LÀ SÉCRÉTION DE LA PEPSINE
ceplion, on a fait valoir la présence fréquente d'acide lactique dans l'estomac. — Nous ne nions pas la présence possible et même fréquente de Tacide lactique dans l'estomac; mais nous ne saurions admettre que cette présence est constante : si l'estomac des herbivores contient toujours de l'acide lactique, celui des carnivores n'en renferme pas nécessairement. Chez les animaux soumis au jeûne chloré, jusqu'à ce que la sécrétion gastrique ne soit plus acide, on observe la dispiirition de tout acide et non pas la disparition du seul acide chlorliydrique. En serait-il ainsi si la muqueuse giistrique fabriquait de l'acide lactique, et ne retrouveraiton pas, pendant le jeûne chloré, cet acide lactique à la place de l'acide chlorhydrique, qu'il ne saurait produire par manque de chlorure de sodium?
Il n'est pas nécessaire d'ailleurs d'imaginer une production préalable d'acide lactique ou d'un autre acide organique pour expliquer la décomposition du chlorure d(î sodium. Les cellules de la muqueuse gastrique ne contiennent-elles pas de l'acide carbonique, et cet acide ne peut-il pas décomposer une fraction, minime sans doute, mais réelle pourtant, de chlorure de sodium; et si les cellules glandulaires laissent passer l'acide dissocié rt arrêtent le carbonate de soude produit, n'a-t-on pas là tous les éléments nécessaires à l'explication de la production de l'acide chlorhydrique? Sans doute, nous faisons une hypothèse, nous attribuons aux cellules glandulaires une propriété, sans l'établii* expérimentalement; pourtîint ciîtte hypothèse n'est pas abs< dûment gratuitt^ : n'avons-nous pas vu ces n^llnles choisir entre les substances qui leur sont amenées par h' sajig, éliminer Talizarinate de soude et arrêter les (ou l'un au moins des) générateurs du bleu de Prusse?
La pepsine se forme dans tout(;s hîs glandes gtistii(|U(;s, fiindiques et pyloriques. Tous hîs physiologistes admettent la production de pepsintî par les glandes fundi<|ues; plusieurs ont nié sa production par les glandes pyloriques. Examinons leurs raisons.
176 LE suc GASTRIQUE
Si on fait des macérations de muqueuses fundiques ot de muqueuses pyloriques, on trouve les premières riches, les secondes pauvres en pepsine. N'est-ce pas là la preuve que les glandes fundiques sont les productrices de la pepsine? Et ne peut-on supposer que la pepsine des macérations pyloriques a été apportée, chez Tanimal vivant, par le suc gastrique sécrété dans la région fundique et s'épanchant sur la région pylorique? — Nous répondrons que l'examen histologique établit que les glandes sont nombreuses dans la r«»gion fundique et rares dans la région pyloricjue : r'est là une raison suffisante pour expliquer les différences «l'activité des deux macérations.
Il faudrait d'ailleurs supposer, et on a supposé, que la pepsine provenant des glandes fundiques imprègne les cellules de la région pylorique et se fixe à leur protoplasma, h la façon d'une teinture. Cette hypothèse esl ina<lînissible, en effet : — 1" Si on plonge un tissu quelconque (muqueuse intestinale, p. ex.) dans une Injueur f)eptique, on ne constate pas de fixation de pepsine : un lavage sommaire enl»'*ve toute la pepsine; aa contraire, la muqueuse pylorique conserve encoi*c des propriétés pepti(|ues, après un lavage, prolongé pendant quaranle-buil heures. — 2° Si chez un animal vivant, à jeun, on enlève un fragment de la muqueuse pylorique, et si on en prépare la macération, on obtient une liqueur peptique, alors même que le contenu gastrique ne possédait aucun pouvoir peptique, au moment de l'opération. Le même fait s'observe sur restomaç de rrmbryon de veau, à xmo période du développement, où le contenu gastrique n'est pas encore acide nt ne contient pas trace de pepsine : les macérations faites awf la muqueuse pylorique contiennent de la pepsine. — 3° Si, après avoir enlevé un fragment de muqueuse pylori(}ur, on en fait des tranches paiallèlos à lu surface, et si on en fait les macérations séparét^s, on consUle <iue «•«' sont les eoncbes profondes de la muqueuse, (onienant les rnls-de-s.-ic irl.nHlulnires, voisines de la ninseuleus<', éloignées <le la eavilé gastrique, qui four-