, riche en mucine, comme la sous-maxillaire pure ; la salive sécrétée pendant le mâchonnement d'un morceau de caoutchouc est fluide, à peu près dépourvue de mucine : c'est presque une salive parotidienne pure. — On peut donc dire que la salive sous-maxillaire est une salive (justative^ et que la salive parotidienne est une salive masticatrice * .
1. Lo volume do la parotido chez les animaux est on rapport avec l'importance do leur mastication : la parotido n'existe pas chei les oiseaux qui no mâchent pas ; ollo n'existe pas choz les mammiféret aquatiques qui absorbent do l'eau avec leurs aliments (phoque, martre) ; elle est très réduite chez les mammifères à mastication rédoito (fourmilier, tatou, échidné).