LE SUC PANCRÉATIQUE
SoMMAiRR. — Lo pancréas. Les tistules pancréatiques temporaires et permanentes : le suc pancréatique. Sécrétion continue et sécrétion discontinue. — De la cause de la sécrétion pancréatique : rôle du suc gastrique, des acides, des graisses; variations quantitatives et qualitatives. Des nerfs sécrétoires du pancréas : nerfs vagues et norfs sympathiques. Sécrétion et circulation pancréatiques. Trypsine et trypsinogôno. Variations du trypsinogène. Transformation du trypsinogène en trypsine; expériences sur le rôle de la rate et discussion de ces expériences. Pourquoi lo suc pancréatique no digère ni lo pancréas, ni 1 intestin. — Rôle physiologique du suc pancn^atiquc; ablation du pancréas.
Au duodénum est annexé le pancréas. La sécrétion de cette glande se déverse dans l'intestin, tantôt par un canal unique, s*ouvrant à une certaine distance du canal cholédoque (bceuf, porc, lapin, cobaye), ou se jetant dans celui-ci à sa terminaison (homme, cheval, chat, chèvre, mouton); tantôt par deux ou plusieurs canaux (chien). Chez le chien, le conduit principal s*ouvre & 8 ou 10 <im, au-dessous de Torifice cholédoque, et le conduit accessoire a un orifice duodénal commun avec le cholédoque.
Le pancréas est une glande en grappe : ses culs-de-sac sont essentiellement constitués par une couche unique de grosses cellules, dans lesquelles on distingue nettement, pendant le repos apparent de la glande, deux zones : une interne farcie de grosses granulations, une externe flneraent granuleuse, le noyau de la cellule étant situé entre les deux zones.
Pour obtenir le suc pancréatique, on emploie la méthode des fistules (fistules temporaires et fistules permanentes).
Si on veut recueillir une petite quantité de suc, on peut, après avoir ouvert Tabdomen, introduire une canule dans le conduit pancréatique et recueillir ie suc qui s'en écoule. — Pour obtenir une plus grande quantité de suc, après avoir
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fixé par une ligature la canule dans le canal pancréatique, on referme l'abdomen ; on fixe à la peau Textrémité libre de la canule et on adapte à cette canule un ballon de caoutchouc collecteur : au bout de quelques jours la canule tombe {fistule temporaire). Les fistules temporaires présentent deux inconvénients : 1" elles ne permettent d'observer Tanimal opéré que peu de temps; 2* elles ne permettent pas d'observer un animal identique à l'animal normal, car les qualités et quantités du suc pancréatique sont modifiées par les traumatismes des voies pancréatiques, et en général par les traumatismes abdominaux, de sorte que, pendant la durée possible de l'observation, la glande sécrète anormalement.
Divers procédés ont été proposés pour pratiquer, chez le chien, la fistule permanente : i° On fait une flstule duodénalc, en abouchant à la peau le duodénum incisé en face de roriflce pancréatique; on ferme cette fistule par une canule appropriée; et on cathétérise le canal pancréatique à travers la canule ouverte. 2" On résèque un fragment de duodénum, en le sectionnant à 1 ou 2 cm. au-dessus et audessous de l'orifice pancréatique; on rétablit par une suture la continuité duodénale; on incise le segment isolé, sur son bord libre, de façon à en faire une lame, qu'on suture aux lèvres de la plaie abdominale (fistule (THeidenhain). 3° Au lieu (le réséquer un segment duodénal, on découpe un coin du duodénum, n'intéressant qu'une moitié de l'intestin, un ferme par une suture la plaie intestinale et on suture à la peau la lame détachée qui a conservé ses relations normales avec le pancréas et avec ses vaisseaux (fistule de Pawlow), Si l'on attend la guérison des plaies opératoires, on peut admettre que la sécrétion pancréatique est normale. — On a pu conserver des chiens à fistule pancréatique permanente, en parfaite santé, pendant plus d'une année, à condition de ne pas leur donner une nourriture trop abondante, et de les nourrir exclusivement avec du pain et du lait (c'est là une condition empirique dont la raison nous échappe actuellement; — on a constaté que les chiens à fistule pancréatique permanente maigrissent rapidement, quand ils reçoivent de la viande, et présentent des troubles intestinaux graves quand ils sont al)ondamment nourris). Nous admettons que les fistules permanentes ne modifient pas les caractères de la sécrétion pancréatique; nous constatons en efîet que les qualités du suc sécrété après guérison des plaies opératoires ne varient pas, même dans l'espace d'une année, et qu'elles