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LA STRUCTURE DES GLANDES SALIVAIRRS

Les glandes salivaires agglomérées sont des glandes rami- Gées, dont les culs-de-sac sont tapissés de cellules reposant sur une membrane conjonctive, dite membrane propre. Si l'on prend comme exemple la sous-maxillaire du chien, on distingue deux sortes de cellules : — i° les unes, claires, volumineuses pendant le repos de la glande, présentant une zone interne, chargée de mucigène, et une zone externe, effilée, s'insinuant sous les cellules voisines, foncée, granuleuse {cellules muqueuses) ; — 2" les autres, foncées, opaques, très granuleuses, situées sous les précédentes, accolées par petits groupes de trois ou quatre & la membrane propre {cellules séreuses)^ se présentant sur une coupe de la glande, sous forme de croissants à concavité interne, d'où le nom de croissants de Gianuzzi ou de lunules d^Heidenhain, La sous-maxillaire du chien, formée de ces deux sortes de cellules, est dite glande mixte \ la sous-maxillaire et la sub-Iinguale de Thomme sont des glandes mixtes.

Il existe quelques glandes pures, ne contenant qu'une seule espèce de cellules : glandes muqueuses ou glandes séreuses. La parotide de l'homme, la sous-maxillaire du rat sont des glandes séreuses pures (on les appelle glandes alhumineuses ou glandes à ferment). Les glandes salivaires des oiseaux, les sub-linguales du rat et du cobaye, la glande rétro-linguale du cobaye sont des glandes muqueuses pures. (II n'y a pas, chez l'homme, de glande salivaire agglomérée du type muqueux pur; mais on trouve, dans la muqueuse des joues, quelques glandules muqueuses pures.)

Pour connaître la signification de ces deux sortes de cellules et leur rôle dans la sécrétion, il convient de comparer la structure de la glande mixte en repos (nous en avons donné la description sommaire), et après une période de grande activité sécrétoire. Si on examine la sous-maxillaire du chien, après une abondante sécrétion, provoquée par l'excitation de son nerf, on y trouve encore deux sortes de cellules : — les cellules séreuses accolées par petits groupes à la membrane propre, et des cellules petites, granuleuses, plus petites et plus granuleuses que les cellules muqueuses de la glande en repos, s'imbriquant par leur pédicule, comme les cellules muqueuses.

On avait cru que, pendant la sécrétion, les cellules muqueuses se désagrègent, et, en se liquéfiant, produisent la salive (sécrétion suivant le mode dit holocrine); et que, pen-

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dant le repos, les cellules séreuses se divisent, pour reproduire les cellules muqueuses.

Cette interprétation est inacceptable : — 1* les cellules granuleuses, qu'on observe à la place des cellules muqueuses, sont les cellules muqueuses elles-mêmes, modifiées et réduites, car elles présentent les imbrications des pédicules ; — Sî" on n'observe aucune forme intermédiaire aux croissants de Gianuzzi et aux cellules à imbrications; — 3° on n'observe jamais les figures caryocinétiques; — 4" on ne comprendrait pas comment pourrait fonctionner une glande muqueuse pure, car elle ne contient pas de cellules régénératrices. On peut provoquer, par excitation de son nerf, une abondante sécrétion de la glande rétro-linguale du cobaye, glande muqueuse pure; après cette sécrétion, les cellules muqueuses ont pris l'apparence des cellules imbriquées de la sousmaxillaire du chien, observée après sécrétion; et, pendant le repos, elles reprennent progressivement Tapparence des cellules muqueuses typiques.

Donc les deux groupes de cellules sont indépendants. Les cellules muqueuses, pendant le repos de la glande, se chargent de mucigène qui, en s'accumulant dans les mailles de leur protoplasma, en fait les énormes cellules claires de la glande en repos. Au moment de la sécrétion, le mucigène, transformé en mucine, est déversé dans le canal glandulaire. La cellule muqueuse évacue son mucigène sans se détruire, selon le 7node dit mérocrine. La cellule, débarrassée du mucigène qui la gonflait et la rendait transparente, réduite à son protoplasma et à son noyau, devient petite et opaque. — On admet que les cellules muqueuses évacuent de la mucine ; on peut invoquer à Tappui de cette opinion : 1** la parenté morphologique des cellules muqueuses salivaires et des cellules muqueuses caliciformes du tube digestif; — 2* la présence de mucine dans les salives produites par les glandes muqueuses pures ou par les glandes mixtes; son absence dans les salives produites par les glandes séreuses pures. — On admet que les cellules séreuses sont sécrétantes, car les glandes séreuses pures sécrètent. On a même admis, mais c*est là pure hypothèse, qu'elles produisent la diastase, parce qu'elles ressemblent aux cellules diastasigènes du pancréas.

La séparation absolue des deux groupes de cellules est encore justifiée par une observation histo-chimique. Sur la glande sous-maxillaire au repos, fixée par l'acide osmique, les cellules muqueuses se colorent en violet, les cellules séreuses

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