LA SÉCRÉTION GASTRIQUE SECONDE
morceaux de viande (en évitant toute excitation psychique), on voit, dans le cul-de-sac, une sécrétion apparaître, avec un retard de 25 à 30 rain. et persister pendant 8 à 10 h. Le suc sécrété a sensiblement la même acidité que le suc psychique, mais son pouvoir digestif est infiniment moindre. Cette sécrétion résulte nécessairement d'une action provoquée au niveau de l'estomac par la viande introduite. — 3° Chez un chien porteur du cul-de-sac de Heidenhain, la sécrétion psychique ne se produit pas dans le cul-de-sac, à la suite du repas fictif. Le cul-de-sac sécrète au contraire à la suite d'un repas réel : la sécrétion apparaît avec un retard de 20 à 30 min. et elle dure tant que les aliments séjournent dans Testomac. Elle a nécessairement son point de départ dans l'estomac. Le suc sécrété est fortement acide, mais son pouvoir digestif est faible.
La sécrétion seconde, démontrée par ces expériences, peut être expliquée par deux hypothèses. Ou les substances alimentaires, absorbées dans l'estomac et amenées par le sang au contact des cellules glandulaires, en provoquent directement l'activité ; — ou les substances alimentaires agissent sur les terminaisons nerveuses de la muciueuse gastrique, pour engendrer un réflexe sécrétoire. — La première hypothèse est inadmissible, car si on introduit dans l'intestin grêle ou dans le gros intestin les substances capables de provoquer la sécrétion seconde, quand elles sont introduites dans l'estomac, elles deviennent inefficaces, bien qu'elles soient absorbées et par suite amenées par le sang au contact des cellules glandulaires.
A cette hypothèse se rattache la théorie des peplogènes. Selon cette théorie, la digestion gastrique d*une grande, quantité d'aliments épuiserait la réserve de pepsine contenue dans la muqueuse gastrique, de sorte que le suc sécrété à la suite de celte digestion ne posséderait qu'un pouvoir peptique très faible; mais il pourrait acquérir un pouvoir peptique énergique, si certaines substances, telles que le bouillon, la dextrine, la peptonc, pénétraient dans le sang
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par introduction directe dans les vaisseaux, ou par introduction par la voie digestive. Ces substances, dites peptogènes, jouiraient de la propriété, soit de se transformer en pepsine, soit de provoquer la transformation en pepsine d*une substance pepsinogène contenue dans la muqueuse. Cette théorie s^appuyait sur deux observations : 1" les macérations de muqueuses gastriques sont plus actives lorsqu'elles sont préparées avec des muqueuses d'animaux ayant reçu des peptogènes; — 2" la sécrétion gastrique est plus riche en pepsine chez les animaux ayant reçu des peptogènes. Ce» faits ont été contestés et Ton peut dire que, dans la majorité des expériences, ils n'ont pu être vérifiés; — dans les cas où ils ont été réellement observés, ils sont peut-être la conséquence d'une sécrétion psychique, provoquée par la vue oo par l'odeur des substances peptogènes. La théorie des peptogènes n'a plus qu'une valeur historique.
Les substances capables de provoquer une sécrétion gastrique d'origine gastrique (une sécrétion chimique^ a- ton coutume de dire, en l'opposant à la sécrétion psychique) agissent sur la muqueuse, sans pénétrer dans le sang. Elles n'agissent pas directement sur les cellules glandulaires, (;ar, introduites dans la cavité gastrique, elles provoquent la sécrétion des culs-de-sac isolés de Heidenhain et de Pawlow. Elles agissent donc par l'intermédiaire du système nerveux. Cette conclusion est contîrmée par ce fait que l'atropine, poison des nerfe glandulaires, supprime la sécnUion chimique. Les voies nerveuses de ce mécanisme ne sont jjas étudiées d'une façon satisfaisante; disons seulement que la voie terminale se trouve dans les tilets sympathiques et non dans les filets vagues, puisque le cul-de-sac d'Heidenhain, dont les filets vagues sont sectionnés, sécrète comme le cul-de-sac de Pawlow, dont les filets vîigues sont conservés.
Toutes les substances introduites directement dans restoma<" ne provo(iuent pas la sécrétion chimique : si la viande crue ou cuite la provoque, le pain, Tamidon, les graisses ne la provoquent pas, et ne sont pas digérés. Dans la viande, ce ne sont ni les protéiques, ni les